Jeudi 3 septembre 2009
4
03
/09
/Sep
/2009
20:52
Place 01 : The Shield – Saison 7. Classement 2007/2008 : 5ème (+ 4 places).
Diffusion sur FX le mardi soir à 22h (Moyenne saison 7 : 1,64 millions de téléspectateurs) et sur Canal + en France. Annulé après 7 saisons (88 épisodes).
Créé par Shawn Ryan. Avec Michael Chiklis, CCH Pounder, Walton Goggins, Jay Karnes, Benito Martinez, Davis Rees Snell, Michael Jace, Catherine Dent, David Marciano.
!! Indice Spoiler : 5/5
Avant de lire cet article, je tiens à vous remercier de m’avoir suivi (ou plutôt supporté) durant tout cet été et d’avoir pris autant de plaisir à lire ces articles que j’ai eu à les écrire. En
espérant également que vous me pardonnerez les positions scandaleuses accordées à certaines séries et promis, pour le classement de l’année prochaine, il y aura Mad Men !
Bilan : LA série de l’année est, sans aucune contestation possible, la dernière saison de The Shield. Fortement attendu au tournant, la saison 7 de ce monument télévisuel aura pourtant
prouvé qu’il était possible de faire une série brillante et cohérente de bout en bout. Au fil de ses sept impressionnantes saisons, The Shield n’aura jamais fléchi, jamais déçu. Au contraire, tel
le meilleur des grands crus, faisant preuve d’une régularité sans égal, la série s’est bonifiée au fil des saisons en creusant, un peu plus à chaque épisode, la profondeur et les déchirures de ses
personnages. Une telle maitrise en matière de fiction télévisuelle fait figure d’œuvre d’art tant jamais une série n’est allé aussi loin que The Shield. Chaque scène, chaque confrontation, chaque
drame est la résultante des actions précédentes. Les conséquences du pilote et de tous les épisodes suivants habiteront la série jusqu’à la dernière seconde du dernier épisode. Au delà de toutes
notions de saisons, The Shield est une frasque tragique, un arc unique de 88 épisodes s’emboitant magistralement les uns avec les autres. Et cela, jusqu’aux deux derniers épisodes tout simplement
monumentaux, concluant à la perfection une série dont la singularité fera date. Non content d’être le meilleur épisode de la saison, le final de The Shield restera sans nul doute comme l’un
des meilleurs épisodes de l’histoire. C’est pourquoi, j’aimerais avant tout consacrer ma chronique sur ces deux derniers épisodes et vous livrer mes conclusions sur (ma) série de l’année.
Le premier élément signant la singularité du final de The Shield est clairement son habileté à se détaxer de toutes notions de bien et de mal. A l’opposé de la plupart des séries finales où tout
est bien qui finit bien, c’est tout le contraire dans The Shield. Les ‘méchants’ ne sont pas totalement punis et les ‘gentils’ ne finissent pas totalement heureux. Mais finalement, qui sont ces
fameux ‘gentils’ et ‘méchants’ ? Tout est finalement question d’interprétation, de point de vue, de ressenti du téléspectateur. Et c’est bien en cela que The Shield est fascinant.
Le personnage de Vic est bien évidemment le plus enclin à ce jugement du téléspectateur. La scène finale du 7.12 est en-cela absolument mythique quand, dans l’optique d’obtenir une immunité totale,
Vic confesse l’ensemble de ses horribles crimes face à une Laurie Holden atterrée. Multiples meurtres, chantage, vol, extorsion… Le récit atroce de Vic doublée de sa nonchalance dérangeante nous
glace d’autant plus le sang qu’il nous propulse face à nos propres vérités : ‘I’ve done worse…’. Car, en dépit de tout cela, on soutient Vic. Et je ne vous croirais pas si vous disiez le
contraire.
Mais quel est donc ce démon au fond de nous qui fait aimer des personnages comme Vic, ou bien encore Dexter ? Car le problème va bien au delà du bien et du mal. Vic est bel et bien coupable des
pires atrocités mais il protège la rue comme personne, défend ses principes et sa famille envers et contre tout. Seulement, son égoïsme, son désir de gloire et la passion de son métier passent
avant tout. Vic a finalement passé 7 saisons à nous mentir, à se mentir à lui-même en se convaincant qu’il faisait tout cela pour sa famille. Mais la rue est finalement supérieure à sa propre vie.
Jusqu’aux derniers épisodes, il refusera de s’enfuir aux risques de la sécurité de sa famille, trahira ignoblement son dernier allié, menacera de tuer la famille de Shane, tout cela pour pouvoir
rester dans la rue et prendre sa revanche sur Claudette et la police. Vic a ainsi le sentiment d’avoir des principes forts mais son égo est au-delà de tout cela. Là où Shane fera sa rédemption dans
les derniers instants de la série, réalisant la primordialité de sa famille, Vic ne la fera jamais, pas une seule seconde.

