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Jeudi 29 juillet 2010 4 29 /07 /Juil /2010 23:58

 

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Séries… Ton classement impitoyable ! saison 2009/2010.

Place 24 – PSYCHOVILLE Saison 1.

 

Diffusion sur BBC2 en Angleterre (1,37 million de téléspectateurs en moyenne). Aucun diffuseur en France.

Renouvelé pour une saison 2.

Créé et avec Steve Pemberton (David Sowerbutts / Oscar Lomax / George Aston) et Reece Shearsmith (Mr Jelly / Maureen Sowerbutts). Avec également Dawn French (Joy) et Jason Tompkins (Robert).

 

Indice Spoiler : 0/5

 

Vous ne connaissez probablement pas cette petite série à l’humour tellement ‘anglo-anglais’ qu’elle n’a dépassé les frontières de l’île que chez une poignée d’irréductibles sériephiles un brin psychopathes, avouons-le. C’est un peu comme si vous demandiez à un américain son avis sur SoeurTherese.com. Sauf que, bien sûr, notre chère Dominique Lavanant ne partage aucun, mais alors aucun point commun avec cette série, la plus grande bizarrerie qu’il m’ait été donné l’occasion de voir dans ma vie. J’aimerais quand même m’attarder un instant sur son audience : 1,4 million de téléspectateurs en moyenne en plein cœur de l’été. Ce seul chiffre, sidérant, prouve que tout, mais alors tout est possible à la télévision anglaise. Même si je ne suis pas toujours fan de l’English touch, il faut reconnaitre aisément que la télévision anglaise est probablement l’une des plus hétéroclites, des plus ambitieuses et des plus originales du monde entier. Voilà un pays ou la qualité, qu’elle que ce soit le style du programme, paye.

 

Et donc, pour tout avouer, je n’aurais probablement jamais eu vent de Psychoville, qui n’aurait pas pu mieux porter son nom, si je n’avais pas lu une critique abominable sur un site concurrent. Bien sûr, j’en tairais son nom. Mais ce site en question, ayant la spécificité de détester toutes les séries qui sortent plus ou moins d’un cadre conventionnel prédéfini à la Mentalist, je me suis dit ‘Tiens, Amaury, cette série est pour toi’. Alors, parler de cette série, ceux qui l’auront vu me comprendront, est très difficile. Ce serait comme résumer un film de Tarantino mais en infiniment plus barré. La série est un délire improbable, inimaginable pur produit anglais sorti de l’imagination déglingée de scénaristes tarés. Il vous arrive surement parfois de faire des rêves sans queue ni tête, sans le moindre sens, dépassant le cadre de votre imaginaire. Psychoville, c’est cela. En pire. Et c’est ce qu’il fait son génie.

 

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Le pilote pose immédiatement les bases et pendant 28 minutes, vous vous demandez bien dans quel univers de cinglés, à l’opposé radical de la fiction usuelle, vous avez bien pu tomber. La série est tellement grandguignolesque, grotesque à l’extrême, qu’elle en devient dérangeante. Voyez un peu : la série suit un groupe de personnes qui ne connaissent pas mais qui vont petit à petit recevoir des lettres anonymes, dans un style ‘Souviens toi l’été dernier’, clamant ‘Je sais ce que tu as fait’. Un slasher movie ? Un Harper’s Island anglais ? Loin s’en faut. Pour comprendre le style démentiel de la série, laissez-moi vous décrire la galerie de personnages.

 

Nous avons une ménagère siphonnée qui croit que son poupon est son vrai enfant, le nourrissant et lui injectant du sang pour lui donner vie. Un nain acteur de théâtre, qui a des pouvoirs télékinesistes et a joué dans du porno. Un arriéré mental sordide et sa mère serial-killer, elle-même interprétée par un homme, qui nouent des rapports incestes. Un clown dépressif, vulgaire et méchant et qui a un crochet à la place d’une main. Et enfin un vieux fou flippant, dans un style Merlin hideux, qui affronte une paire de siamoises infâmes pour mettre la main sur… une peluche en forme de crocodile.

