Lundi 6 juillet 2009
1
06
/07
/Juil
/2009
16:55
Place 32/40 - Worst Week – Saison 1
Diffusion sur CBS le lundi soir à 21h30 (Moyenne saison 1 : 9,94 millions de téléspectateurs). Aucune annonce pour une diffusion française. Annulé après 1 saison (15 épisodes).
Créé par Mark Bussell (adaptation de la sitcom anglaise ‘Worst Week of my life’). Avec : Kyle Bornheimer, Erinn Hayes, Nancy Lenehan et Kurtwood Smith.
Indice Spoiler: 1/5.
Bilan : Si seulement. Worst Week aurait pu être une bonne sitcom. Si seulement. Si seulement la série avait été plus culottée et moins politiquement correcte, si seulement les
scénarios ne tenaient pas sur une feuille de papier toilette hard discount, si seulement la moitié du casting n’avait pas le charisme d’une huitre (je ne dirais pas qui, on va m’accuser d’être
misogyne). Malheureusement, Worst Week sera une sitcom aussi vite oubliée qu’elle a été annulée, malgré son potentiel certain, et restera comme une énième sitcom banale, comme les networks nous en
proposent éternellement chaque saison. Pour vous donner une idée, un épisode de Worst Week correspond au mieux à un épisode moyen de Notre Belle Famille et au pire, c’est carrément la paella arrosé
le dimanche après-midi chez Tata Suzanne ! Worst Week confond finalement les notions de populaire et de populisme avec des situations qui ne se font plus depuis la création du cinéma en
couleur.
Pour ceux qui ne connaissent pas (on ne vous en voudra pas), Worst Week suit un jeune couple qui va passer une semaine chez les parents de Madame avant le mariage et évidemment rien ne se passe
comme prévu puisque Monsieur accumule gaffes et catastrophes en tout genre. Bonne version télé du génial ‘Mon Beau-père et moi’ qui se respecte, la mère a un balai là où je pense et le père est un
De Niro du pauvre. Je suis généralement client de ce genre de sitcoms dont le niveau de sketch n’a d’égal qu’American Pie mais celle-ci m’a beaucoup déçue.
Pourtant, ce n’était pas bien difficile. On ne demandait pas à Worst Week d’avoir l’humour d’un Friends, donc franchement, aucune excuse ne sera acceptée ! Qu’est ce qui cloche donc avec cette
sitcom ? Et bien, le moindre sketch est téléphoné, connu et multi revu depuis l’arroseur arrosé de Louis Lumière. Si encore Worst Week apportait sa touche personnelle, revisitait quelque peu les
grands classiques de l’humour burlesque, on aurait pu adhérer … Pensez-vous ! La sitcom ne fait que reprendre au geste prés le cahier des charges des sketchs pipi caca épurés jusqu'à la moelle. La
photo promo ci-dessous vous en laisse d’ailleurs un aperçu !
Si bien que dès les premières secondes de l’épisode, on devine déjà l’ensemble des chutes qui vont avoir lieu par la suite. Ah oui, car je ne vous ai pas dit, mais tous les épisodes sont construits
de la même manière. Les scénaristes prévoient une grosse chute pour la fin de l’épisode, qui est souvent très drôle par ailleurs, mais oublient qu’avant cela, il y a 20 minutes d’épisode ! A la
guerre comme à la guerre, on meuble comme on peut. Les 19 premières minutes sont donc ronronnantes, quelques gaffettes, on sourit par politesse et par respect pour Kurtwood Smith, on regarde
l’heure, on nettoie la tache de Yoplait que l’on avait faite la veille sur le coté de l’ordinateur, on réfléchit à si ce soir on va devoir finir les restes de poulet du midi et puis arrive la 20eme
minute, et là par contre c’est la franche rigolade. Mais bon, on vient quand même se faire royalement chier juste avant !
Et pourtant ils auront tout fait :
- ‘Je prends le frère de ma future femme pour un voleur car il est noir’ : Fait.
- ‘J’écrase accidentellement l’hôtel du mariage’ : Fait.
- ‘Je me scratche dans le gâteau de mariage’ : Fait.
- ‘Je prend la curé pour une strip-teaseuse’ : Fait.
