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Vendredi 9 octobre 2009 5 09 /10 /Oct /2009 17:56







GLEE, drama musical diffusé sur la FOX.


Cast.
Crée par Ryan Murphy. Avec Matthew Morrison, Jane Lynch (The L Word), Jessalyn Gilsig (Nip/Tuck), Jayna Mays (Ugly Betty), Lea Michelle et Cory Monteith (Kyle XY).


Le Pitch. Un prof d’espagnol décide de reprendre en main la chorale de son lycée composée d’une équipe de bras cassé et doit se heurter aux personnalités déjantées de l’etablissement dont l’hystérique entraineuse de pom pom girl.


Premier Avis. Je précise en interlude de cette chronique que cette critique ne concerne pas vraiment le pilote diffusé en mai dernier mais le 1.02 diffusé en septembre qui est selon moi, le vrai pilote. Oui car pour moi, le pilote de juin était un pilot présentation tandis que le 1.02 est le vrai pilote. Mais n’y prêtez pas attention, c’est du tatillonage de geek scribouillard sériephile barbu et pelliculeux marié à une vieille fille anglaise et inconditionnel de l’édition du dimanche de Télérama. Alors qu’en est-il de la nouvelle série de mon ami Ryan Murphy, créateur de Nip/Tuck, à l’aube du lancement de la nouvelle saison de sa série culte. Si, si, je vous jure, il y a encore une nouvelle saison de Nip / Tuck.


Et bien le pari est en parti réussi. Ce que j’adore chez Ryan Murphy est son don incroyable de transformer un pitch le plus banal imaginable en vaudeville aussi loufoque et excentrique que saugrenu. Vous mettriez Murphy en showrunner de Grey’s Anatomy, Meredith deviendrait accro au sexe scato avec des unijambistes dotés d’un seul testicule. Prenez donc le pitch de Glee. En soit, il n’a rien d’exceptionnel. Une troupe musicale dans un lycée, des personnages stéréotypés, une atmosphère bonne enfant … Vous ne sentez pas comme une odeur de merde Efronesque ? Et pourtant, la spécificité de Murphy est justement de prendre comme terrain de jeu une série comme High School Musical et de le customiser en le parsemant de personnages totalement barrés et presque hors-sujet pour obtenir un rendu encore plus jubilatoire. Glee est finalement assez parodique en son genre, c’est un peu comme on si mettait Rocco Siffredi dans The Secret Life Of An American Teenager, reconnaissez que ce serait drôle !


L’addiction que l’on peut développer à Glee n’est donc pas à chercher du côté des storylines loin d’être transcendantes ou l’atmosphère de la série propre à chaque teen show, ni même de la réalisation, archi-conventionnelle à l’opposé du style Murphy. Il faut donc chercher du côté des personnages. Comme je le disais, on a l’impression que Murphy a repris les clichés de High School Musical (c’est pour cela que je ne partage pas l’opinion de ceux qui disent que Glee est trop stéréotypée car c’est justement tout le coté volontairement parodique du show), mais à la fois en leur ajoutant un trait de personnalité à l’opposé des images habituelles et y insérant des cas sociaux qui n’ont pas leur place dans ce genre de série. Ainsi dans Glee, les pom-pom girl sont cathos, le dirlo est corrompu, le prof d’anglais deale pour boucler les fins de mois, le quaterback ‘king of the prom’ quitte le foot pour rejoindre la chorale et a envie de se taper la moche geekette qui est nympho ! Enfin bref, je vous laisse imaginer le désordre jubilatoire pour lequel nous plonge Murphy.


Les dialogues exquis permettent de sublimer les excentricités des héros et notamment grâce au meilleur personnage de la série : l’excellente, l’hilarante, la magistrale, l’extraordinaire, l’inénarrable, l’absolue Jane Lynch qui incarne à la perfection la tranchante et tyrannique entraineuse de pom-pom girl, LA garce du show à la réplique cinglante, qui va tout faire pour faire tomber la troupe musicale de l’école. Jane Lynch est certes cantonnée à ce genre de rôle cassant et acariâtre mais elle y est tellement formidable, j’ajouterais même car je pense que c’est très pertinent dans le cadre de cette chronique qu’elle m’excite. Ceux qui me connaissent savent que je développe une passion avouée pour ceux qu’ils appellent les ‘vieilles’ et que je préfère nommer avec plus de pertinence, ‘les sublimes actrices à la fleur de l’âge’. Parmi elles, ma reine absolue Glenn Close mais aussi Heather Locklear, Mariska Hargitay, Candice Bergen et Marg Helenberger. Tao, du site CritikEnSeries, va encore plus loin en y insérant Sally Field, je n’irais pas jusque là.




