Séries… Ton classement impitoyable ! saison 2009/2010.
Place 33 – ENTOURAGE. Saison 6 (classement saison 2008/2009 : 8ème/40).
Diffusion aux Etats-Unis sur HBO le dimanche à 22h (moyenne saison 6 : 2,73 millions de téléspectateurs, +61 % par rapport à la saison 5).
Renouvelé pour une saison 7.
Créé par Doug Ellin.
Avec Jeremy Piven (Ari), Kevin Dillon (Drama), Kevin Connolly (E), Adrian Grenier (Vince), Jerry Ferrara (Turtle), Rex Lee (Lloyd)…
Indice Spoiler : 1/5
La saison de trop… voilà un terme que l’on utilise beaucoup dans notre petit jargon de sériesvores. A priori, rien de bien compliqué dans cette expression : pas de spin-off, de season finale, de multi-triple lead-cross over out. Et pourtant. Et pourtant, c’est une notion bien plus complexe qu’il n’y paraît. Il s’agit en effet bien plus qu’une simple succession de mauvais épisodes, auquel cas Las Vegas n’aurait eu que des saisons en trop. Non, non, fans de silicones, ne protestez pas à cette faible attaque puisqu’une saison en trop nécessite quoi qu’il en soit que la série ait été bonne auparavant, Las Vegas n’est donc pas concernée.
Une saison en trop est surtout une saison dans laquelle on sent, non seulement que les scénaristes n’avaient ni l’envie, ni les idées pour l’écrire mais surtout qu’ils en ont conscience. La gangrène se propage d’ailleurs très souvent aux personnages principaux qui n’évoluent plus, à l’arrivée de personnages secondaires sans intérêt, et aux acteurs généralement pas au meilleur de leur forme. Une espèce de cercle vertueux de la baisse de régime. La saison incriminée se finit d’ailleurs la plupart du temps par un rebondissement censé nous faire repartir sur de nouvelles bases pour la saison d’après. The OC avait ainsi brillamment redressé la barre après une saison 3 pitoyable en tuant la vénéneuse Marissa. Une saison en trop peut être également suivie d’un « Jump The Shark » (voilà qu’il recommence avec ses termes…) qui signe son arrêt de mort. Les puristes fustigent la série, l’annulent dans leur cœur et leur âme et les dernières saisons n’auront donc jamais existé dans les manuels des parfaits sériephiles. X-Files et Scrubs savent de quoi je parle…
Mais la série qui nous intéresse aujourd’hui, c’est Entourage. ‘A Lifestyle is a terrible thing to waste’ proclamait son slogan lors de son lancement il y a 6 ans déjà. Cela a bien évidemment toujours été, et pour notre plus grand plaisir, la base d’Entourage. Mais jusqu’à présent, la série parvenait à maitriser la dangereuse balance entre la vie oisive et les scènes fainéantes de nos quatre compères sirotant une pina colada entourés de bimbos et des intrigues plus creusées, des arcs passionnants et surtout des répliques jubilatoires. Et c’est en cela que le bât blessa cette saison. Finalement, Entourage est devenu la version télé-réalité de sa propre histoire : ‘Entourage bitches : the Real Hollywood story !’. Le show est devenu l’ombre de lui-même, la saison est clairement de trop et justement, le pire, c’est que les scénaristes en ont conscience, tentent de sauver les meubles mais se ramassent totalement. La sensation est d’autant plus terrible qu’en essayant de redonner vie à leur série, ils ne font qu’accentuer notre nostalgie sur de jours bien meilleurs…
Ironiquement, c’est pourtant la saison qui aura vu la plus grande évolution des personnages, notamment au niveau des personnages secondaires. Un critère peut donc ne pas être respecté. Turtle va à l’université, la belle affaire, l’intrigue ne sert strictement à rien. Drama, quant à lui, quitte sa série et fait une crise d’angoisse face aux producteurs de Melrose et E rejoint une importante agence. C’est le néant le plus total. Quid de la star de la série ? Pas mieux monsieur l’ambassadeur.
