Plus encore que le récit d'une fouille, Enquête sur le Nil relate une aventure archéologique exceptionnelle qui s'est déroulée sur plus de deux années et a mobilisé le concours de deux équipes de
scientifiques, souligne France 3.
Les premiers sont égyptiens ; ce sont des spécialistes de la fouille sous marine - ils appartiennent au centre d'archéologie d'Alexandrie - et ils réalisent la première exploration sub-aquatique
du Nil. La deuxième équipe est conduite par un archéologue français, Philippe Martinez, chercheur au CNRS, et par Kevin Cain, un américain passionné d'image numérique appliquée à l'archéologie ;
c'est une équipe internationale : outre des américains, elle comprend aussi un japonais et une architecte d'origine égyptienne.
Sylvie Tournier détaille le contenu du documentaire :
"D’Assouan — à 800 kilomètres au sud du Caire, où furent taillés les grands obélisques et autres statues de granit, et où le Nil fait son entrée en Égypte — à Louxor (l’ancienne Thèbes), en
passant par l’île Éléphantine et le site de Gébel Silsileh (qui abritait les grandes carrières de grès, la pierre avec laquelle sont bâtis de nombreux temples), le film remonte le cours du Nil et
la route la plus ancienne de l’histoire. Une aventure archéologique exceptionnelle, entre mer et terre, qui a mobilisé le concours de deux équipes de scientifiques. La première est égyptienne et
réunit des membres du Centre d'archéologie d'Alexandrie, des spécialistes de la fouille sous-marine. La seconde est internationale, conduite par un archéologue français, Philippe Martinez,
chercheur au CNRS, et par Kevin Cain, un Américain passionné d'images numériques appliquées à l'archéologie.
Plus de trois mille ans après l’Antiquité, le Nil est aujourd’hui loin d’avoir livré tous ses secrets. De nombreux vestiges reposent au fond de son lit, sans qu’aucun archéologue ne s’y soit
encore aventuré. Devant la caméra de Frédéric Wilner, l’équipe du Centre d'archéologie d'Alexandrie réalise donc une première en plongeant pour dresser une carte archéologique du fleuve. Sur les
rives d'Assouan et de la zone du Gébel Silsileh, les archéologues-plongeurs vont exhumer de belles découvertes : ports antiques engloutis, colonnes romaines ou pyramidions d'époque pharaonique,
céramiques, amphores, sans oublier plusieurs blocs inscrits et décorés, ultimes vestiges d’un temple disparu.
En parallèle à l’exploration du fleuve, la seconde équipe d’archéologues travaille à la surface, sondant quelques-unes des nombreuses carrières royales dont recèle la Basse Egypte. A proximité de
l’île Eléphantine se trouvent les célèbres viviers de granit rose, la pierre sacrée que s’arrachaient les pharaons. Les archéologues y découvrent un obélisque inachevé, un énorme monolithe en
cours de taille et abandonné par les ouvriers il y a environ 3 500 ans. Une belle occasion pour l’équipe d’examiner les empreintes des outils mais aussi les fissures de l’ouvrage qui livrent des
indices quant à la raison de son abandon. D’une hauteur de 42 mètres, cet obélisque pourrait être le plus grand connu, dépassant ceux de Karnac qui culminent à une trentaine de mètres. Mais les
découvertes spectaculaires ne s’arrêtent pas là… Dans une autre carrière, l’équipe de Philippe Martinez et de Kevin Cain décèle la trace d'un immense obélisque, de 52 mètres — soit le double de
l'obélisque de la Concorde, à Paris —, de plus d'un millier de tonnes, taillé à Assouan, mais dont on ignore ensuite le destin. L’ouvrage aurait-il sombré dans le Nil ? Aucune piste n’est
exclue…"
Crédit photo © Gaël Kerbaol - France 3 (Fouilles du Nil à Assouan / Ile Elephantine).
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