Enfin, pour revenir à Jane Lynch, qui fait désormais partie intégrante de la dream team, on sent que les scénaristes ont été particulièrement inspirés par ce personnage qui constitue en quelque sorte le poil à gratter le show et à qui on réserve donc les meilleures lignes. Il me faudrait une chronique entière pour en faire le listing mais il y a notamment une qui m’a fait mourir de rire, après avoir vu une représentation suggestive de Glee, ‘Je n’ai jamais rien vu d’aussi outrageant de ma vie, et cela inclut une représentation de Hair par des élèves de CM2’. Et puis, elle a un tel bagout, une telle désinvolture doublée de méchanceté et de machiavélisme comme quand elle envoi ses cheerleaders espionner la troupe musicale en fin d’épisode… Rohh, je l’adore. Jane, je t’aime !


Et c’est justement là où le pari n’est qu’en parti réussi dans la mesure où les intrigues ne vont pas au bout de leurs possibilités. Même si c’est effectivement drôle, très frais, rythmé, Murphy peut aller plus loin. Les intrigues se regardent donc trop le nombril, restent trop confinées et restent dans leur strict cadre syndical. Avec Murphy aux manettes, on aurait justement pu penser que les storylines partiraient dans tous les sens pour donner un n’importe-quoitesque jubilatoire, il n’en est rien. C’est un peu comme si on faisait jouer Robert de Niro dans ‘On se calme et on boit frais à Saint-Tropez’. J’exagère évidemment mais vous saisissez l’idée globale. On a même droit à une histoire d’amourette à deux balles entre le prof d’espagnol et une autre prof couverte de TOC (interprété avec tendresse par la lourdonne femme d’Henry dans Ugly Betty, c’est un compliment). D’un coté, on peut le comprendre sachant qu’il est marié à l’horripilante Jessalyn ‘Kekette’ Gilsig dont Ryan Murphy s’en voulait encore de l’avoir fait mourir d’un coït dérapant dans Nip/Tuck.


Il y a de malgré tout de très bonnes scènes, et notamment la dernière où la troupe de Glee détourne sa propre représentation à la dernière seconde pour livrer une prestation pornographique devant un public médusé, Jane Lynch en tête. Finalement, le seul point totalement raté de la série concerne les affligeants numéros musicaux. Alors pas autant au niveau chorégraphique puisque ce sont supposés être des amateurs donc forcément on s’attend pas à voir Holiday On Ice, mais au niveau musical. D’une part, les voix n’ont rien d’exceptionnels, c’est du commercial sirupeux tout droit sorti de Disney Channel. Mais cela, encore une fois, on peut le pardonner. Ce que je ne cautionne par contre pas du tout c’est le playback le plus ridicule que j’ai jamais vu dans ma vie. Et cela inclut des prestations de Sheila dans Midi Première où la bande musicale s’arrête. Non seulement, ils chantent avec 10 minutes de décalage sur la bande sonore mais le pire étant qu’ils s’en rendent compte et donc que, foutu pour foutu, ils s’arrêtent parfois carrément de chanter. Pourquoi s’emmerder ? La seule prestation à peu prés réussie en 2 épisodes est la dernière de l’épisode 2 où Lea Michelle interprète avec émotion et justesse Take a Bow de Rihanna. Une scène musicale pour la première fois interprétée dans une scène de vie et non en ‘spectacle’. Glee s’orienterait-elle donc vers une vraie comédie musicale ? Ce qui semble donc certain est que la série n’a pas encore dévoilé toutes ses cartes !


A conseiller aux fans qui : regardent High School Musical en regrettant Newport Beach.


En deux mots. Glee redonne ses lettres de noblesse à la vrai définition du divertissement de qualité et nous entraine au cœur d’un véritable spectacle exaltant de 45 minutes. La série n’est pas prise de tête, est amusante, punchy et attachante. Elle remplit donc sa mission première. Toutefois, on était en droit d’en attendre plus de Ryan Murphy. La série n’exploite pas tout son potentiel burlesque et dejanté en restant etonament sobre. Esperons que cela viendra.


Note. 7/10


COLE.


Prochains billets : demain puis lundi et mercredi.


Le précédent,  Melrose place :
http://www.leblogtvnews.com/article-37110454.html






Par COLE 09/10/2009 - Publié dans : COLE 2009
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