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Lundi 19 juillet 2010 1 19 /07 /Juil /2010 22:40

 

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Séries… Ton classement impitoyable ! saison 2009/2010.

Place 31 – DESPERATE HOUSEWIVES. Saison 6 (classement saison 5 en 2009 : 33ème/40).

 

Diffusion aux Etats-Unis sur ABC le dimanche soir à 21h aux Etats-Unis (Moyenne de la saison 6 : millions de téléspectateurs). Diffusion en France sur Canal + le jeudi soir à 20h45 et sur M6 le mardi soir à 20h45.

Créé par Marc Cherry.

Avec Marcia Cross (Bree), Eva Longoria (Gabrielle), Felicity Huffman (Lynette), Teri Hatcher (Susan), Kathryn Joosten (Karen McCluskey), Dana Delany (Katherine), Ricardo Chavira (Carlos), Doug Savant (Tom), James Denton (Mike), Shawn Pyfrom (Andrew), Kyle MacLachlan (Orson), Richard Burgi (Karl)…

 

Attention pour ceux qui vont découvirr la saison sur M6 : Indice Spoiler : 3/5.

 

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21 mars 1980 : des dizaines de millions d’américains restent littéralement cloués devant leur écran de télévision en découvrant, effarés, qu’on avait tiré sur le personnage de J.R Ewing dans la cultissime Dallas. Le cliffangher était né. 15 ans plus tard, presque jour pour jour, ces mêmes américains s’arrachent les cheveux lorsque Kimberly Shaw active le détonateur dans le but machiavélique de faire exploser la résidence de Melrose Place. Et toujours 15 plus tard, le cycle satanique continue : MJ, le fils de Susan Mayer, allait-il recouvrir son crocodile en peluche dans Desperate Housewives ? Oui, Desperate Housewives a enfin relancé le suspens insoutenable des années d’or du soap.

 

Merci Marc Cherry. Merci Marc Cherry pour cette saison tout bonnement incroyable, à la tension insurmontable, que dis-je, diabolique. « Ne jamais sous-estimer une Desperate Housewives » nous dit l’affiche promo. Et croyez-moi, on ne les sous-estime pas. Vous les croyiez au fond du trou ? Et bien non, ne les sous-estimez pas ! Elles peuvent encore creuser ! Oui, nous avons eu droit à une saison extraordinaire. Une saison dans laquelle des couples sont restés ensemble, dans laquelle Lynette a préparé des pancakes, dans laquelle les enfants ont vendu des chocolats et dans laquelle Susan a fait plein de vide greniers trop sympathiques… Oui, une saison remplie de rebondissements exaltants et inattendus. C’est génial Desperate Housewives.

 

La série nous permet également de tirer de nombreux enseignements super cool sur la vie. Par exemple, saviez-vous que les méchants, en réalité, ça n’existait pas ? Ben oui, au fond, les serial killeur, ce sont des vrais gentils au grand cœur. Vous vous êtes fait kidnapper et votre ravisseur s’apprête à vous violer à quatorze reprises avant de vous dépecer au scalpel dans d’atroces souffrances ? Mon dieu mais que vous êtes idiot ! Vous n’avez rien compris ! Il s’apprête seulement à vous offrir deux semaines de vacances de rêve all inclusive dans une Thalasso aux Seychelles ! C’est pourtant évident ! Et dire que Lynette a cru que son agresseur, le gros mystère de la saison oserais-je rappeler, celui qui nous faisait espérer un cliffangher tonitruant, aller la tuer… Mais quelle sotte. Il l’a simplement aidé à accoucher, poussant le vice jusqu’à retourner le bébé en plein travail, avant de se rendre gentiment à la police. Welcome à Bisounours Lane.

 

Le season finale atteint en effet des cimes nirvanesques du n’importe quoi. Oublions le surréaliste accouchement de Lynette, doublé du fait que ni ses copines, ni son beauf de mari ne se soucient de savoir où et comment elle a accouché. Ce n’est pas la première fois que la série se pourvoie de ridicule et certainement pas la dernière. Non, là où les scénaristes nous prennent vraiment pour des cons, c’est le fait que Susan semble totalement se foutre de l’identité, enfin connue, de l’agresseur de sa fille !