 

La série voit donc évoluer cette galerie de personnages improbables dans leurs intrigues respectives plus barrées les unes que les autres. Si certains passages repoussent littéralement les limites du ridicule, l’ensemble fonctionne plutôt bien. Non pas grâce à la conclusion en elle-même qui n’a finalement que peu d’intérêt car l’on sait par avance qu’on va probablement avoir un épilogue absurde et sans aucun sens. Non, ce petit bijou maudit tient de son intérêt de par sa construction en elle-même.

 

psychoville104.jpg

 

La série est en fait construite dans la plus pure tradition des pièces de boulevard et ne se pose aucune limite de narration. De la même manière qu’un mauvais soap daytime le ferait, chaque scène est ponctuée d’un mini cliffangher grotesque qui donne irrémédiablement envie de voir la suite. Je me demande d’ailleurs si les malicieux scénaristes n’ont pas rajouté cette figure de style pour insister sur notre propre habilité de téléspectateurs au cerveau disponible à être réceptif aux cliffanghers, aussi ridicules furent-ils. C’est le fond de commerce des soap après tout. Oui car les cliffanghers de Psychoville, c’est du genre le vieux fou va-t-il remporter sa peluche crocodile aux enchères sur E-Bay ? Le bébé de l’autre foldingue est-il vraiment en train de se transformer en poupée meurtrière à la Chucky ? Malgré cette absurdité, on meurt d’envie de voir la suite, c’est tout le génie de Psychoville. Enfin, pour ma défense, cette histoire de poupée meurtrière est réellement jubilatoire !

 

De plus, chaque scène étant en réalité très courte, la série ne manque pas de rythme en dépit de certains épisodes plutôt rébarbatifs et descriptifs. C’est le danger de ce genre de séries over-the-top. Si elle marque une brèche dans le surenchérissement du ridicule, elle perd tout son intérêt. Un épisode marque toutefois l’apogée de la série et de son style boulevard. Il s’agit de l’inconcevable épisode 4, huit clos entièrement centré sur le duo mère / fils serials killer et se déroulant dans l’appartement même de l’une de leurs victimes alors qu’ils reçoivent la visite inopiné d’un agent de police… Un épisode bourré de quiproquos, de non-dits et de répliques hilarantes, de dialogues divins et de tours de passe-passe jubilatoires. L’épisode finit par une chorégraphie hallucinante qui fera date. On se serait véritablement cru au théâtre !

 

La série prouve enfin son génie lors de ses dernières scènes où le casting entier tente de percer le mystère des lettres. Bien sûr, je ne vous en dit pas plus. Mais imaginez l’épilogue de l’un des Scream dans lequel on remplacerait Neve Campbell et consœurs par un nain, un clown dépressif, un vieux fou… Vous commencez peut etre à imaginer le délire ! Alors jetez-vous sur Psychoville

 

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Conclusion : Invraisemblable, ridicule, grotesque, absurde, sans ni queue ni tête… Les adjectifs ne manquent pour qualifier ce petit bijou d’inventivité burlesque né du cerveau tordu de scénaristes anglais. Psychoville est une série frappée, comme jamais vous n’en avait vu. Elle n’est toutefois à mettre entre les mains de tous les publics. Vous pourrez tout autant en devenir amoureux comme la détester au plus haut point !

 

COLE. Twitter : http://twitter.com/Cole4616

(Crédit photos © BBC/DR. )

 

 

Prochaines chroniques vendredi puis lundi midi. Précédentes chroniques : http://www.leblogtvnews.com/categorie-11513584.html .

 

Participations également cette saison de :

Tao (Critik en Séries)

Lulla (Des News en Séries)

Alain Carrazé (8 Art City)

Pierre Langlais (Tête de séries)

Pierre Serisier (Le Monde des Séries)

Btv27 (Series Live)

Dylanesque (Dylanesque TV)

Et Boodream.

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Par COLE. Publié le 29/07/10. - Publié dans : Classement des séries 2010
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