Jeudi 8 octobre 2009
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Début d'une série de billets sur les premiers épisodes des nouvelles séries américaines. Publication tous les
deux jours en début d'après-midi.
MELROSE PLACE - Drama Soap - Diffusé sur CW (sans succès jusqu'ici).
Cast. Produit par Davis Guggenheim (Deadwood). Ecrit par Todd Slavkin (Smallville). Avec Katie Cassidy (Harper’s Island), Michael Rady (Greek), Laura Leighton, Thomas Calabro,
Ashley Simpson-Wentz (7 à la maison), Stephanie Jacobsen (Sarah Connor Chronicles) et Shaun Sipos (Shark)
Le Pitch. Les nouvelles aventures du fameux complexe Melrose Place 4616, issu de la série éponyme d’Aaron Spelling.
Premier Avis.
12 ans d’attente. Bon pas exactement puisqu’on sait seulement depuis l’année dernière qu’il y aura un nouveau Melrose Place mais c’est ce que j’aime à répéter à tout le monde afin d’exprimer mon
attente pour cette série et surtout mon amour pour la version originale. Car oui, Melrose Place est et reste ma série préférée. Bien sur, objectivement, ça ne vaut pas un The Shield ou un Sopranos
mais la série vaut surtout par ce qu’elle m’a apporté. Melrose Place est la toute première série que j’ai suivi et jamais je n’ai pris un tel pied devant aucun autre show. Je me souviens encore
d’être resté bouche bée pendant plusieurs secondes quand Kimberly a fait sauter la résidence, de m’être levé en hurlant en même temps que Jo quand on lui enlève son bébé, d’avoir pleuré à la mort
de Sydney ou encore de m’être caché un œil quand Kimberly menace d’exercer un lobotomie sur Peter. Oui, je courrais chaque jour à 17h afin de ne pas rater le début d’une série qui a marqué mon
enfance afin de me délecter de tous ces moments ‘Melrosien’ entre coups bas, retour d’entre les morts, trahisons, sexe et argent dans une ambiance totalement déjanté et sans limite.
Alors imaginez ma réaction quand la CW annonce qu’elle va faire un remake de Melrose Place. Et pourtant, un an après, nous y voila. Et ce n’est pas très joli à voir. Non seulement, ce remake est
moyen mais en plus, il porte atteinte à la version originale. Commençons par la forme, à savoir le style visuel de la série. C’est peut être là la plus grande entrave à la série originale. La
spécificité de Melrose était justement de mettre en scène une certaine ‘classe moyenne’ avec des appartements modestes, voire vétustes et une ambiance assez crade entre Jo qui se fait prendre
derrière la façade taggué du Shooter’s et la laverie macabre du sous-sol. Le nouveau Melrose rendrait limite jalouses les cul-terreuses de Gossip Girl ! Résidence refaite à neuf, espace agrandi,
palmiers, douches hydrothérapiques, french doors … J’ai vu le moment où on avait l’escalier en marbre, les lits en acajou et les tables basse en ébène du Mozambique ! D’autant plus que,
techniquement, Sydney est la nouvelle propriétaire et doit donc être à l’origine de toutes ces modifications. Oui, Sydney, celle qui n’avait pas une thune dans le Melrose original. Bon, en même
temps, elle est censée être morte donc ce n’est pas non plus comme si c’était la plus grosse incohérence. A moins qu’elle ait hérité de la fortune de David Charvet ? Ca expliquerait sa fausse mort
… Bon, quand vous lirez cette chronique, la vérité aura probablement été révélée mais j’atteste qu’à l’heure d’aujourd’hui, je n’ai vu que le pilote !
Et donc cette ambiance friquée qui est finalement bien plus proche d’un Beverly Hills que d’un Melrose Place se ressent dans chaque aspect de la série. La ville de Los Angeles a en effet une forte
emprise sur cette nouvelle version, mais le Los Angeles riche. Musique techno, champagne, brushing, Prada, petits fours, vous êtes bien sur la CW. Quand je pense au Shooter’s, son vieux jukebox et
sa clientèle constituée de vieux bikers barbus jouant péniblement au billard … On a vieilli non ? Et encore, je n’ose parler de la nouvelle voiture de Michael Mancini. Une espèce de Lamborghini
totalement surréaliste avec les portes coulissantes vers le haut… Il a également dû hériter de la fortune de Charvet. C’est comme si on faisait un remake de Mariés 2 enfants et que tout d’un coup,
Al Bundy vivait dans le Taj Mahal.
Enfin, blague à part, rentrons dans le vif du sujet. La série démarre donc comme vous le savez tous avec cette chère Sydney retrouvée poignardée dans la piscine. Vous noterez que je n’ai pas
employé le terme ‘morte’, on ne sait jamais. Les nouveaux habitants semblent eux-aussi en douter puisque tout le monde s’en tape royalement. Bon, en même temps, quand Syd était déjà morte dans le
Melrose original, le jour de deuil n’avait pas non plus été déclaré. Et donc Melrose nous la joue mystery show puisque l’on sait dés à présent que l’un d’entre eux a fait le coup. Qui ? Telle est
la question. On devine déjà que ce n’est pas Auggie, l’espèce de baroudeur Jake 2.0 version cuillère en argent dans les fesses. On le sait car on le voit grossièrement brûler un vêtement plein de
sang à fin du pilote donc forcément ce n’est pas lui. En même temps, le coupable peut encore tranquillement siroter des pina colada autour de la piscine (qui doit d’ailleurs certainement être
certie d’or avec bulles et trémous au parfum de violette) puisque l’enquêteur n’est d’autre que Nicholas Gonlazes. Alors là, je dis non. Je veux bien qu’on est un casting transparent tout droit
sorti de l’agence Elite mais là, Nicholas Gonzales c’est la goute d’eau qui fait déborder le vase (en authentique émeraude du Bengale). Vous savez, c’est l’espèce de bellâtre au charisme d’huitre
qui s’occupait de la flore de Marissa dans la saison 2 de The OC. Autant dire qu’en enquêteur, il n’a aucune crédibilité.
