Séries… Ton classement impitoyable ! saison 2009/2010. Place 38 : FLASHFORWARD saison 1.
Diffusion sur ABC le jeudi soir à 20h (Moyenne saison 1 : 7,24 millions de téléspectateurs).
Diffusion sur Canal + le jeudi soir à 20h50.
Annulé après 1 saison (23 épisodes).
Créé par Brannon Braga (24).
Avec Joseph Fiennes (Mark Benford), John Cho (Demetri Noh), Jack Davenport (Llyod Simcoe), Dominic Monaghan (Simon Campos), Sonya Walger (Olivia Benford), Christine Woods (Janis Hawk) et Zachary Knighton (Bryce Varley).
Indice Spoiler : 1/5
« Qu’avez- vous vu ? ». Telle était la question matraquée par les campagnes de pub annonçant l’arrivée en trombe de « FlashForward » l’été dernier. Eh bien, nous avons enfin la réponse. Rien. Nous n’avons rien vu si ce n’est une série catastrophique, le plus gros ratage de l’année, l’un des plus gigantesques pétards mouillés de l’histoire de l’humanité des séries. FlashForward est un véritable cas d’école. Ou comment parvenir, de façon assez fascinante, à proposer une telle daube, car il n’y a pas d’autres mots, avec un pitch si prometteur ?
Bon, l’avantage avec FlashForward, contrairement au Prisonnier dont je vous parlais hier, c’est que nous sommes en présence de bonne médiocrité, de médiocrité si ridicule qu’elle fait plaisir à voir. Elle n’est pas coupée avec des rails de bons dialogues ni avec des barres de cohérence et encore moins avec de la poudre rythmique. Non, non, faites-moi confiance, vous pouvez y aller, celle-ci, c’est de la pure. Le réseau a d’ailleurs été démantelé par ABC qui a arrêté FlashForward en pleine possession de 23 épisodes de recel scénaristique et de contrefaçon de bon casting.
Alors pour ceux qui ne connaissent pas la série, en voici le pitch : pendant un énigmatique blackout général de 2 minutes et quelque, la population du monde entier se retrouve soudainement prise de visions sur leur avenir proche. Là où le bât blesse, c’est que le soudain blackout a aussi provoqué des millions de morts. Le FBI est donc malheureusement sur le coup. Oui, malheureusement, car si le FBI de FlashForward est réaliste, autant filer directement les plans de Maison Blanche aux terroristes, ce sera plus simple. C’est tout de même une véritable apocalypse qu’a vécu le monde, pire que le 11 septembre et… on met une équipe de deux ploucs pour enquêter sur ce traumatisme mondial. De qui se moque-t-on ? Je vous rassure, ce n’est guère mieux du côté des présupposés instigateurs de l’attaque. Pour vous résumer la chose, l’un est méchant et l’autre est gentil. L’un veut donc révéler la vérité au grand public, et l’autre non. Vous allez me dire, « mais alors le méchant va tenter de tuer le gentil pour cacher la vérité, il va y avoir un complot gouvernemental, des taupes, de la torture… ». Du 24, quoi. Et bien non, ils décident de trancher sur… une partie de poker qui dure un épisode. Oui, oui, comme dans Gossip Girl. Incroyable. Bon, evidemment, ce se sont que des pions et les vrais « coupables » sont révélés par la suite mais je ne vais pas tout nous révéler non plus !
L’un des méchants est interprété par Dominic Monaghan. Pour vous donner une idée de son interprétation, c’est entre Michael Rapaport, Mini-Moi d’Austin Powers et Ian Somerhalder dans Vampire Diaries. Vous me direz, c’est toujours plus original que l’expression monofaciale de Joseph Fiennes à la Sam Neil dans Jurassic Park, mais là n’est pas le sujet. Le vrai problème de FlashForward se situe clairement dans ses scénarios. Le paradoxe est que je pense que les scénaristes sont en eux-même talentueux mais finalement ABC les a tué. FlashForward est une série si marketée, si parfaitement calibrée pour cartonner qu’elle se sera finalement plantée.
Je m’explique : ABC a probablement dû donner des consignes d’intrigues aux scénaristes : réserver les gros rebondissements pour les sweeps, simplifier le tout pour ne pas perdre d’audience et ainsi de suite… Ce n’est pas le coup d’essai de la chaine qui a par exemple ruiné Alias en leur interdisant de faire des cliffanghers. Résultat des courses, les scénaristes n’ont pas su gérer leur produit. On se retrouve en présence d’un incroyable gloubiboulga scénaristique avec des épisodes qui meublent à n’en plus finir.
