Mardi 1 septembre 2009
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Place 03 : Friday Night Lights – Saison 3. Classement 2007/2008 : 19ème (+ 16 places).
Diffusion sur DirecTV le mercredi soir à 21h et sur NBC le vendredi soir à 21h (Moyenne saison 3 : 2,03 millions de téléspectateurs) et sur NRJ12 en France. Renouvelé pour une saison 4 et 5.
Créé par Peter Berg Avec Kyle Chandler, Connie Britton, Zach Gilford, Minka Kelly, Taylor Kitsch, Adrianne Palicki, Jesse Plemos et Aimee Teegarden.
!!! Indice Spoiler : 4/5
Bilan : Il y a des séries qu’il ne faut pas regarder à la suite. Et l’un des plus bel exemple est clairement de regarder un épisode de Gossip Girl à la suite d’un épisode de Friday Night Lights. On
a juste envie de claquer cette horripilante Blair en lui disant ‘Mais regardes connasse, c’est ça la vie, il répare deux voitures dans son pauvre garage pourri et il est le plus heureux du
monde !’. Ainsi, cette saison 3 signera un véritable retour aux fondamentaux de Friday Night Lights, avec des intrigues simples, touchantes et émouvantes, un style visuel et scénaristique
docu-fiction très réaliste, peut être même encore plus que la saison 1 et surtout un casting plus fort et époustouflant que jamais. Bon sang, mais comment est-ce possible de jouer de façon aussi
réelle, aussi palpable ? Le moindre figurant d’un match des Panthers mériterait un Emmy ! Il faut bien dire qu’après une deuxième saison où la série avait cédé aux sirènes du flash & lights
avec une intrigue à faire pâlir Jennifer Love Hewitt dans Souviens-toi l’été dernier 2, un retour aux sources est d’autant plus appréciable. Le passage au réseau câblé a beaucoup profité à la
série. Je crois que Friday Night Lights est la seule série à qui les coupures budgétaires font le plus grand bien tant cela rend la série d’autant plus authentique.
Ce qu’il y a de particulièrement étonnant quand on réfléchit à Friday Night Lights est que si l’on prenait l’une de ses caractéristiques et qu’on la transposait dans une autre série, ce serait un
ratage total. Les intrigues de FNL ne payent pas de mine en soit (un ado qui prend soin de sa grand-mère, un père possessif, un homme qui veut monter son garage de voitures…), sans compter que les
dialogues, aussi brillants soient-ils, sont somme toute très basiques. Mais pourtant le tout fonctionne à merveille et ce pour une raison simple : en l’espace de 3 ans, alors que personne n’aurait
parié dessus, Friday Night Lights a su réinventer de toute pièce le drama familial, de la narration à la mise en scène, en passant par les dialogues, les scénarios, les façons de jouer. FNL a crée
son propre univers, sa propre marque de fabrique et laissera son empreinte à jamais comme une série qui a joué un rôle fondamental dans l’évolution de la fiction américaine.
Contrairement à la saison 2 où certaines intrigues sentaient bon le vieux teen-soap histoire d’accroitre le public d’NBC, la saison 3 a retrouvé sa liberté de parole. Ainsi, toutes les intrigues
sont réussies, certaines mieux que d’autres bien entendu. Mais si je devais n’en retenir qu’une, ce serait clairement celle de Jason Street, à mon gout le meilleur personnage de la série, d’où ma
grande déception de la voir quitter la série. Comme je vous le disais, FNL est une série très réaliste mais l’intrigue de Jason va au-delà même du simple réalisme de fiction.
C’est l’histoire simple d’un jeune homme qui met enceinte une femme mais n’a pas un centime pour subvenir à leurs besoins. Cette dernière va donc embarquer le rejeton pour retourner vivre chez ses
parents. Du haut (ou plutôt du bas, elle est très mauvaise, je vous l’accorde) de son fauteuil roulant, il va se démener bec et ongles pour s’en sortir, jusqu'à aller tenter sa chance à
New-York et faire face aux rejets incessants. Sa pugnacité, son incroyable détermination, sans un seul découragement, sont une véritable source d’inspiration. Et quand enfin, il trouve un job et
retourne voir sa nouvelle famille, j’ai tout simplement fondu en larmes. Cela ne m’était quasiment jamais arrivé devant une série. Cela parait peut être stupide mais son personnage et son histoire
m’ont fait beaucoup réfléchir et vous envoie la dure réalité de la vie en pleine face.
Le charme de Friday Night Lights est véritablement de ne jamais tomber dans la facilité et dans les sempiternels déjà-vus soap-operesques. Ainsi, quand Matt retrouve sa mère après que cette
dernière ait été absente pendant des années, on pouvait s’attendre à des émulsions de cri et de larmes. Mais pas du tout. Leur rapprochement se fait à tâtons avec un Matt toujours plus renfermé sur
lui-même et ses fameuses phrases sujet-verbe-complément. C’est anecdotique mais même quand Tami veut acheter une maison, Eric l’en empêchera, faute d’argent (mais aussi faute de budget de la
production qui avait les moyens de louer la maison un jour seulement chez Kiloutou). Quelle autre série peut se vanter d’avoir un couple aussi stable que ces deux-là ? Des disputes bien sur, mais
des disputes du quotidien propre à tous les couples. Pas de maitresse resurgissant du passé, de retournements de situation rocambolesques, d’enfants cachés …
Et c’est justement là que Friday Night Lights nous prouve qu’elle est une grande série : elle n’a pas besoin d’en faire des tonnes pour nous convaincre, pour exprimer un sentiment ou nous faire
comprendre et apprécier une intrigue. Ainsi, quand le jeune McCoy remplace Matt en tant que quaterback en début de saison, il n’est nullement question d’échauffourées à coup de ‘motherfuckers’ pour
nous faire comprendre la tension qui va se nouer entre les deux personnages. Un simple plan déchirant sur Matt assis sur le banc, avec sa grand-mère en arrière plan, et un regard froid envers McCoy
suffit à retranscrire l’ensemble des ressentiments des protagonistes. Pas même un dialogue n’est nécessaire et encore moins une musique tonitruante à la Aaron Spelling Productions.
