Jeudi 5 novembre 2009
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A voir ce jeudi peu avant 23 heures sur France 2, le document réalisé par Stéphane Paoli. Un entretien
exceptionnel entre Mikhail Gorbatchev et Hubert Védrine.
Face à Hubert Védrine, Mikhaïl Gorbatchev se livre et revient sur les quatre années (1985-1989) qui ont préparé l'ouverture du Mur de Berlin et l'avènement du vingt-et-unième siècle. Vingt ans
après, il raconte à l'ancien ministre des Affaires étrangères et alors proche conseiller de François Mitterrand, l'Histoire mais de l'autre côté du Mur, là où tout s'est déroulé.
Un document pour l'Histoire, une archive pour les Historiens.
Stéphane Paoli revient sur ce document :
"Pendant six ans, Mikhaïl Gorbatchev a dirigé l’autre côté du Rideau de fer. Le mur de Berlin était alors une ligne de partage du monde entre l’Est et l’Ouest. Il y a vingt ans, le mur de
Berlin a été ouvert et le monde a changé. Mikhaïl Gorbatchev est l’un de ceux, sinon le premier, qui a provoqué ce changement. Il est de son vivant une figure historique. Pour la première fois,
dans une conversation avec Hubert Védrine, ancien Secrétaire général de l’Élysée et conseiller politique du président François Mitterrand, Mikhaïl Gorbatchev s’entretient avec une rare liberté de
ton de ce que furent les choix politiques qui ont engagé le processus aboutissant au 9 novembre 1989.
Il dit la honte qu’il continue d’éprouver aujourd’hui à cause des répressions soviétiques de 1956 à Budapest et de 1968 à Prague. Il dit combien il a voulu rompre avec la doctrine Brejnev
d’intervention militaire. Rupture qui explique à elle seule l’ouverture du mur de Berlin : pourquoi l’Union soviétique qui disposait de troupes partout à l’Est n’est-elle pas intervenue pour
empêcher la foule des Berlinois d’ouvrir le mur ? Mais parce que cela aurait provoqué la Troisième Guerre mondiale, dit Mikhaïl Gorbatchev à Hubert Védrine.
Glasnost (transparence) et perestroïka (restructuration) furent donc ses réponses à l’héritage Brejnévien. Il y a pensé dès son entrée en politique à peine sorti de l’Institut d’agronomie de
Stavropol. Il n’a jamais cessé d’expérimenter ses perestroïkas partout où son pouvoir régional s’est exercé. Il n’a pas craint d’enfreindre la loi pour réformer localement, malgré l’inertie de la
structure du Parti. Puis il est arrivé à Moscou, au Secrétariat général du Parti, à la première place. Et le système a commencé à réagir. L’Est a rejeté Gorbatchev, l’Ouest l’a sacré, sans
l’aider.
C’est moins la course folle à la "guerre des étoiles", menées par Ronald Reagan, et à laquelle l’URSS avait des moyens terribles de répondre, dit Mikhaïl Gorbatchev, que l’effondrement du prix du
baril de pétrole qui a ruiné Moscou. En sous-main, bien que le Mur fût ouvert, la Guerre froide continuait, l’Amérique négociait avec l’Arabie saoudite une mortelle hausse de production pétrolière,
un "coup de poignard dans le dos".
Vingt ans après Berlin, la perestroïka, du point de vue de l’Histoire, est une réussite. La Russie d’aujourd’hui ne reviendra pas à l’Union soviétique d’antan. Mais c’est l’échec personnel de
Mikhaïl Gorbatchev, assumé sereinement. L’Histoire dure plus longtemps que les hommes. Cette conversation exceptionnelle, filmée à Moscou par trois caméras, est une contribution patrimoniale à la
compréhension de la séquence historique qui a conclu le vingtième siècle et ouvert le vingt-et-unième".
Crédit photo © France 2 / Stéphane Paoli.
Par Pascal 05/11
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Publié dans : France 2
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