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Publié par Pascal 19/06 13h37

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En février dernier, l’enquête de l’ONG Oceana révèle une fraude massive à l’étiquetage sur le poisson aux États-Unis. Qu’en est-il en France ? Les réalisateurs d'un documentaireinédit, proposé ce mercredi à 20h45 sur France Ô, ont mené l’enquête – du bateau jusqu’à l’étal du poissonnier – et font apparaître les mêmes escroqueries qu’aux États-Unis...

 

À Boston, sur la côte est des États-Unis, les fruits de mer et le poisson sont incontournables. Il y a un an, deux journalistes d’un quotidien local, le Boston Globe, révélaient un vaste système de fraude. Dans un tiers des cas, le poisson qui se retrouve dans l’assiette des Américains n’est pas celui qu’ils ont commandé. Grossistes, poissonniers, chefs cuisiniers, tous les maillons de la chaîne ont intérêt à tricher. La combine est simple : substituer à l’insu du consommateur des poissons nobles – et chers – par des espèces similaires, beaucoup moins chères. Un filet de poisson blanc ressemble beaucoup à un autre filet de poisson blanc : impossible pour les consommateurs de faire la différence !

Mathieu Sarfati et Jean-Pascal Bublex poursuivent leur enquête à New York où Jennifer Jacquet est professeure à l’université. Elle a réalisé, elle aussi, une vaste enquête en 2008 mettant au jour le même scénario… sans que les autorités réagissent pour autant. Elle décrypte le menu d’un restaurant de son quartier et désigne les plats où l’on trouve le plus de fraudes. Jean-Georges Vongerichten, chef français installé à New York depuis vingt- cinq ans, possède et dirige l’un des restaurants les plus cotés de la ville. Il connaît bien la musique, et dit être régulièrement victime de tentative d’arnaque à l’espèce… Mais, au Fulton Market, l’équivalent à New York de Rungis, les grossistes minimisent les faits et prétendent respecter les règles du business. Des règles bien minces… et peu de contrôles, car seulement vingt inspecteurs sont mandatés pour surveiller les étals et les tables de toute la côte est des États-Unis.

En France, depuis le scandale sur la viande de cheval, la filière du poisson a elle aussi été placée sous surveillance. En suivant sur le terrain les inspecteurs de la répression des fraudes et en remontant la filière du poisson, les deux réalisateurs tentent de comprendre qui fraude, et comment. Ils réalisent leurs propres tests sur les marchés, dans des grandes surfaces et découvrent que, comme aux États-Unis, les fraudes à l’étiquetage sont monnaie courante. Alors, en qui le client peut-il avoir confiance ? Quel avenir pour la filière du poisson, alors que la demande ne cesse de croître et que la ressource se raréfie ? L’aquaculture est-elle une bonne solution ? En France, ils se sont rendus dans une ferme aquacole qui déclare respecter la qualité du poisson et l’environnement. Ce n’est pas le cas partout. L’ONG norvégienne Green Warriors accuse ainsi les éleveurs de vendre des saumons qui sont loin de présenter toutes les garanties sanitaires, avec des conséquences environnementales catastrophiques.

L’avenir ne s’annonce guère plus engageant : en effet, aux États-Unis, une entreprise vient d’être autorisée à commercialiser un saumon OGM qui grossit deux fois plus vite que ses congénères non génétiquement modifiés… Les bénéfices pour l’entreprise s’annoncent considérables. Mais le consommateur sera-t-il bien informé quand il l’aura dans son assiette ?

 

Un film de Mathieu Sarfati et Jean-Pascal Bublex.

Production et crédit photo : Turbulences Prod.

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