Dés lors que l’on veut parler de séries dépeignant les ados de façon réaliste, on cite souvent des séries comme Angela, 15 ans, dans une moindre mesure Dawson ou encore dans un registre totalement
différent Skins. Et pourtant, même si je ne nie pas l’apport de chacune de ses séries, aucune d’entre elles n’a ni la justesse ni la pertinence de Friday Night Lights. En effet, elles mettent
toutes plus ou moins en scène des jeunes ambitieux, ou du moins qui souhaitent poursuivre leur parcours à l’université. Ce n’est pas le cas de FNL. Bien sur, il y a ce cas-là. Mais il y a aussi
ceux qui ne sont pas prêt à quitter leur maison, qui n’ont d’autre ambition que de mener une vie tranquille auprès des leurs, dans leur village natal.
L’emprise de Dillon est si forte que certains n’ont pas le courage de s’en sortir et n’en sont guère encourager par leurs proches, qui ne perçoivent même pas la réussite comme étant possible. Une
Amérique profonde très peu décrite dans les séries. L’une des dernières scènes de la saison est d’ailleurs poignante quand Tim annonce à son frère qu’il veut rester avec lui et monter un garage.
Mais ce dernier refuse et le force à aller à l’université. Matt, quand à lui, ne parviendra à se détacher de Julie et de sa grand-mère avec qui son lien est magnifiquement fusionnel.
Regrettera-t-il son choix de rester à Dillon ?
Une nouvelle facette inattendue sera également très présente dans cette saison, il s’agit d’une dénonciation franche et massive du système d’éducation américain où le football américain, et plus
précisément des sponsors le finançant, sont au centre de toutes les décisions. Ainsi, sous la pression des sponsors et de ce cher Buddy Garrity (qui reste tout de même l’un des atouts comiques du
show), l’achat d’un écran géant sera privilégié à celui d’embaucher de nouveaux profs et d’acheter de nouveaux livres. Et oui, l’image de ces petites villes traditionnelles, matérialisées ici par
Dillon, se joue sur le stade et non à l’intérieur de l’école. Le football est au centre de la ville qui ne vit que par cela, l’éducation est secondaire. Vous remarquerez que, pas une seule fois, on
évoque le maire de Dillon. Tout simplement car le coach est le roi de la ville et l’idole des troupes… Quand il gagne bien sur. Dès lors qu’il perd un match, la violence peut être extrême. A l’issu
d’un important revers, il découvrira ainsi sa pelouse couverte de panneaux ‘A vendre’. La brutalité et l’injustice du système sera portée à son apogée dans le season finale quand le coach se fait
écarter par McCoy… car il est plein aux as. Un système capitaliste jusque dans les cours de récré…
Et je ne parle même pas du nouveau découpage du lycée de la ville décidé par McCoy et Garrity avec pour seul critère le football, sans un mot de Tami, pourtant la directrice même ! Le coach Taylor
a été ainsi relégué dans la nouveau Dillon, sans aucun de ses joueurs… Va-t-il accepter sa décision ? Et bien nous le saurons la saison prochaine puisque la série a miraculeusement été renouvelée.
Pour autant, j’émets toutes les réserves sur cette décision. Des doutes sur l’avenir de la série sans Jason, Smash, Riggins et les autres … Mais après une telle saison, comment FNL pourrait-elle
nous décevoir ?
Meilleur épisode : 3.13– Tomorrow Blues (season finale).
Pire épisode : 3.10– The Giving Tree.
Prix special: Award ‘Je sais susciter de l’émotion sans forcement verser dans le psychodrame comme Sally Field’ pour Friday Night Lights.
Les points forts : La moindre scène, la moindre ligne de dialogue, le moindre plan sonne incroyablement juste. Cette saison aura fait le choix de nous livrer des histoires encore plus simples et
émouvantes que dans ses précédentes saisons et le fait avec brio. Mis en scène avec un soin et une précision divine et écrite avec toute l’authenticité possible, le casting généreux et attachant
vient consacrer la série.
Les points faibles : Quelques personnages et leurs intrigues respectives sont peut être un peu trop ‘too much’ et versent dans le cliché texan. Certains d’entres eux deviennent lourds, voire
carrément ennuyants, comme la famille de Tyra ou bien encore son pseudo cow-boy, plus stéréotypé, tu meurs. Enfin, quelques longueurs sont également à noter mais cela fait aussi partie du charme de
la série.
Conclusion : A ce niveau-là, on ne peut même plus parler d’émotion pour Friday Night Lights. De part son univers et ses décors uniques, son patriotisme texan exacerbé, son réalisme se retrouvant
dans chaque ligne de dialogue, sa réalisation sobre et poignante et sa simplicité éloquente, la série nous transporte à chaque épisode. Après une saison 2 en demi-teinte, FNL signe un retour
brillant à ses plus pures sources. ‘Clear eyes, Full heart, can’t loose’ !
COLE.
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Par COLE 01/09/09
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Publié dans : COLE 2009
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