Séries… Ton classement impitoyable ! saison 2009/2010.
Place 26 : HOUSE – Saison 6.
Classement 2008 / 2009, saison 5 : 18ème.
Classement 2007 / 2008, saison 4 : 3ème.
Diffusé sur la FOX le lundi soir à 20 h (moyenne saison 6 : 12,7 millions de téléspectateurs, -5% par rapport à la saison 5).
Diffusion le TF1 à 20h40.
Créé par David Shore.
Avec Hugh Laurie (House), Lisa Edelstein (Lisa Cuddy), Robert Sean Leonard (James Wilson), Eric Foreman (Omar Epps) et Jennifer Morrison (Allison Cameron).
Star de TF1, chouchou des téléspectateurs avec son ami le Mentalist, House est une série vénérée depuis ses débuts et les répliques de son héros cynique sont devenues cultes. Mais après six saisons, l’année 2009-2010 ne signerait elle pas le début de la fin pour ce bon vieux docteur ? Tous les signes le laissent penser. Des audiences en chute sur la Fox, un Hugh Laurie qui ne cache pas son envie de clôturer la série lors de nombreuses interviews et une créativité en panne du côté des auteurs où chaque épisode a un sentiment de déjà vu et où une routine de plus en plus assommante s’installe. Non, House n’est pas devenue une mauvaise série, sûrement pas. La série s’est seulement mise à ronronner un peu trop fort. C’est toujours sympathique à regarder mais elle a quasiment perdu tout son intérêt et le seul charme reste dans l’interprétation toujours aussi jubilatoire de son acteur principal. Et cela même si House se ramollit au fur et à mesure des épisodes. Ramolli, c’est le mot que je cherchais. La série s’est ramollie et s’endort progressivement. Offrant semaine après semaine les mêmes histoires, les mêmes déclics. Si ça pouvait encore marcher l’année dernière, ça devient trop mécanique. On donne bêtement au téléspectateur ce qu’il réclame sans oser le perturber. Sa petite dose de vicodine, sa dose de méchanceté inoffensive.
House assume de plus en plus ouvertement son rôle de vrai faux méchant dont les répliques acides ne choquent plus et qui sont balancées par habitude pour justifier son statut d’antihéros cachant au plus profond de lui un grand cœur. Et cela devient de plus en plus dérangeant, en particulier vers la fin de la saison où il se transforme en un docteur love sauvant tour à tour la vie amoureuse de Wilson, de Taub et sa propre vie sentimentale. On sent House fatigué d’être le méchant de l’histoire et il aspire désormais à un peu de bonheur qu’il s’est souvent lui-même refusé. Certes, il s’agit d’une évolution logique du personnage. Ça ne m’empêche pas d’avoir du mal avec cette transformation, tant la série se résume souvent au caractère irascible de son génial rôle-titre. La fin de la saison ne me donne pas plus d’espoir, celle-ci tombant dans la niaiserie et la facilité. Quand House fait du côté du politiquement correct, un comble.
La saison 6 avait pourtant bien commencé grâce à un double épisode formidable mettant en scène House dans l’hôpital psychiatrique où il s’était fait interner à la fin de la saison précédente. Hugh Laurie y est fantastique et porte par son seul charisme ce season première. Pour le souligner, aucun autre personnage récurrent (à l’exception de Wilson pour une courte séquence) n’apparaît dans cet épisode qui ferait presque office de téléfilm indépendant entre deux saisons. Ce magnifique épisode terminé, on retombe assez rapidement dans la routine. Toujours le même procédé. La maladie se déclare avant le générique, diagnostics différentiels, examens, traitements, rechutes et happy end à la fin. Ça devient systématique et je commence sérieusement à m’en lasser. Pour donner le change, on a droit à un véritable fantasme de fans, l’ensemble de l’équipe première et seconde génération s’unissent pour gérer les cas médicaux. On attendait cela depuis longtemps et le résultat est assez sympa. Mais l’ennuie rôde toujours dans les couloirs de Princeton Plainborough, à l’image des patients. Ils défilent les uns après les autres de manière fantomatique sans laisser une grande impression. Pour tout dire, j’aurai bien du mal à vous parler de l’un d’entre eux. A peine quelques semaines se sont écoulées depuis la fin de la saison et c’est comme ci ces malades n’avaient jamais existé dans mon esprit.
Seul malade à me rester en mémoire et pas spécialement pour un bon souvenir, l’impressionnant James Earl James. Le grand gaillard incarne un dictateur africain assez terrifiant. Je ne vous parle même pas de Sarah Wayne Callies. Je comprends pourquoi les scénaristes de Prison break ont fini par lui couper la tête… puis la lui recoller.