- ‘Je tue accidentellement le canari de mon beau-père’ : Fait.
Et je vous en passe les vertes et les pas mures. Alors vous allez me dire, en soit, cela n’a pas l’air si mal que ça. C’est vrai. Sauf si tous les ingrédients sont réunis et qu’il y a quelques
scènes qui font mouches, de manière générale, la mayonnaise ne prend pas. L’écriture n’est pas assez fine, pas assez travaillée. Les répliques et les confrontations ne sont souvent pas drôles et ne
servent que de ficelles lourdingues et de tremplin au sketch final, que l’on voit du coup arriver à 10.000 kilomètres à la ronde. Les scénaristes se contentent de surfer sur un pur comique de
situation et le pauvre Kyle Bornheimer a beau se donner à 100 %, gesticuler dans tous les sens (avec un taux de mouvement à la seconde même supérieur à celui de Christina Applegate dans Samantha
Who, c’est dire !), c’est loin d’être suffisant.
Et tout cela sans compter que le style désespérément consensuel, conservateur, bien pensant et ultra-vieillot de la série rend l’atmosphère paradoxalement mi-légère, mi-pesante mais surtout
contribue à cette impression désagréable de déjà-vu. Fort dommage quand on sait que la série aurait pu être plus que décapante. Le pilote, et les deux/trois épisodes suivants, étaient ainsi de
belles réussites et dénotaient d’un fort potentiel. Dans le pilote, le pauvre Sam se lance ainsi dans un quiproquo improbable où il pense que son beau-père est mort, puis il le renverse en voiture,
le ramène chez la famille avec la mère qui croit qu’il a volé le corps de son mari et se met à le tabasser !
Comment ne voulez-vous pas vous attendre à une série délurée et totalement loufoque après une telle scène ? Mais c’est finalement ce potentiel qui s’est retourné et a crucifié la série en plaçant
d’entrée la barre trop haut, barre que la série ne parviendra plus à atteindre, et encore moins à dépasser.
Meilleur épisode : 1.01 – Pilot
Pire épisode : 1.06 – The Ring
Prix special: Award ‘Jill Hennessy’ de l’actrice la plus transparente de l’année pour Erinn Hayes (Melanie Clayton).
Les points forts : Un pilote totalement décapant et réussi. Un esprit loufoque et résolument grotesque que l’on retrouve (seulement, d’où le problème) dans chaque fin
d’épisode.
Les points faibles : L’écriture faiblarde et basique n’est pas rattrapée par un comique de situation fatigué et déjà vu. Chaque épisode est constitué de 20 minutes de vent, de
blagues de salle d’attente et d’humour de comptoir en attendant patiemment le twist final.
Conclusion : Worst Week est une série agréable, divertissante mais bien loin de son ambition annoncée. Après nous mettre l’eau à la bouche avec un pilote aussi osé que délirant et
totalement barré, la série s’enferme dans une espèce de comédie dell’arte puritaine et conservatrice avec des sketchs téléphonés et politiquement correct. Une fois n’est pas coutume, Worst Week
avait toutes les cartes en main pour exceller mais a souffert d’un pur problème de créativité scénaristique.
COLE.
Avec la collaboration des sites suivants :



Par COLE 06/07
-
Publié dans : COLE 2009
8
Pour avoir vu 2 ou 3 épisodes je trouve Worst Week complètement nulle.
Je ne pensais même pas la voir dans le classement car je l'avais déjà oubliée et surtout pour moi c'est du niveau 0 de la comédie.
Je suis d'accord avec tes critiques, mais ça me fait mal que Worst Week soit classée avant Desperate Housewives.
j'aurais bien voulu avoir un petit comparatif dans l'article pour savoir si selon vous c'est mieux, moins bien, rien à voir, juste pour savoir ;)
En même temps elle mérite pas d'être cassée, elle est juste insignifiante. Comme toujours les Américains font des adaptations minables de séries absolument géniales. Donc moi aussi je conseille l'originale. Entre Life On Mars, Coupling, The Office et ce truc là, ca m'étonne qu'il n'y ait pas eu d'incident diplomatique entre le Royaume-uni et les Etats-Unis.