 

Elle nous a bassiné pendant au moins 5 épisodes là-dessus, allant presque jusqu’à accuser la pauvre mère McCluskey qui n’arrive pas même à remettre son dentier en place, et quand on apprend enfin la vérité, madame préfère aller emmerder le voisinage pour récupérer les trois sous de son castré de mari. Bon, Il faut également dire que Susan a découvert dans la saison que sa fille couchait avec un mec plus vieux et n’était donc en réalité qu’une trainée, en tout cas selon la définition de Marc Cherry qui rassemble 99% des femmes. Non, vous ne me ferez pas dire ce que désigne le pour cent restant !

 

Mais, approchez approchez Mesdames et Messieurs, puisque dans la série, « on savait pas comment conclure l’intrigue et on vous emmerde », nous avons également le fils caché de Rex, mari défunt de Bree, qui va tout faire pour voler l’entreprise de cette dernière. Les scénaristes avaient su faire la monter la sauce avec ce personnage à la fois fascinant et inquiétant avant que l’intrigue ne passe à la moulinette de bons sentiments et ne soit jetée en pâture aux ménagères américaines conservatrices. En gros, c’est comme si à la fin de Halloween, Michael Myers décidait tout d’un coup de faire son mea-culpa et de dire « non, c’est bon, allez les gars, on oublie tout et on fait la paix autour d’une raclette. C’est moi qui régale ». Ben oui, vous vous souvenez, les méchants n’existent pas !

 

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Fort heureusement, ces rebondissements ridicules sont largement palliés par l’autre gros mystère de la saison : les Bové… Euh les Bolen. Oui, car en réalité, leur seul méfait est d’avoir saccagé un McDonald’s et d’avoir blessé un vigile. Mais chut ! On n’a pas le droit d’en parler ! Ben oui, toute la saison, dès qu’ils évoquent leur mystère, on passe tout de suite à la scène suivante car le FBI pourrait les écouter… Je rappelle qu’ils ne sont que de pauvres terroristes écolos dont personne n’a rien à foutre. A moins bien sûr que le FBI de FlashForward soit sur le coup, auquel cas, en effet, ils ont du souci à se faire. Mais non, ils agissent comme s’ils étaient les Bonnie and Clyde du 21ème siècle… Résultat des courses : leur secret est tellement secret que les scénaristes, eux-mêmes, ne le connaissent pas ! Et la saison se termine gaiement, ils quittent le naufrage et on ne saura jamais qui ils ont tué, ce qu'ils ont fait, ni quel est leur mystère ! Et après, on va chercher des noises à Lost pour un ours polaire ! A partir de ce moment-là, il y a deux solutions : soit les scénaristes sont extrêmement mauvais, n’ont vraiment plus aucune inspiration et il faut arrêter la série, soit Marc Cherry est autodestructeur et la gifle quotidienne s’accompagne visiblement d’une intrigue misérable. « Allez, tiens, tu pleureras pas pour rien ! ». Mais je tiens tout de même à dire que tout n’est pas à jeter. A vrai dire, loin s’en faut. Je dirais même que si Desperate Housewives n’avait que 13 épisodes par saison et qu’on laissait aux scénaristes le temps de faire leur boulot, on aurait une série correcte.

 

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En effet, les quelques tentatives de développement d’intrigues sont une réussite. Oui, je dis aussi du bien de Desperate Housewives. Je pense notamment à la géniale aventure entre Bree et Karl en début de saison. Voilà une intrigue amusante et inspirée… jusqu’à ce que la grande faucheuse Cherry passe par là évidemment. Richard Burgi ne doit visiblement pas être un adepte de la fessée publique. Et tout cela pour ridiculiser encore un peu plus le pauvre Kyle MacLachlan dont Dana Delany m’a avoué en personne que son intrigue était carrément pathétique. Tiens, Dana Delany, parlons-en, justement. Son personnage, Katherine Mayfair, est l’autre vraie réussite de la saison. Son intrigue de psychopathe totalement barrée emmenée par une formidable Delany, plus étincelante que jamais, était purement jubilatoire. Desperate n’avait pas eu d’intrigues aussi bitchy, aussi soapesque, oserais-je dire aussi Melrosienne, depuis fort longtemps. Mais alors, pourquoi l’avoir débaucher pour une autre série ? Elle n’a pas rejoint SOS Femmes Battus que je sache ! Non, vraiment, je ne vois pas… Mais qui veut la peau de Desperate Housewives bon sang ?