FlashForward aurait probablement été un excellent téléfilm. Les scénaristes avaient le début, le milieu et la fin, ça nous fait 3 épisodes. Sauf que, malheureusement pour eux, ils ont dû en écrire 20 de plus… C’est alors qu’ils se sont retrouvés avec une idée de génie : faire de chaque épisode un véritable clip show. On croirait regarder la première série à destination de personnes souffrant d’Alzheimer. C’est sidérant. Si à la fin de la saison, vous ne souvenez toujours pas des flashforward des différents personnages, pardonnez-moi, mais vous risquez carrément un claquage de neurones en regardant Les Frères Scott.
C’est bien simple : ils sont remontrés au moins 20 fois par épisodes. Chaque épisode est ainsi constitué des sempiternelles même scènes remontrées à l’infini. C’est juste insoutenable. Le schéma des épisodes est en réalité très simple : on fait une énorme avancée dans le cliffangher, à savoir durant la dernière minute et l’épisode suivant est, sans exageration, un espèce de best of des cliffanghers précédents. Cela en devient tellement exaspérant que j’ai fini par regarder seulement les 3 dernières minutes des derniers épisodes de FlashForward, et croyez-moi, pas un détail ne m’a échappé.
Mais alors que font-ils le reste du temps, vous allez me dire ? Eh bien, on meuble entre intrigues d’amourettes que même Kevin Costner refuserait d’interpréter, jacasseries de Dominic Monaghan en James Bond du pauvre, le FlashForward philosophico-inutile du jour et l’enquête qui piétine à mort. Mais quand je vous dis qu’elle piétine, c’est carrément du foutage du gueule. Même si on mettait Joseph Fiennes dans le commissariat des clairières de Julie Lescaut, où c’est limite si le coupable ne vient pas se dénoncer lui-même, il serait incapable de résoudre l’enquête ! On a par exemple un épisode entier, centré sur un nazi qui soi-disant sait des choses alors que le mec tente juste de négocier une immunité. On n’avance donc évidemment pas du tout. J’ai carrément vu le moment où ils allaient arrêter un pauvre voleur d’épicerie en le suppliant de balancer une info… C’est juste ridicule.
Pourtant, ils étaient plutôt bien partis. Au début de la saison, ils découvrent ainsi une vidéo où l’on voit que, effectivement, un homme ne s’est pas évanoui pendant le FlashForward. 12 épisodes plus tard, ils n’ont pas avancé d’un iota. Ben oui, attendez, ils n’ont pas que ça à faire ! On a notamment un épisode surréaliste, aberrant, inutile, voire carrément indigne où le Sénat menace de fermer l’enquête sur les flashforwards. Concrètement, pendant 42 minutes, on voit donc Joseph Fiennes défendre son dossier en racontant point par point tout ce qu’il s’est passé pendant les épisodes précédents, sans la moindre avancée. Ah non, mais les gars, ça peut pas le faire ! Il leur a déjà fallu 312 épisodes pour parvenir à faire fonctionner la Senseo, alors si en plus on leur met des bâtons des roues… Le pire étant qu’on fait un épisode entier là-dessus.
Je suis probablement sévère… l’épisode suivant a surement permis des progrès considérables pour se rattraper. Ah non, c’est vrai qu’il a fallu faire un épisode centré sur la femme de Fiennes, jouée par Sonya Walger, et dont le flashforward présage qu’elle va le quitter pour un homme qui n’est autre que le gentil scientifique qui joue l’avenir de l’humanité sur une partie de poker. Bon, et bien, l’épisode d’après alors… Toujours raté. Ils n’ont rien trouvé de mieux, alors que la série n’avait pas progressé depuis le pilote, de faire un épisode entier sur un infirmier qui travaille avec la femme de Fiennes et qui va chercher l’amour en Russie… Je vous jure que c’est vrai. Un pur foutage de gueule. J’ai vu le moment où ils nous sortaient un épisode centré sur la femme de ménage de Fiennes, sur son boucher ou encore sur son rat d’intérieur. En tout cas, on comprend mieux pourquoi HBO avait refusé de produire la série !
Conclusion : N’est pas Lost qui veut. A vouloir rallonger artificiellement ses intrigues pour maintenir son faux suspens, FlashForward aura drainé son audience. Loin de la série mystérieuse et ambitieuse que nous l’on promettait, on s’est retrouvé en face d’une série B anecdotique, inutile, paresseuse et d’un ennui cosmique. Le processus d’identification à l’intrigue aura en tout cas parfaitement fonctionné. C’est le téléspectateur qui se retrouve plongé en plein black-out !
COLE. Twitter : http://twitter.com/Cole4616
(Crédit photos © ABC /DR. )
Place 37 à découvrir dès jeudi midi sur le blog.
Précédentes chroniques : http://www.leblogtvnews.com/categorie-11513584.html .
Participations également cette saison de :
Tao (Critik en Séries)
Lulla (Des News en Séries)
Alain Carrazé (8 Art City)
Pierre Langlais (Tête de séries)
Pierre Serisier (Le Monde des Séries)
Btv27 (Series Live)
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