En cela, la toute dernière scène de la série est excellente. Tel un lion enfermé dans une cage, Vic finit privé de la rue et contraint de rédiger des rapports toute la journée. Dans une scène d’une
intensité sidérante, dans le plus dérangeant silence (on entend même le bruit des néons), nous voyons un Vic en costume, pathétique, triste, face à son ordinateur et une photo de sa famille qu’il a
perdu à tout jamais. La pire des peines pour le roi de Farmington, obligé de demander l’autorisation à un bureaucrate pour baisser le thermostat. Il sort alors une arme de son casier et l’espace
d’une seconde, on pense qu’il va se suicider puis il rigole et la range. Insubmersible. Vic ne ferait jamais ça. Un tel mythe ne se suicide pas. Et on comprend alors que Vic est mort, pas
physiquement certes, mais mentalement. C’est à la fois la fin la plus terrible et la plus logique que Shawn Ryan pouvait trouver pour son personnage phare.
Et c’est en cela que la saison 7 de The Shield est excellente. On sent le piège se refermer petit à petit sur Vic, chaque épisode marque une étape. La gravité et la tension de la situation est si
crescendo que seul un final de cette telle ampleur pouvait conclure la série. The Shield sera allé au bout de ses excès et ses horreurs. La relation autodestructrice entre Vic et Shane en constitue
l’exemple parfait. Vic ne pardonnera jamais à Shane le meurtre de Lem, même si cet acte a finalement protégé ses propres arrières. Un jeu d’échec mortel démarrera ainsi entre les deux frères
ennemis jusqu’à leur dernière scène au téléphone où l’un déballe les pires atrocités pour anéantir le plus possible l’autre. Car il s’agit finalement de cela, remporter ce combat de titans qui se
soldera de façon tragique.
Promettant à Vic que jamais il ne pourra s’attaquer à sa famille, Shane ira jusqu’à tuer sa femme enceinte, son propre fils, et se suicider pour avoir le dernier mot. Il apparait finalement comme
le gagnant du combat, lui qui sera resté avec sa famille jusqu'au bout. C'est un tout nouveau Shane que l'on découvre, alors qu'on aurait pu penser que les scénaristes allaient insister sur le côté
humain de Vic, c'est tout le contraire. Ils finissent par faire passer Vic pour un tortionnaire tandis que Shane et Mara deviendront un vrai couple unie à la Bonnie & Clyde, dont le destin ne
pouvait être autre que la mort. Il sera la famille que Vic n'a jamais eu et n'aura jamais.
La saison 7 de The Shield pourrait ainsi se résumer à ce jeu du chat et de la souris permanent entre l’ensemble des protagonistes. Le rapprochement entre Vic et Aceveda est en cela passionnant tant
on sait que cela peut déparer à tout moment. On paye donc attention à chaque réplique, chaque mot afin de dénoter l’instant où la situation partira totalement en vrille. Mais le plus bel exemple
est clairement l’affrontement entre Claudette et Vic. CCH Pounder, et je pèse mes mots, est une actrice tout bonnement incroyable dont la performance dans cette saison dépasse l’entendement. Elle
est lasse, au bout du rouleau, malade, blasée et pourtant elle continue, elle est toujours là. Sa vie est une poubelle à l’image de son désastreux appartement mais elle s’accroche à ce qui lui
reste de souffle. Son personnage respire la froideur, la dureté, ce qui contribue à rendre ses scènes encore plus émouvantes, notamment quand elle s’effondre face à la maladie et aux attaques
qu’elle subit à longueur de journées.
C’est en cela que son amitié avec Dutch, personnage que j’aime beaucoup par ailleurs, est formidable tant elle est juste, timide et sobre. Même s’il occupe moins le devant de la scène que les
autres personnages emblématiques de la série, Dutch reste un pilier de The Shield dont certaines affaires ont propulsé des épisodes de la série au rang des meilleurs du show. Et notamment celle du
serial killer qui prendra Claudette en grippe. Sa relation avec Bellings est d’ailleurs l’un des piliers de la saison, apportant une touche d’humour et fraicheur indispensable à cet univers sombre
et noir.
Mais c’est bien l’affrontement entre Claudette et Vic qui nous intéresse ici. La scène où elle découvre tous ses efforts anéantis par le contrat d’immunité que vient de signer Vic est incroyable.
C’est le coup de trop. Claudette perd littéralement la raison, fond en cri et en pleurs et déverse sa rage sur Dutch. L’apogée suprême de l’intensité est atteint lors de la dernière confrontation
entre Vic et Claudette. Dans un dernier souffle de courage et de haine, Claudette plonge Vic face à ses crimes et à la fin macabre de Shane. La force et l’émotion ressortant de cet ultime règlement
de compte est presque insoutenable. D’autant plus qu’une nouvelle scène encore plus magistrale que la précédente continue à survenir jusqu’à la dernière seconde. Des scènes d’une intensité
incroyable, un casting au delà de tout ce que l’on a pu déjà voir, on ressort de ce final vidé, bouleversé par une telle performance. Et rien que pour ce final, cela ne peut faire absolument aucun
doute, The Shield est bel et bien la série de l’année.

Meilleur épisode : 7.13 – Family Reunion (Series Finale).
Pire épisode : 7.11 – Petty Cash.
Prix special: Award ‘Sopranos’ de l’un des monuments de l’histoire de la fiction américaine.
Les points forts : De la maitrise des intrigues à la cohérence du parcours entier de la série, du casting magistral aux interactions grandioses entre les personnages, tout est résolument parfait.
On a finalement l’impression que Shawn Ryan avait en tête le final de la série dès la saison 1 et a ainsi contribué, au fil des sept saisons, à faire diablement monter l’intensité pour nous
concocter un dernier épisode impérial et bouleversant.
Les points faibles : Qui oserait trouver un point faible à cette saison ?
Conclusion : La saison 7 de The Shield nous livre les recettes du chef d’œuvre télévisuel et prouve qu’une maitrise totale des intrigues au travers de sept saisons est possible. La série assume
totalement ses failles, chaque action aura des incidences jusqu’au dernier épisode. Imaginant une conclusion à la fois terrible et exceptionnelle, The Shied nous aura transporté, bouleversé jusqu’à
la dernière seconde de son final monumental et d’une intensité incroyable. Magistral. Brillant.
COLE.
Crédit photos © 20th Century Fox Film Corporation.
Merci pour leur participation à ce classement aux sites suivants :



Par COLE 03/09/09
-
Publié dans : COLE 2009
25
Derniers Commentaires