Mercredi 8 juillet 2009
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"Fumiers !", sujet programmé sur France 3 à 23 heures 10, dans le cadre du magazine de société Strip-tease. Pour ce nouvel opus, le magazine s’est installé dans un petit bourg de la Nièvre où se déroule depuis dix ans une guerre, pas du tout
feutrée, entre une fermière, pas si naïve et désarmée qu’on pourrait le croire, et ses voisins, un couple de Parisiens pas mal procéduriers
Alphonse Allais voulait mettre les villes à la campagne. Excellente idée, mais que fait-on des paysans ? On les met à la ville ?
À ma gauche, une vieille fermière trimbalant ses brouettes de fumier de l’étable à la cour. À ma droite, un couple de parisiens du même âge, dont la maison donne sur la cour. À qui est la cour ?
Quelles sont les servitudes ? Qui est la folle et qui est le con ? Les noms d’oiseaux volent, le comité de soutien soutient, les gendarmes gendarment, le maire hésite et le tribunal procède.
Récit de Noelle Corbefin :
"C’est un tout petit bout de femme, pas plus haute que trois pommes à cidre, qui gère seule une ferme à
l’ancienne, avec quarante vaches qu’elle soigne avec amour. Chaque jour que Dieu fait, Chantal traverse la cour de sa ferme, avec sa brouette, pour déverser le purin sur un copieux tas de fumier… à
quelques mètres de la piscine de ses Parisiens de voisins, qui possèdent là une villégiature. Fort incommodés par l’odorant amoncellement, M. et Mme D, 78 et 75 ans, bon pied bon œil et une
combativité intacte, ont déposé plainte au tribunal de Nevers. Dix ans que ça dure ! Dix ans que les noms d’oiseaux fusent de part et d’autre ! Chantal a, pour sa part, entamé sept procédures
contre ses voisins, qui partagent avec elle une cour commune… que la fermière revendique pour elle seule : la cour est à elle et puis c’est tout ! Ses procédures, Chantal les a toutes perdues, elle
y a même laissé sa chemise, en l’occurrence 16 000 euros ! Aujourd'hui, elle doit payer une astreinte de 50 euros par jour et mettre aux normes son tas de fumier : en clair, couler une dalle de
béton munie d’un écoulement des eaux de purin, pour satisfaire au règlement sanitaire départemental.
Pourtant, tout avait bien commencé entre eux… Mme D, enfant du pays, connaît Chantal depuis toujours… Le couple s'estime trahi par celle qu’ils ont tellement « gâtée » par le passé : « C’était un
bonheur de lui faire goûter des choses qu’elle n’avait jamais mangées… On lui a même fait goûter du caviar… Quand Jacques a eu sa Jaguar, on l’a promenée, on l’a même mise devant ! » Ingrate
Chantal qui s’ingénie à pourrir la vie de ce couple si charitable ! Mieux, la fermière a désormais derrière elle un comité de soutien. Monsieur ne décolère pas, madame est désolée par tant de
méchanceté.
Aujourd’hui, le comité de soutien entreprend de déplacer l’énorme tas afin de procéder aux travaux. Chantal, qui dirige les opérations, fait déposer la chose au milieu de la cour commune… pile
devant la porte d’entrée des voisins. « La blondasse, elle va exploser ! », commente Chantal en rigolant. Fou de rage, monsieur file chez le maire qui est bien embêté : « Monsieur le maire,
regardez-moi dans les yeux : si je mets 50 m3 de fumier devant votre porte, répondez-moi, qu’est-ce que vous faites ? — Je serais pas content ! » convient le brave homme ! La presse locale s’en
mêle, interviewe la fermière « harcelée » par les Parisiens ; des photos sont prises : le tas de fumier de Chantal défraye la chronique, au grand dam du couple qui menace le journal de
représailles.
Pendant que la dalle est coulée à la ferme, la vie continue : cette nuit, une vache a vélé, et le placenta se retrouve exposé sur le tas de fumier. C’en est trop, Monsieur appelle les gendarmes et
menace : « Son placenta, je vais lui faire bouffer ! » Madame a envie de vomir ! Tout le monde se retrouve devant l’objet du délit. Chantal fait l’innocente, et son comité de soutien commence à
douter : « Chantal, essayons de nous montrer plus intelligents que ceux d’en face. — Où est-ce que je le mets ? » demande Chantal.
Pendant que la dalle sèche, Monsieur espionne et constate, mi-navré mi-réjoui, qu’elle n’est pas aux normes : « Elle doit être à 35 mètres de notre porte, et il n’y a pas de fosse de récupération
des eaux de purin »…
Sacrée Chantal ! La guerre du fumier peut continuer !"
Par leblogtvnews.com
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Publié dans : France 3
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