 

Là où cette saison, et surtout sa deuxième partie, prouve encore plus que Desperate Housewives est devenue une série fade et inutile est que ce qui constituait auparavant des petits défauts est aujourd’hui devenu légion. En d’autres termes, il semble que la gangrène de plan-plantitude se soit tellement propagée que la série a muté. Desperate Housewives est concrètement devenue une espèce de version ménopausée de l’émission de Sophie Davant, « C’est au programme » dont les sujets tournent autour des problèmes d’arthrites, de cellulite ou d’autres questionnements passionnants de la vie, du genre : « 10 conseils pour s’assurer que la morue de votre poissonnier est bien fraiche » (à prendre au double sens dans le cas des Housewives).

 

Et c’est exactement ce que la série est devenue : un espèce de formula show hybride de la ménagère lambda, un CSI des problèmes intestinaux, un Law & Order de la pile de linge. Chaque épisode est désormais quasiment stand alonien avec généralement deux Housewives qui se font une crasse pour des problèmes de gosses, du genre « mon gamin est plus intelligent » ou « ma fille n’a pas d’amis » puis elles se disputent, se rendent compte qu’elles sont deux connes qui n’ont vraiment rien d’autre à foutre, se réconcilient et rebelote l’épisode d’après.

 

Là où la série parvenait peu ou prou à cacher cette faiblesse avec une poignée d’intrigues fleuves réussies, aujourd’hui, elle n’y parvient plus. Le personnage de Gaby en est assez symptomatique. C’est bien simple : elle n’a aucune, aucune, aucune intrigue. Mais alors, aucune. Je n’ose parler de Carlos, carrément absent du final de la saison. Le fait que Lynette accouche d’un énième morveux n’est guère plus glorieux. Et pourtant, telle la drogue la plus dévastatrice qu’il soit, nous serons tous au rendez-vous l’année prochaine. Je pense en fait que Desperate Housewives est bourrée d’images subliminales qui envoient directement de la nicotine à notre cerveau et nous font revenir. Sinon, vraiment, je ne vois pas !

 

Meilleur épisode de la saison : 6.10 - Boom Crunch.

Pire épisode de la saison: 6.23 - I Guess This is Goodbye.

 

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Conclusion : Si l’on devait inventer la cure de désintoxication du ridicule pour les séries, le premier centre porterait clairement le nom de Desperate Housewives. Après une première partie de saison prometteuse, la série a de nouveau replongé dans ses pires travers, de manière encore plus structurelle. Desperate Housewives n’est plus un soap mais une chronique anémique de mères au foyer insipides. Ce n’est pas la vérité mais la nullité qui sort de la bouche des enfants. Fini les rebondissements diaboliques et les confrontations juteuses… En lieu et place, on se retrouve avec une version pseudo-scénarisé des anecdotes mortelles de votre tata Mireille et de son diablotin de rejeton. Reste plus qu’à espérer que Vanessa Williams mette un grand coup de pied dans la fourmilière. Si Marc Cherry me lit, c’est une manière de parler, hein !

 

COLE. Twitter : http://twitter.com/Cole4616

(Crédit photos © ABC /DR. )

 

Prochaine chronique mardi midi. Précédentes chroniques : http://www.leblogtvnews.com/categorie-11513584.html .

 

Participations également cette saison de :

Tao (Critik en Séries)

Lulla (Des News en Séries)

Alain Carrazé (8 Art City)

Pierre Langlais (Tête de séries)

Pierre Serisier (Le Monde des Séries)

Btv27 (Series Live)

Dylanesque (Dylanesque TV)

Et Boodream.

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Par COLE. Publié le 19/07/2010 à 12h00 - Publié dans : Classement des séries 2010
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