Publié par Pascal 14/07 15h22

Léo Ferré est décédé le 14 juillet 1993, il y a vingt ans. Après un hommage rendu récemment sur Europe 1, au tour d'ARTE de proposer un programme consacré à cet artiste. Génération Ferré est diffusé à 18h05 ce dimanche 14 juillet.

 

"Enfant, il dirigeait des orchestres imaginaires sur les remparts de Monte-Carlo. Passionné de musique, il a appris seul la composition et l’harmonie, et a débarqué à Paris en 1946, à 30 ans, sans le sou. Comme nombre de ses confrères, Léo Ferré a débuté dans les cabarets de Saint-Germaindes- Prés aux riches heures de la chanson rive gauche. Mais il n’idéalisera pas cette période, rendant hommage au public “qui écoutait la chanson avec plaisir”, mais dénonçant “l’exploitation abusive des artistes” par les “tauliers”. Déjà Léo l’écorché vif dit ce qu’il pense à chaque fois qu’il en a l’occasion, un penchant contestataire qui, bien plus tard, en mai 68, rencontrera un formidable écho.

Puis viennent les premiers succès : “Monsieur William”, “Le temps du tango” ou “Paris-Canaille”. L’aide du mécène Rainier, qui met à sa disposition l’opéra de Monte-Carlo et son orchestre, met un terme aux fins de mois difficiles. Le chanteur réalise son rêve : diriger une formation symphonique et composer un oratorio pour “La chanson du mal-aimé” d’Apollinaire.

Léo Ferré n’a cessé de se renouveler, mettant en musique Baudelaire, Verlaine ou Rimbaud qu’il fit ainsi “descendre dans la rue”, chantant aux côtés des anars ou habitant passionnément la scène. La rupture violente, en 1968, avec Madeleine, épouse et muse, et la mort de la guenon Pépée, l’enfant chéri du couple, réveille d’anciennes blessures et lui inspirera de saisissants monologues : “Il n’y a plus rien”, “Pépée” ou encore “Avec le temps”."

 

Se replongeant dans les musiques et les textes de Ferré, interviewant ses proches, notamment son amie Benoîte Groult, ainsi que Bernard Lavilliers et Hubert-Félix Thiéfaine, ce documentaire retrace les diverses périodes de cette carrière multiforme, dessinant en filigrane le portrait d’un homme tourmenté et attachant. 

 

Documentaire de Jorge Amat et Robert Belleret (France, 2013, 52mn).  Coproduction : ARTE France, Kuiv Productions, INA.

 

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