Mercredi 2 septembre 2009
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Place 02 : True Blood – Saison 1.
Diffusion sur HBO le dimanche soir à 22h (Moyenne saison 1 : 2,03 millions de téléspectateurs) et sur Orange TV en France (prochainement sur NT1). Renouvelé pour une saison 2.
Créé par Alan Ball. Avec Anna Paquin, Stephen Meyer, Sam Trammell, Nelsan Ellis, Ryan Kwanten, Rutina Wesley, Chris Bauer, Lizzy Caplan et Adina Porter.
Indice Spoiler : 0/5.
Bilan : I wanna do bad things with you … Telles sont les paroles du fabuleux générique de la nouvelle série d’Alan Ball et qui pourraient résumer à la perfection l’ambiance totalement atypique et
exubérante de ce petit bijou d’originalité. Ne me demandez pas à quelle autre série pourrait se référer True Blood, c’est bien simple, il n’y en a aucune. Oubliez tout ce que vous avez bien pu voir
auparavant et embarquez avec moi pour ce périple décalé, loufoque, et purement jouissif.
Mais au fait, de quoi parle True Blood ? Dans une Amérique puritaine, les vampires ont décidé de faire leur ‘coming-out’ et de se mélanger à la société après que les japonais aient mis au point une
boisson pouvant se substituer au sang. Sauf que dans le village pittoresque de ‘Bon Temps’, les habitants, conservateurs et renfermant tous leurs vilains petits secrets, ne sont pas décidés à les
accueillir à bras ouverts. Mis à part une certaine Sookie, qui a l’étrange faculté de lire dans les pensées, et qui va tomber amoureuse d’un ténébreux vampire : Bill.
L’histoire paraitrait presque ‘Twilightienne’ à première vue sauf que des les premières minutes, on comprend très vite que nous n’avons pas à faire à une série comme les autres. True Blood n’est
pas une énième série de vampires imbuvables avec des stand alone interminables. Alan Ball a voulu faire avant tout une série de caractères, une véritable série chorale où ce sont les personnages
qui amènent les intrigues, et pas l’inverse. Les vampires ne sont presque qu’un prétexte à un soap de boulevard, gothique et totalement siphonné sur la condition humaine et avec des personnages
bien réels. La série présente ainsi une incroyable galerie de personnages, tous plus atypiques et bizarres les plus que les autres, très Twin Peaksiens tant ils ont tous de terribles cadavres dans
les placards mais n’hésitent pas pour autant à critiquer en permanence leur voisins.
Le reflet de cette microsociété est illustré par le personnage de Sookie qui peut lire dans les pensées. Une idée de génie tant elle permet de disséquer littéralement la nature des autres, un grand
sourire par devant accompagné par une horrible médisance par derrière ! Je crois que le souhait premier d’Alan Ball n’était pas de raconter une histoire mais bien de faire évoluer des personnages.
La maitrise et la connaissance que Ball a de ses personnages est si creusée qu’il peut se permettre de les placer dans n’importe quelle situation et que cela reste en permanence cohérent.
Souvent très proche du chef d’œuvre old school ‘Boulevard de la Mort’ du maitre Tarantino, qui aurait pu écrire cette série, True Blood fait le choix scénaristique, rare pour une série, de laisser
vivre ses protagonistes. Ainsi, beaucoup de scènes sont construites comme si nous étions nous-mêmes assis à la table du bar de Bon Temps en train d’observer les clients d’un côté et de l’autre.
Cela donne un mélange déroutant mais exaltant de scènes presque inutiles, de conversations simples comme si nous en faisions nous-mêmes partie et de rythme effréné accompagné de rebondissements à
la pelle.
Mais plus qu’un melting pot de personnages, True Blood est aussi un melting pot d’intrigues. La série n’a pas de genre, à la fois thriller (un serial killer sévit toute la saison), comédie, série
horrifique, conte d’amour baroque, soap et drame. La série s’amuse de ses genres et jongle en permanence entre les différents registres. Arrivé à la fin de l’épisode, vous vous dites ‘Bon dieu mais
qu’est ce que je viens de voir ?’. Et si quelqu’un a le malheur de vous demander de quoi parle la série… La seule chose que vous pouvez faire est de l’obliger à regarder.
