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Mardi 25 août 2009 2 25 /08 /Août /2009 18:26







Place 7 : Fringe – Saison 1.


Diffusion sur FOX le mardi soir à 21h (Moyenne saison 1 : 9,98 millions de téléspectateurs) et sur TF1 en France. Renouvelé pour une saison 2.


Créé par J.J Abrams, Alex Kurtzman et Roberto Orci. Avec Anna Torv, Joshua Jackson, John Noble, Lance Reddick, Kirk Acevedo, Blair Brown, Jasika Nicole et Mark Valley.


Indice spoiler : 2/5...




Bilan: Dans le paysage audiovisuel américain, il y a chaque année une série qui va, on nous le jure, être absolument grandiose, prodigieuse, époustouflante. Un vrai show à l’Américaine bourré d’effets spéciaux à nous rendre aveugle, avec un budget fantasmagorique, un scénario ultra mystérieux et qui va nous rendre accros dés les premières secondes. On nous le promet. Le pilote sera si stupéfiant que votre écran de télévision risque littéralement d’auto-exploser tant il sait au fond de lui qu’il ne verra plus jamais un spectacle aussi énorme de sa vie. On nous le promet. Eteignez vos neurones, faites péter les pop-corn, c’est parti !


Fringe fait donc partie de ces séries. Produite par le Bruckeimer de la science-fiction, notre bien aimé J.J Abrams, la série a été présentée à l’origine comme un descendant illégitime d’X-Files, plus stand-alonien que conspirateur, mettant en scène des cas tout aussi mystérieux et aux limites de la science. Et pourtant … Et pourtant Fringe n’est pas la série que l’on croit. Elle est bien meilleure. En dépit d’un début relativement chaotique où la série peinera à trouver ses marques, Fringe parviendra petit à petit à s’émanciper de son pitch réducteur en se créant une véritable identité, un univers froid et mystérieux et surtout une mythologie bien plus dense et passionnante qu’on aurait pu l’imaginer.


Le début de saison était pourtant assez pataugeur. Bon déjà, je ne pardonnerais jamais à Fringe d’avoir osé, non seulement, donner du travail à l’insupportable Mark Valley mais en plus, de nous avoir sadiquement nargués pendant la moitié de la saison en le faisant revenir sous formes d’apparitions. Heureusement, le reste du casting vient plus que compenser la médiocrité du grinch républicain. D’une part, Anna Torv qui, après des débuts peu convaincants, imposera peu à peu sa patte avec son personnage d’agent loyale, glaciale et en quête perpétuelle de vérité. Meme si son charisme est loin de crever l’écran, c’est le moins que l’on puisse dire. De l’autre côté, nous avons Joshua Jackson. A priori, je n’aurais pas vraiment parié mon caleçon sur lui mais je dois reconnaitre que j’ai eu une très agréable surprise. Il excelle dans son rôle de magouilleur à la sauvette, drôle et terre-à-terre.


Si Jackson étincelle, c’est surtout grâce à LA révélation de la série, j’ai nommé le Noble John qui incarne à la perfection le savant totalement fou, mégalo et surtout très drôle, tout juste sorti de l’hôpital psychiatrique, à mi-chemin entre Emmett Brown et Denny Crane, et qui va épauler le FBI dans ses expériences les plus para-déjantées. Le cocktail est absolument explosif et nous permet d’avoir des épisodes tout simplement passionnants du début à la fin. Les hallucinantes scènes d’introduction, visuellement bluffantes, originales et étonnement violentes nous permettent de plonger immédiatement dans l’univers de la série et de passer 52 minutes d’évasion à la fois cosmique et inquiétante. Comme un parfum d’X Files ?


Oui car si la production s’évertue à nous répéter que Fringe n’a rien à voir avec X-Files, les points communs sont très nombreux. On retrouve l’idée des Mulder et Scully du début avec Duhman dans la peau de la conspirationniste et Peter dans celui du cartésien saupoudré d’une touche de ‘Je t’aime, moi non plus’. Toutefois, les personnages sont moins cloisonnés que dans X-Files et surtout Walter vient jouer les indispensables trouble-fêtes. La mécanique des personnages secondaires reprend également celle d’X-Files. La série possède en effet une panoplie de personnages aussi inquiétants que mystérieux revenant sporadiquement au fil des épisodes épauler ou au contraire, embrumer notre duo de choc. Le plus marquant est évidemment The Observer, un étrange bonhomme chauve et presque inhumain, présent à chaque événement de la série. Un véritable jeu ‘Ou est Charlie’ s’est d’ailleurs instauré entre le personnage et les fans qui doivent trouver dans chaque épisode ou se cache l’Observer.




Ce n’est pas le seul avec notamment l’insaisissable Nina Sharp, seconde de Massive Dynamics qui est en quelque sorte la femme à la cigarette de Fringe au détail prêt qu’elle ne fume pas. La liste pourrait encore s’allonger avec le patron de Duhman qui n’est pas sans rappeler Skinner, boss intransigeant mais qui n’hésite pas à désobéir à ses supérieurs pour les beaux yeux d’Olivia. Et puis évidemment, il y a le complot. Même s’ils sont très différents dans les deux séries, dans Fringe il s’agit d’une multinationale aux expériences mégalos et douteuses, on reste dans l’idée d’un complot brumeux et dépassant totalement nos héros, dont on ne parvient vraiment jamais à démêler toutes les ficelles tant il ne cesse de se complexifier.