Ari est d’ailleurs la plus grande déception de la saison et est principalement à l’origine de la débâcle d’Entourage. La première erreur des scénaristes a été de l’affubler d’un boulet de première catégorie, à savoir le misérable Gary Cole, plus naze et déprimant que jamais. C’est un peu comme si on associait Sarah Wayne Callies à Barney Stinson dans How I Met Your Mother. La deuxième erreur, je le disais l’année dernière, c’est d’avoir fait retourner la veste d’Ari à la dernière seconde en lui faisant refuser sa place de directeur de studio. Bon sang mais c’était le rôle idéal ! L’occasion de déverser des répliques assassines, des rebondissements exaltants et une jubilatoire dénonciation de la colline cinématographique. Et bien non !
Alors oui, Ari racheté une grosse boite, paintballe les employés et devient le roi d’Hollywood. Globalement qu’est-ce que cela va changer ? Rien. En tout cas tout autant que le fait que E se marie avec l’autre cruche. Je suis mauvaise langue, au moins Ari n’occulte pas la moitié des épisodes avec des intrigues de minettes d’un ennui le plus abyssal qui auraient le plus grand mal à convaincre les fans du nouveau Beverly Hills. Du coup on a l’impression que les intrigues font un retour en arrière encore plus fort que le bond de 5 ans puissance -1 de Desperate Housewives. C’est limite si Jeremy Piven ne défile pas avec un panneau ‘Sortez moi de là’ tant on sent son manque de punch et son envie de nous faire rire.
Enfin, Ari reste en tout cas plus intéressant que Vince. En même temps, une loutre s’amusant avec une chaussette promettait une action infiniment plus palpitante que les intrigues de Vince cette saison. C’est bien simple, il ne fait littéralement rien. Mais quand je vous dis rien, c’est un néant presque inquiétant. Sa seule intrigue de la saison concerne une fumeuse voleuse de calbuts, fille illégitime de la chieuse de jacuzzi de Nip/Tuck. Dois-je vraiment vous parler de l’épisode récalcitrant qui nous propose trente minutes de golf ? Je vous ferais cette grâce. Seul Lloyd nous esquisse encore quelques sourires et s’impose comme seul poil à gratter du show, se détachant enfin d’un Ari paresseux. Il incarne l’un des espoirs nous permettant d’espérer une meilleure saison 7. Les derniers épisodes plutôt réussis semblent ainsi improviser un mea culpa inattendu sur une saison désespérément ronronnant et nous annoncer de jours meilleurs. Lloyd devient donc agent, Ari reprend du poil de bête et Vince se lance dans un tournage. La saison 7 d’Entourage sera un véritable tournant de la série. Si elle exploite, comme le savait le faire et on ne lui en demande pas plus, les pistes du final on aura quelque chose de bon. Dans le cas contraire, nos amis d’Hollywood se précipiteront tout droit dans la gueule du requin, qui n’aura pas cessé de les narguer durant toute la saison.
Conclusion : A trop flirter avec les codes de la télé réalité, Entourage a fini par s’engouffrer dans la brèche. Non seulement cette saison n’est pas inspirée, elle est lente et inintéressante mais en plus, chose qui paraissait impensable jusqu’à alors, les dialogues sont écrits à la pelle mécanique et ne nous esquissent plus un sourire. Notre regard de téléspectateur est passé de la lorgnette d’Hollywood à celle des chambres à coucher des quatre acolytes, spectacle navrant d’immondes bluettes indignes de la série. Entourage est une série culte, on peut donc lui pardonner cet écart, mais la saison 7 sera cruciale pour sanctifier la série ou au contraire l’enterrer comme fausse bonne idée de la décennie.
Meilleur épisode de la saison : 6.08 - The Sorkin Notes
Pire épisode de la saison : 6.02 - Among Friends.
COLE. Twitter : http://twitter.com/Cole4616
(Crédit photos © HBO /DR. )
Précédentes chroniques : http://www.leblogtvnews.com/categorie-11513584.html .
Participations également cette saison de :
Tao (Critik en Séries)
Lulla (Des News en Séries)
Alain Carrazé (8 Art City)
Pierre Langlais (Tête de séries)
Pierre Serisier (Le Monde des Séries)
Btv27 (Series Live)
Dylanesque (Dylanesque TV)
Et Boodream.
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