En se servant de ses multiples personnages, True Blood décline les émotions à l’infini pour nous livrer des épisodes totalement aboutis et toujours surprenants. Ainsi, dans un même épisode, on
suivra le drame d’une victime du serial killer ; l’enquête policière qui en découle ; l’histoire romanesque entre Bill et Sookie ; les folies ésotériques et inquiétantes de Tara et sa mère, les
tribulations hallucinatoires du frère de Sookie, débile qui passe son temps à baiser et à se droguer au sang de vampire ; les excès de Lafayette, gay black hilarant, dealer et gigolo à ses heures
perdus ; les ragôts du bar pittoresque du village ainsi que des excursions dans le monde glauque et malsain des vampires, personnages à la fois classes, mégalos et totalement déjantés.
Le tout dans une ambiance marécageuse, bordées de scènes de sexe démentielles, de personnages secondaires tous plus extravagants les uns que les autres et de dialogues aussi insensés que brillants.
Que ce soit le personnage de Lafayette, hallucinant pléonasme mi-racaille mi-gay, dont la moindre apparition et le look sont à mourir de rire jusqu’à l’inénarrable Jason, le débile beau gosse du
village qui part dans des délires Burtonniens des qu’il goûte le mystérieux sang de vampire.
Finalement, vous l’avez compris, True Blood n’a pas grand-chose à voir avec une série de vampires, joue des clichés que l’on peut avoir pour bâtir sa propre mythologie et ne se sert finalement que
d’eux que comme un prétexte pour développer une trame bien complexe et une comédie humaine originale, insolite, caustique, décalée et effrayante. Car, dans True Blood, rien n’est normal. Alan Ball
et son équipe de scénaristes se font plaisir en écrivant cette série tant ils n’ont posés aucune limite dans l’imaginaire. Si vous voyez une femme marcher à coté d’un cochon, un homme courir nu
dans les bois ou encore un enterrement où la convive insulte tous ses invités car elle vient de lire ses pensées, vous êtes bien dans True Blood. Ce coté dément est terriblement jubilatoire et nous
permet d’être abasourdi à chaque épisode.
Les puritains reprochent souvent à la télévision d’annihiler toute l’imagination du spectateur en lui servant des images toutes faites qu’il n’a plus qu’a consommer. Ces mêmes personnes devraient
vraiment se pencher sur cette série. On a pas l’impression de regarder une série mais de lire les livres dont l’histoire est tirée. Chacun pourra y trouver son interprétation. Et là où True Blood
réussit son pari est qu’elle ne trahit jamais l’imaginaire du téléspectateur. Ainsi, quand on lit un livre fantastique par exemple, on est souvent déçu par son adaptation cinématographique car
celle-ci ne va pas aussi loin que vos pensées les plus folles et reste trop commerciale. True Blood dépasse votre imaginaire. Alan Ball va tellement loin dans le fantasmagorique, dans les délires
les plus insensés et totalement barjos, à mi-chemin entre Le Labyrinthe de Pan et un film de Jeunet sous champignons hallucinatoires que jamais vous n’auriez pu imaginer cela.
L’autre force de True Blood est de réussir à nous fournir des épisodes complètement différents au fur et à mesure de la saison. On peut détester True Blood, du fait que la série est vraiment très
particulière, mais on ne peut en aucun cas lui reprocher son originalité. Ainsi, un épisode va être romanesque et romantique tandis que le suivant sera haletant et bourré de suspens et le dernier
va être glauque et sale en nous entrainant dans l’univers des vampires. On ne sait jamais à quoi s’attendre. Le point d’orgue sera atteint lors d’un épisode magistral où Bill réunira tout le
village à l’église afin de faire accepter son statut de vampire. Un épisode envoutant et ténébreux, reflet d’une Amérique nostalgique et puritaine, comme seul True Blood sait nous en offrir.
Mention spéciale également à Adina Porter, qui interprete la mère alcoolique et désabusée de Tara et qui livre une performance incroyable, lors d’une séance d’exorcisme déroutante.