Certains points communs sont saisissants. Le gouvernement dans X-Files, Massive Dynamics dans Fringe partagent même un but final : la création d’une armée de super-soldats, extraterrestre pour l’un, génétiquement altéré pour l’autre. Dans les deux séries, l’agent du FBI est directement concerné par le complot : Scully enlevé par les extraterrestres dans X-Files, Duhman enlevé dans son enfance et drogué au Cortexiphan (qui permet de créer les fameux super soldats). La grosse différence entre les deux conspirations joue finalement en la défaveur de Fringe et son final aussi rocambolesque qu’illégitime. En effet, dans X-Files, la conspiration a toujours conservé son caractère mystérieux, presque intimiste. Fringe était bien parti sur sa lancée jusqu’au final donc où elle nous a carrément ressorti Léonard Nimoy (Mr Spock de Star Trek) de son sarcophage pour nous pondre une intrigue ridicule de mondes parallèles. Pour une série qui était censé rester aux frontières de la science, elle fait carrément passer X-Files pour un docu-fiction !


J’en vois arriver certains sur leurs grands chevaux : mais pourquoi compares-tu sans arrêt la série X-Files alors que Fringe a indiscutablement su trouver ses marques ? Pour la bonne et simple raison que c’est la production elle-même qui a joué sur cet héritage en début de saison et qu’elle devait forcement s’attendre à la comparaison. Mais malgré ma mauvaise foi, Fringe n’est pas classée 7ème pour rien. La série aurait pu se reposer sur ses lauriers en se contentant de faire du sous X-Files mais sa force est justement d’avoir tout fait pour se démarquer et trouver sa propre identité et c’est une réussite totale. C’est l’une des rares séries dont on sent véritablement le processus créatif derrière. Les premiers épisodes sont hésitants, plusieurs pistes sont explorées avant de trouver la bonne. La série devient alors de plus en plus prenante, addictive et mystérieuse. Le fait de jouer en permanence sur le faible chemin qui sépare réalité et surnaturel est totalement passionnant et donne surtout prétexte aux théories abracadabrantesques de Walter qui sont, sans nul doute, le vrai point différentiateur de Fringe. Et étonnement, on vient presque à se demander si certaines d’entre elles ne seraient pas plausibles…


La théorie Fringienne qui m’a le plus troublé est celle du déjà-vu. Vous avez tous déjà eu des sensations de déjà-vu sans pouvoir les expliquer. Et bien, selon Walter, c’est en réalité très simple. Dans la vie, vous êtes amenés à faire des choix qui entrainent des conséquences. La vie de tous les jours est ainsi un carrefour permanant dans lequel vous choisissez un chemin A ou un chemin B. Ca peut aller de choisir d’aller à gauche ou à droite en voiture jusqu’au choix d’accepter un nouveau travail. Et ne vous êtes-vous jamais demandé, et si j’avais pris l’autre option ? De façon totalement inconsciente, votre cerveau a évalué cette autre alternative qui vous a permis de faire votre choix. Ainsi, par des dons de psychisme que l’on posséderait tous (rappelons que notre cerveau n’est exploité que de façon minime, surtout celui de Chuck Norris), notre cerveau parviendrait à rendre compte, avec plus ou de moins de précision, de cette autre possibilité. D’où le fait d’avoir la sensation d’avoir vécu un moment alors qu’en réalité, ça n’a jamais été le cas. Laissez-moi remercier tous les survivants à cette explication pour le moins biscornue ! Malgré tout, cette saison 1 fait avant tout figure de mise en bouche. J’attends donc avec grande impatience la saison 2, en espérant qu’elle ne soit pas dévoré par Katherine Heigl ou Laurence Fishburne !




En bref :
Meilleur épisode : 1.14 – Ability.
Pire épisode : 1.20 – There’s More Than One of Everything.
Prix special: Award ‘José Bosé’ pour Blair Brown (Nina Sharp). Oui, c’est une excellente actrice mais tout de même, on aurait préféré Charlotte Rampling.


Les points forts : Aucun élément de la série n’est laissé au hasard, on sent clairement le savoir-faire de JJ Abrams. Les scènes d’intro vous clouent sur leur fauteuil, des épisodes ne vous laissent pas le temps de respirer et le casting, John Noble en tête, est réjouissant. Malgré l’ombre d’X Files qui a beaucoup plané sur la série, Fringe parviendrait même à nous oublier les théories de Mulder pour celles entourant la mystérieuse Massive Dynamics. Il fallait le faire.


Les points faibles : A vouloir trop maitriser le moindre élément de la série, la série manque parfois un peu d’âme, d’authenticité, de ‘coffre’ si j’ose dire. Le produit est parfait en soit mais il manque une dose de déchirures, un côté plus artisanal qui lui enlèverait son coté trop CSI par moment. Puis le final est une catastrophe absolue.


Conclusion : En 20 épisodes seulement, la série a su nous conquérir progressivement en développant une mythologie passionnante et énigmatique, des enquête visuellement hallucinantes et bourré de rythme et des personnages aussi intriguant qu’inquiétants. Mais surtout, elle sera parvenu à créer un style ‘Fringe’ à mi-chemin entre l’explicable et l’inexplicable, le mystère et la théorie, le tout teinté d’humour, d’action et de violence. Fringe n’est pas la série la plus originale du siècle, c’est certain. Mais dans son style, elle excelle. Que demander de plus ?


COLE.


Prochain billet demain. Les précédents sur http://www.leblogtvnews.com/categorie-10974265.html.


Avec la collaboration des sites suivants :









Par COLE 25/08 - Publié dans : COLE 2009
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