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Publié par Pascal Mis à jour 24/10 7h11

 

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Dès ce dimanche soir sur France 3, au-delà de 23 heures, programmation de « Déshabillez-nous », une nouvelle collection documentaire qui nous parle de nous-mêmes en plongeant dans notre intimité. Chacun des films va à la rencontre d'hommes et de femmes qui donnent accès à ce qu'il y a de plus secret dans leur existence et dans leur vie. En faisant appel au talent de réalisateurs et d'auteurs reconnus, ces films sont portés par un regard singulier et respectueux. Chacun de nous plonge dans un univers, grâce à des réalisations marquées par la volonté d'être au plus près de la réalité de chaque individu.

 

Premier sujet : Ces messieurs-dames...Ce sont des hommes, hétérosexuels, mariés et pour la plupart pères de famille, qui éprouvent depuis leur plus petite enfance le besoin de s'habiller en femme. Ils naviguent d'un genre à l'autre, ce sont des transgenres. Loin de l'allure provocante des travestis, ils préfèrent emprunter le style classique de femmes respectables. Pendant de longues années de souffrance et de solitude, ils vivent leur transgression de façon clandestine, jusqu'au jour où ils osent enfin «sortir du placard». Ils se réunissent alors entre «copines» pour faire du shopping ou dîner. Leurs femmes sont souvent leurs complices et vont jusqu'à les conseiller dans le choix de leurs tenues.

 

L'objectif de ce documentaire est de pénetrer ce milieu très méconnu et d'interroger l'histoire de ces "messieurs-dames" pour comprendre cette nécéssité presque vitale de se vivre en femme. Les transgenres filmés soit dans leurs tenues d'homme, soit dans leurs robes de femme, sont peut-être les mieux placés pour sonder le mystère qui différencie le masculin du féminin.

 

Un documentaire de Thierry Demaizière et Alban Teurlai. Production : Eléphant Doc.

 

Thierry Demaizière :

"Depuis Internet, les transgenres, qui étaient auparavant très solitaires, communiquent entre eux au travers de sites d’associations, dont « Les hommes fleurs ». Après y avoir passé une annonce de mon projet, j’ai reçu beaucoup de réponses, bien plus que je ne l'imaginais. Je les ai tous appelés, et comme j’ai une longue expérience de la radio, je fais confiance à la voix. Ainsi, pour l’Anglais Keith/ Kathie, en cinq minutes, j’ai su qu’il était mon personnage. Il n’y avait pas le début d’un doute.

Il était important que mes quatre personnages acceptent de se montrer aussi en homme, ce qui s’est avéré compliqué… Pierre/Jacqueline, vraiment malheureux en homme, a refusé, ainsi que Francis/Florence, le syndicaliste. À la fin du tournage, Florence a finalement accepté de se démaquiller et de livrer son visage masculin à la caméra. Mais ces deux personnages souffrent vraiment de se voir en homme. En revanche, Claude/Loane a accepté l’un et l’autre, ainsi que Keith/Katie, qui est de loin celui qui s'assume le mieux ! J’avais aussi demandé à rencontrer les épouses. Seule la compagne de Francis/Florence a accepté, mais filmée de dos, dans une voiture.

Mes quatre transgenres ont plus de cinquante ans et, pour la plupart, une vie de souffrance derrière eux, en tout cas une vie très secrète. Ils ont tous fait leur coming-out, affronté les sorties seul(e)s ou avec des copines, mais accepter d’être filmés les emmène encore plus loin, comme Claude/Loane, pour qui ce film est un moyen de l’annoncer à ses enfants et à ses parents. Les transgenres ne sont pas dans l’homosexualité refoulée, ils vivent un rejet du masculin et une fascination pour le féminin, pour la femme, le corps de la femme, les vêtements de la femme… Ils ont tous beaucoup de tendresse pour le deuxième personnage qu’ils abritent, et qu’ils ont fait naître très tard. Tous sont beaucoup plus heureux depuis qu’ils assument cette part-là. Et c’est très courageux de leur part, car ils savent parfaitement qu’ils ont une voix d’homme, qu’ils ne se feront pas opérer, donc qu’ils seront toujours très « visibles », mais on sent bien que c’est pour eux un besoin fondamental".