Le dernier aspect de True Blood à aborder, en dehors de son côté délicieusement old school, est clairement l’aspect parodique qu’elle présente. Alan Ball a fait le choix audacieux de faire
commencer sa série à un moment où l’action de l’histoire avait déjà démarrée. Et à l’inverse de séries comme Heroes où les pouvoirs des personnages n’ont de cesse de chercher des explications,
c’est tout le contraire dans True Blood. Ainsi, par exemple, Sookie lit dans les pensées mais on ne saura jamais ni pourquoi, ni comment. Et pourquoi devrions-nous alors qu’elle le savait le faire
avant que la série commence ? Tantôt parodie de drama, d’action (la scène finale du pilote rappelle trait pour trait la scène finale de Boulevard de la Mort) et même de film d’horreur (la scène
finale du dernier épisode, faisant très ‘Scream’), la série joue sur tous les tableaux, est présente là ou ne l’attend pas, si bien qu’on dévore les épisodes sans plus pouvoir s’arrêter. Ma
découverte de l’année.
Meilleur épisode : 1.05 – Sparks Fly Out.
Pire épisode : 1.02 – The first taste.
Prix special: Award ‘Ben Hawkins’ du personnage le plus atypique pour Lafayette Reynolds (Nelsan Ellis).
Les points forts : Son caractère atypique, caustique et décalé qui en fait la série la plus originale de ces dernières années. Tantôt drama, horreur, comédie ou thriller, True Blood est une série
aboutie, surprenante et addictive. Sa grande force est clairement ses personnages Twin Peaksiens, tous plus dingues et décapants les uns que les autres, renfermant tous d’étranges secrets et
reflets de l’Amérique traditionnelle. Etrange, voilà bien le terme idéal pour définir cette série !
Les points faibles : En dehors du fait que la série met quelques épisodes à dévoiler toute son envergure, c’est finalement son coté atypique qui peut déchainer les passions. Soit vous serez accroc,
soit vous détesterez mais dans un cas comme dans l’autre, vous ne resterez pas insensible à cette série.
Conclusion : En 12 épisodes seulement, True Blood sera parvenu à créer une mythologie dense, une bible de personnages hors normes et à imposer un style strange et décapant que l’on avait rarement
vu à la télévision. HBO prouve avec cette série qu’elle n’a rien perdu de son aura caustique, authentique et anticonformiste. N’attendez plus une seconde et embarquez dans cet univers délirant,
enchanteur et totalement frappée dont vous ne voudrez plus vous échapper.
COLE.
Demain, la place 1...
Avec la collaboration des sites suivants :



Par COLE 02/09/09
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Publié dans : COLE 2009
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Reste Bonston Legal, Mad Men, The Shield et l'oublié The Office.
Ces quatres n'auraient-elle pas plus mérité un coup de phare que des "bouses" comme 90210, Crash, ou The Mentalist ?
<<<excellent classement et excellentes critiques par aileurs.
On peut déplorer un truc sans jeter des cailloux, non ?
C'est tout de même dommage d'avoir des bouses attendues et pas certaines séries de très bonne facture.
surtout vu la qualité par ailleurs, je le redis, du classement et des critiques.
Je pense que c'est pour ça qu'il s'était fait aider cette année, non ?
La seconde saison est un succès aux USA avec un record à plus de 5 millions de fidèles
La saison 2 démarre très fort également, mais je trouve qu'elle traine en longueur
Et The Shield saison 7 en n°1 je suppose... pas du tout mérité au vu de la saison 7 qu'ils ont offert, mais si on prend la série dans son ensemble, oui, et comme c'est la dernière saison, c'est comme pour les Emmys ici, on récompense pour l'ensemble quand une série importante arrive à son terme, peu importe que la denrière saison soit inférieure à la plupart des saisons précédentes.
La siason 7 est superbe à partir du 7.08 pour ma part, en se rencentrant ce qui fait l'essentiel de la série, sa Strike Team, mais auparavant, qu'est ce que ces histoires d'armiens, Pezuela, cartel & co sont chiantes et confuses, un gris bouuchage de trou avant que Vic, Shane et Ronnie ne soient les moteurs principaux des 6 épisodes finaux. D'ailleurs j'ai vu que Ryan n'a eu l'idée de la fin de sa série qu'arrivé à l'écriture du 7.04, jusque là il ne savait pas.