Premier coup dur de la saison 6, le départ de Jennifer Morrison. Après avoir été moins présente ces dernières années depuis la refonte de l’équipe, elle quitte le navire pour des raisons artistiques selon la production. C’est dommage. Car si Cameron m’a toujours beaucoup énervé à jouer la nunuche, elle a le mérite de ne jamais m’avoir laissé indifférent. A l’inverse Foreman, Taub et 13 sont de plus en plus transparents au fil de la saison. Oui, Cameron était chiante, mais c’était notre chieuse à nous. Alors pourquoi nous l’enlever ? Néanmoins il faut bien le reconnaître, son départ ne change rien à la dynamique de la série. Le personnage se fait vite oublier et on reprend le train-train habituel en glissant de temps en temps une réplique pour montrer qu’elle n’a pas totalement disparu de la surface de la terre. A la suite de ce départ, Chase son cher et tendre devient même un peu plus supportable à mes yeux. Comme si jeté aux ordures comme une merde l’avait rendu plus sympathique. Que voulez-vous, la solidarité masculine ça existe aussi. Je remercie aussi le coiffeur de Jesse Spencer, je ne supportais plus ses expériences capillaires d’un goût douteux.
La saison étant placée sous le signe de l’amour. On n’échappe pas à l’exploration de la pathétique vie de couple de Taub et de sa Taubette. Qui ça intéresse sérieux ? Personne, non personne. Si vous dîtes l’inverse dans les commentaires, je vous plains car votre vie ne doit pas bien être intéressante pour trouver celle de Taub fascinante. La Taubette aurait mieux fait de continuer à jouer les figurantes deux fois par an dans une séquence musicale car elle n’a rien à dire la pauvre.
Cynthia Watros (Libby dans Lost) passe aussi jouer les amoureuses pour Wilson. Comme si les problèmes de cœur de personnages étaient devenus la priorité numéro uno de la série. Cette relation n’apporte rien. C’est Amber all over again, la mort en moins. Pourtant Dieu sait que Cynthia Watros le mérite. A retenir quand même l’hilarant double rendez-vous où House arrive au bras d’un transsexuel.
L’amitié entre House et Wilson est néanmoins l’un des thèmes au centre de cette saison et pour le coup c’est très réussi. D’autant plus savoureux qu’il est rare de voir à la télévision l’analyse d’une grande amitié entre hommes d’âge avancé et cela sans la moindre ambiguïté ou subtexte gay. Oui je me suis maté quelques épisodes de Magnum sur 13e rue et il y a clairement un gay vibe entre le petit moustachu et le grand moustachu. A l’image de Higgins et Magnum, deux docteurs se chamaillent et se réconcilient à volonté. C’est certainement la relation la mieux écrite de la série car elle est à multiples facettes. House et Wilson aimant se jouer des tours, parfois vache, tout en sachant que cela n’affectera pas leur amitié. Quand la série arrivera à sa fin, je veux une scène finale entre House et Wilson juste avant l’écran noir.
J’en viens au point le plus sensible de la saison 6. S’il y a un moment pour arrêter de lire cet article, c’est maintenant. Après il sera trop tard. Consécration pour les uns, ultime trahison pour les autres, moi y compris.
La série finit par céder aux sirènes commerciales et offre au public, ou du moins à une partie de celui-ci, ce qu’il réclame depuis des années. Un vrai baiser d’amour entre House et Cuddy, bien décidés à explorer le non-dit qui existe entre eux depuis bien trop longtemps. En réunissant Cuddy et House à la dernière minute, la série prend un énorme risque. Tellement énorme, j’espérais qu’elle ne le prendrait jamais. Une part de la saveur de la série réside dans les dialogues piquants et les jeux de manipulations entre House et Cuddy. Et on met en danger ce subtil équilibre pour quelques bisous entre les deux personnages. Au risque de rendre les personnages mielleux. House souriant aux blagues de Cuddy et elle pouffant devant l’une de ses nouvelles vacheries. Si on trouvait que House devenait un peu trop gentil dans les derniers épisodes, un House heureux risque de ne rien arranger. Bref, je ne le sens pas du tout. C’est encore plus rageant dans la mesure où l’on avait trouvé un bon compagnon pour Cuddy, collant bien à l’univers de la série. La saison 7 sera dès lors cruciale pour la suite de la série. Le risque en vaudra-t-il la chandelle ? Je suis très loin d’en être convaincu.
Meilleur épisode de la saison : 6.01 Broken.
Pire épisode de la saison : 6.15 Black hole.
Bilan : Une saison en dents de scie où les virages scénaristiques n’ont pas été très heureux rendant le personnage de House et sa série moins mordants. Si la série est toujours agréable à regarder, elle est désormais devenue une habitude et est trop confortable. Et si ce n’est pas mauvais, on ne peut pas non plus dire que c’est du grand House. La suite de la série sera déterminante, mais déjà j’ai un mauvais pressentiment. Clairement le meilleur de la série est derrière nous et il faudra désormais s’en contenter.
Par TAO du site Critik en Séries
Place 25 à découvrir dès mercredi midi sur le blog.
Participations cette saison, pour aider Cole, de :
Tao (Critik en Séries)
Lulla (Des News en Séries)
Alain Carrazé (8 Art City)
Pierre Langlais (Tête de séries)
Pierre Serisier (Le Monde des Séries)
Btv27 (Series Live)
Dylanesque (Dylanesque TV)
Et Boodream.
Merci à :
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