Qu'est-ce que le pardon de nos jours ? Francis Bacon écrivait : "Se venger c'est se mettre au niveau de l'ennemi, pardonner c'est le dépasser". Mais comment réussir à surmonter notre désir de vengeance lorsqu'on est blessé au plus profond de soi ? Comment vaincre la colère, la souffrance et pardonner ? Et surtout, peut-on tout pardonner ? Peut-on pardonner une trahison amoureuse, une erreur médicale, une erreur judiciaire, ou un viol ?
Diffusé à 22h35 ce soir sur France 2, le film documentaire inédit Pardonner, construit comme un carnet de voyage, un carnet de rencontres, propose d'aborder ces questions à travers quatre personnes marquées à vie par des épreuves difficiles.
Avec Benoît, on ne peut s'empêcher de penser à nos propres ruptures amoureuses et au temps qu'il faut pour que la souffrance s'apaise. Dominique, elle, nous fait prendre conscience que pardonner, c'est reconnaître que celui qui a commis une faute n'est pas enfermé dans ce qu'il a fait, qu'il est capable d'autre chose. Pardonner, c'est le libérer de sa culpabilité et lui donner une chance de se reconstruire, une chance de vivre. Avec Loïc, on comprend que le pardon permet d'atteindre une paix intérieure. Framboise nous montre qu'en pardonnant et en refusant d'endosser le statut de victime, la vie devient à nouveau possible. Quel que soit le parcours de ces quatre témoins, on ne peut s'empêcher de penser tout au long de ce film à cette phrase de Hannah Arendt : "Le pardon est certainement l'une des plus grande facultés humaines et peut-être la plus audacieuse des actions, dans la mesure où elle tente l'impossible – à savoir défaire ce qui a été fait – et réussit à inaugurer un nouveau commencement, là où tout semblait avoir pris fin."
Réalisé par Mireille Darc et Nathalie Amsellem.
Produit par JARAPROD. Avec la participation de France Télévisions et Centre national du cinéma et de l'image animée.
Mireille Darc dit avoir construit ce documentaire au travers des témoignages, elle n’écrit rien d’avance. "Je commence par faire des interviews et par les compléter avec les interventions de personnes proches ou impliquées. Mes apparitions à l’écran n’étaient pas prévues ; Nathalie Amsellem en a eu l’idée au montage, elle en a tourné les images et le film s’est construit comme un carnet de voyage (...). Nous sommes allées, avec mon assistante, dans des associations d’aide aux femmes violées, aux parents ayant perdu un enfant, etc. Petit à petit, nous avons rencontré des cas en dehors de ces organisations, comme Benoît au travers de son blog. Je les choisis en fonction de ma propre émotion. "
Mireille Darc à propos du témoignage de Framboise. "J’avais, avant elle, rencontré de nombreuses femmes violées. Elles étaient cassées, vidées, incapables de se reconstruire. Mais Framboise, après avoir galéré pendant 10 ans, a décidé que ce viol lui appartenait en fait et qu’elle devait l’affronter ou le trimbaler tout le reste de sa vie ce qui lui a permis de sortir de sa situation de victime. Elle m’a fait découvrir ce phénomène de « victimisation ». Après un traumatisme, la personne est prise en charge psychologiquement tant et si bien que certaines d’entre elles ne sortent jamais de ce schéma et n’arrivent pas à reprendre leur vie en main".
Crédit photo © PROD / DR.
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