 

Crédit photo © ELEPHANT DOC.

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Mézé 27/10/2010 23:49



Bonsoir, je suis une toute petite nana Bio qui un jour d'automne a poussé la porte d'un site emplie d'Elles, en l'occurrence LaF (Lui au Féminin)... j'ai appris à connaître et comprendre ce
monde où de magnifiques Ils déploient leurs ailes pour venir à Elles et nous plaire... je n'ai pas vu le documentaire dont vous parlez, j'ai vu le film "Crossdresser" en compagnie d'un ami
travesti bien dans sa peau d'homme mais si heureux de devenir pour quelques heures, et souvent, une magnifique femme. Effectivement, il y a tant de façons différentes d'être travesti et de vivre
sa dualité : j'ai des ami(e)s qui se sentent mecs mais qui ont besoin, le temps d'une parenthèse de se sentir femme-fragile-fatale, j'ai des ami(e)s qui souffrent de se voir hommes dans la
glace et rêvent de passer de l'autre côté de miroir, j'ai des ami(e)s qui songent à l'opération pour tout oublier du monde masculin et devenir la femme qu'ils sentent être tant au
plus profond d'eux, j'ai même mon amant qui lui se fait femme pour plaire aux femmes et qui m'a ainsi bizarrement séduite... j'ai découvert, en ouvrant les portes de mon coeur, un monde
emplie de douceur, de beau, de fragile.... j'ai découvert ces Elles qui se sont présentées à moi la première fois, pour la plupart, en costard-cravates et qui maintenant me dévoilent leurs
frous-frous... j'ai découvert tant d'élégance et de dignité... mes belles fleurs m'ont redonné foi en l'humain ! c'est pourquoi, même si ces documentaires sont peut être parfois maladroitement
faits, ils ont au moins le mérite d'exister et de permettre à nos belles âmes tourmentées de lever un pan du voile sur leur vie si secrète... permettez moi, en simple bio-nana, comme mes
douces m'appellent si affectueusement, de dire à tous ces Ils qui rêvent d'être Elles que, un jour, c'est sûr, le monde sera plus beau... et ce jour là, je serai là, humblement, pour les aider à
tomber la veste et à vivre au grand jour... longue vie à la beauté intérieure...



Marieno 19/10/2010 18:29



Les personnes qui se définissent comme transgenre sont infiniment plus variées que ce que l'auteur de ce reportage décrit:


Il y a au moins autant de personnes qui sont dans un parcours de type femme-vers-homme que l'inverse

Il y a de nombreuses personnes qui ne se reconnaissent ni comme hommes ni comme femmes et qui considèrent que leur différence est liée à leur rôle dans la société (le genre) plus que leurs
corps

Il y a des personnes qui n'entreprennent pas d'opération de réattribution de sexe parce qu'elles estiment qu'elles ne donnera pas de résultats satisfaisants, et ceci pour de nombreuses
raisons.

Il y a des personnes qui, effectivement n'en veulent pas.

Certaines personnes s'identifient clairement à leur genre d'arrivée. Dans ce cas, dénommer par un "il" une personne qui s'identifie comme une femme est clairement insultant

D'autres personnes revendiquent un il/elle et là encore les réduire à un seul genre est insultant.

Dans tout les cas, que le journaliste veuille imposer à ses témoins de se présenter dans le genre auquel lui les réduit montre le peut d'empathie et de respect de ce dernier.



Bref, une fois encore, que des clichés et du voyeurisme! Il reste encore beaucoup de travail à faire. Mais je crains qu'il ne faille attendre des journalistes transgenres, transsexuel-le-s,
intersexes ou combinant ces différentes formes de la condition humaine pour que nous puissions voir un reportage vraiment respectueux.


 



Lloyd 18/10/2010 10:12



Je crois que Mireille Dumas avait réalisé un excellent sujet sur ces personnes.