Non, à mon avis, c’est Mancini. En tout cas, ce serait une belle excuse pour le virer du show et abréger nos souffrance tant il dénature le personnage original. Je me faisais un tel plaisir de
revoir ce cher Michael, fourbe, excentrique et manipulateur, adepte des plaisirs de la vie les plus charnels. Quelle surprise de retrouver donc un Michael sombre, sobre, à peine capable de débiter
deux mots. Et je n’ose parler de sa scène avec Sydney. Remboursez ! Tout est affreusement stylisé, dans un style le plus glacial imaginable, sans aucune alchimie, presque fantomatique. Et puis la
scène ne sert à rien. Et que dire des scènes de flashback de Sydney où on la voit le cul sur sa chaise en train d’être l’ombre d’elle-même et de déblatérer deux pauvres menaces aux habitants de la
résidence sans aucun rythme, ni punch. Il y avait malgré tout une bonne réplique quand Ella met en doute ce dont Sydney est capable et que celle-ci lui répond ‘Demande-donc aux anciens
résidents !’
Ella, parlons en justement. C’est la garce du nouveau Melrose. Si vous ne l’aviez pas compris, c’est que tout de même vous avez un sérieux problème puisque le personnage ne cesse de faire la catin
durant 45 minutes. J’ai vu le moment où elle prenait carrément une pancarte pour le préciser au cas ou on n’a pas compris. Malheureusement toutes les pancartes avaient été monopolisées par
Lisa Rinna qui manifestait encore sur les autoroutes. Puis, au cas où nous n’aurions vraiment pas compris, là voila qui tourne lesbienne en fin d’épisode car sur la CW, une lesbienne est
nécessairement trash et garce. Le personnage est malgré tout le plus prometteur de cette nouvelle monture et promet de joyeux coups de pute. L’autre personnage intéressant est celui de David, le
fils de Michael, qui est peut être le plus énigmatique et difficile à cerner.
Malgré tout, mis à part David, c’est bien le problème du nouveau Melrose : les personnages sont ultra stéréotypés. Evidemment, ce n’est que le pilote, attendons de voir. Mais surtout, surtout, ils
ont osés. Attention, le mot qui suit peut heurter la sensibilité des plus jeunes. Le nouveau Melrose contient un couple de… Non, non, je ne peux pas dire ce mot. Allez, Cole, soit fort. Un couple
de… gentils ! Oui, oui, votre écran ne vous joue pas des tours. Un couple de vrais gentils, bien pensant, qui va se marier. Non mais ils se foutent carrément de notre gueule ? Le plus gênant est
qu’on a l’impression que tous les personnages étaient finalement sympathiques avant le pilote et que là boum, ils deviennent tous des ordures.
Jonah, le fameux gentil, commence l’épisode romantique et fleur bleue et finit maitre chanteur. Lauren, la nouvelle interne, commence l’épisode irréprochable et finit pute. Ah non mais ça aussi.
Ridicule. En gros, pour vous résumer, l’infirmière a un rencard avec un charmant jeune homme. Tout se passe bien, ils se plaisent clairement jusqu’à ce que l’autre abruti lui propose de la payer
pour coucher avec elle. Alors que, de toute façon, il allait la mettre dans son lit ! C’est le problème de ce nouveau Melrose, ils veulent faire trash en montrant qu’ils peuvent faire aussi bien
que l’ancien sauf que ça ne fonctionne pas, il n’y a aucune tension. Laissons malgré tout le bénéfice du doute à la série, un soap ne se construit jamais en un jour. Bon et puis sinon Ashley
Simpson n’est pas si mauvaise, en tout cas bien meilleure que Katie Cassidy !
A conseiller aux fans de : Beverly Hills pour le fond, Melrose Place pour la forme
En deux mots. Il y a une vraie différence entre dire que l’on peut faire trash et effectivement, faire trash. L’ambiance est glaciale, la résidence est sans âme, les storylines
sont maladroites et il n’y a aucune tension, aucune alchimie. Moi qui pensais renouer enfin avec cette Melrose touch que je recherche désespérément depuis tant d’années. Toutefois, je laisse le
temps à la série de s’installer, un soap ne se construit pas un jour. Melrose Place 2.0 a le potentiel, les éléments sont là, l’histoire est là. Je suis donc très confiant que la série remplisse
son pari, si évidemment, l’audience le permet.
Note. 5,5/10.
Vendredi, critique du pilote de GLEE.
COLE.
Par COLE 07/10/2009
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Publié dans : COLE 2009
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