J'ai regardé toute la saison 1 de True Blood, car c'était Alan ball, mais j'ai pas été scotché.
ça se regarde, il y a du potentiel ... mais guère plus.
Pareil pour The Shields, dans son ensemble la série fait partie de mon top 5, mais la saison 7n'est pas la meilleure.
Breaking Bad, Madmen ou encore In Treatment sont au dessus cette année.
Vous vous trompez à mon sujet chers amis ! Je n'ai absolument pas regarder True Blood à cause de Ball. pour tout dire, je n'ai jamais aimé Six Feet Under qui, en dépit de sa qualité certaine, avait le don de me mettre le cafard. Donc c'est vous dire l'amour que je portais à Ball. Sans compter que je n'aime pas spécialement les films de vampires et que j'étais habituellement pas fana des séries de HBO. J'ai meme regardé le pilote au hasard pour en faire la chronique à l'origine mais je suis immédiatement tombé de la série. Des le pilote, qui a pourtant été largement critiqué, je suis resté totalement scotché. J'ai dévoré chaque épisode qui se sont surpassés les uns et les autres.
La saison 2 est peut etre meilleure (bien que parfois un peu too much) mais elle ne vaudra jamais l'effet de surprise de la saison 1. On restait véritablement sur le cul à chaque épisode tant la série n'a cessé de repousser les limites de l'imaginable, était merveilleuse mis en scène, écrite, joué. Bref, s'il y a bien une position que j'assume dans ce classement, c'est clairement True Blood, ma grande révélation de l'année dernière !
pour les séries absentes, oui, il y a beaucoup d'autres séries que j'aimerais regarder mais malheureusement, je n'ai que deux yeux lol ! Concernant The Office toutefois, contrairement à Mad Men ou je reconnais toutes les qualités, je trouve ça vraiment trés mauvais. J'ai jamais compris ce qui était drole dans The Office, je trouve cette série triste à pleurer. Quand à In Treatment, une saison de 45.000 épisodes, il y a rien de tel pour me repousser. Je ne dis toutefois pas que la série est mauvaise, je ne l'ai simplement jamais regardé !
pour la première place, on en discutera demain ;-) ! Merci de vos commentaires !
Très bonne idée, te virer. Ils feraient une si bonne action . . . On ne perdrait rien, vraiment
La série est également osée et malsaine. Comme dans 6FU, Ball prend le pari d'une série adulte pour un public adulte et exigeant. Je peux comprendre les personnes n'aimant pas la série, la trouvant trop scandaleuse car n'est pas à mettre dans tous les yeux. Elle reste pourtant un chef d'oeuvre gothique fascinant.
C'est un peu une série post Buffy. Les fans qui regardaient Buffy ont grandi et aujourd'hui, on leur offre une série de vampire, plus adulte loin du ridicule Twilight qui s'apparente davantage à un High school musical fantastique qu'à une vraie saga horrifique.
Le traitement de la différence et de la peur de l'étranger !
On est en Louisiane dans l'amérique profonde, pour moi la trame de fond est là.
C'est notamment une critique d'un sud raciste et des croyances diverses (et donc des religions).
Par contre, et j'ai l'impression d'etre la seule, la saison 2 me décoit. La plupart des épisodes ne sont que remplissage... Plutot que de se concentrer sur les vampires, on rajoute des etres "surnaturels", bientot on se croira dans heroes..
Mais les personnages secondaires Lafayette et Jason, Eric sauvent le tout! Parce que Paquin surjoue comme c'est pas permis et le personnage de Bill devient transparent.
http://www.leblogtvnews.com/article-35508318.html
Je la conseille à tout le monde.La saison devrait repasser sur NT1 bientot dans l'année je pense
Je n'ai vu que les deux premiers épisodes et puis j'ai laissé tomber. Par manque de temps (trop d'épisodes de Samantha Who? de retard ;-) ), et par manque d'envie surtout puisque ça ne m'avait pas emballé plus que ça malgré un univers surprenant et déroutant. Mais avec toutes les bonnes critiques que j'ai lu et maintenant la tienne, je ne peux que me lancer ! Merci Cole !
Sookie aurait mérité le prix de l'héroine la plus tête à claque depuis un moment par contre. ><