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Mercredi 28 juillet 2010 3 28 /07 /Juil /2010 20:20

 

 

 

 

Séries… Ton classement impitoyable ! saison 2009/2010.

Place 25 – GLEE Saison 1.

 

Diffusion sur la FOX le mercredi soir à 21h. Et sur le bouquet Orange en France. 

Renouvelé pour une saison 2.

Créé par Ryan Murphy (Nip / Tuck).

Avec Jane Lynch (Sue), Lea Michelle (Rachel), Matthew Morrison (Will), Dianna Argon (Quinn), Chris Colfer (Kurt), Jessalyn Gilsig (Terri), Cory Monteith (Finn) et Mark Salling (Puck).

 

Indice Spoiler : 0/5

 

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Que l’on soit fan ou non du phénomène Glee, tout le monde peut s’accorder sur un point : Ryan Murphy est un génie. L’homme a réussi à créer une série d’un ordinaire repoussant et aux désagréables relents Efronesques et à nous la vendre comme l’invention du siècle, le phénomène du millénaire, la meilleure série de l’histoire. C’est tout de même génial. Vous imaginez dans quel monde vivrait-on si Ryan Murphy avait créé Walker ?

 

Ryan Murphy est donc monsieur « Nip/Tuck ». L’homme fait littéralement chier ses personnages féminins dans les jacuzzis, les transforme en taxidermistes anales avant de les achever à coup de pénis. On l’adore et on le déteste. Mais quoi qu’il en soit, nous étions légitimement en droit de nous attendre à une espèce de version politiquement incorrecte, second degré et parodique des mièvreries de Disney Channel.

 

Le pitch peut en effet s’apparenter à de la soupe prépubère caractéristique de tout un tas de séries que je ne citerais évidemment pas ici afin de ne froisser personne : ce n’est pas mon style. Loin de moi l’idée de révéler que je pensais à High School Musical et, top du top de la stérilité cosmique, Camp Rock. Glee est donc une série musicale aux allures de teen soap racontant les péripéties d’une chorale au cœur d’un traditionnel petit lycée américain. Sauf que, la différence, comme je vous le disais, c’est que l’une est dirigée par Ryan « Bite, chatte, couille » Murphy et l’autre par Kenny « We love you Michael, you’re the best » Ortega.

 

Et c’est justement bien dans l’optique d’un anti teen show que la série a débuté. Le pilote, bancal, et la première partie de saison, bien meilleure, posent les bases. Dans Glee, la star de la chorale est une geek tête à claque et arrogante qui se croit dans une comédie musicale à longueur de journée. Dans Glee, le quaterback est un gentil idiot qui croit que l’on peut faire des enfants sans rapports sexuels tandis que sa copine, cheerlader et présidente du club de chasteté, s’envoie en l’air avec son meilleur ami. Les profs ? Pas mieux. La femme de Will, le prof de chorale, est une mythomane parano formidablement interprétée par Jessalyn Gilsig, qu’une autre prof ferait passer Monk pour un lépreux. Prometteur.

 

La première partie de saison est ainsi de bonne facture, ne cesse de monter en puissance à chaque épisode. La série joue avec les clichés, les retourne sans cesse et allie à la fois le soap, la comédie, le musical : une réjouissance. Et puis, évidemment, il y a Jane Lynch. Son interprétation de Sue Sylvester, prof de sport déjanté, machiavélique, jubilatoirement odieuse, cynique, hargneuse et arrogante est une pure délectation. Sans Jane Lynch, je n’aurais sans aucun doute jamais fini la saison.

 

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On se rend en effet compte au fur et à mesure de la saison que les improbables caractéristiques de ces personnages ne sont finalement qu’illusoires et n’ont servi qu’à vendre le show pour ce qu’il n’est pas. La FOX a voulu créer un phénomène de société de toute pièce avec une série qui n’aurait jamais dû le devenir. Qui crée un phénomène de société ? Les gamines de 14 à 17 ans. Vous avez tout compris. Comment voulez-vous que les scénaristes aient la liberté de faire une série déjantée qui se moque ouvertement des phénomènes de société stériles, quand elle-même a l’ambition d’en devenir un ? Une œuvre, quelle qu’elle soit, ne peut être l’arroseur et l’arrosée, ne peut être premier degré et pastiche en même temps ! C’est le serpent qui se mord la queue ! Glee est, au fil de la saison, devenu la série type qu’elle voulait parodier.

 

Quand on y réfléchit, la situation est réellement saugrenue et burlesque. Ryan Murphy avait pour idée de se moquer ouvertement des teen show basiques avec Glee, les antipersonnages qui constituent la série le prouvent. L’homme développe ainsi sa série et nous pond un pilote assez barré : les rôles principaux de la série sont constitués de ceux qui sont habituellement raillés dans les séries de ce type : un gay, un handicapé moteur, une geek insupportable, une black obèse... Tiens, se dit-on, on va enfin pouvoir se marrer !

 

Puis, FOX vient le voir et lui explique gentiment qu’elle a flairé un bon filon, qu’elle va faire de Glee un phénomène et qu’il va donc falloir plaire au public de base habituel. Imaginez la situation : Murphy s’est donc retrouvé avec un casting totalement dingue sur les bras, une espèce de cour des miracles, de Carnivale de la série ado, quand, tout d’un coup, on lui a finalement demandé de nous pondre de l’High School Musical. C’est comme si, je grossis volontairement le trait, on demandait à Kurt Sutter de faire 7 à la maison avec le casting de Sons of Anarchy ! Résultat des courses : on passe petit à petit d’un second à un premier degré et la galerie de personnages colorés se retrouve enfermée dans les sempiternelles mêmes intrigues qu’à l’accoutumé. C’est bien beau d’avoir un délicieux enrobage mais si son cœur reste fade, c’est toute la friandise qui devient immangeable.

 

Et oui car en deuxième partie de saison, le bât blesse. A sa décharge, il faut reconnaitre que Glee a été victime d’un véritable acte de terrorisme de la part des équipes marketing de la FOX, un showjacking comme l’on dit dans le langage des séries. La chaine a littéralement remplacé les scénaristes par des équipes de com’. Et croyez-moi, ce n’est pas une figure de style que de dire cela.

 

La série est devenue tellement marketée qu’on dirait que chaque scène est minutieusement conçue dans le but spécifique de créer le buzz ou de vendre un produit dérivé. Et tant pis si la série abandonne tout arc scénaristique, toute ironie et malice dans son scénario. La première partie de saison pouvait être critiquée mais à défaut, on avait des intrigues et des rebondissements à se mettre sous la dent : la grossesse de Quinn, l’homosexualité de Kurt, les manipulations tordues de Teri, les coups en douce de Sue… Mais par la suite, ce n’est pas le tout mais vous comprenez, les scénaristes n’ont plus eu le temps de s’occuper de toutes ces intrigues. C’est secondaire! Ben oui, il a fallu faire l’épisode spécial Madonna, l’épisode Lady Gaga, la venue de Neil Patrick Harris en guest star… Bref, Glee est devenue un pur produit soporifique et sans la moindre ambition scénaristique.

 

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Alors qu’elle était assez imprévisible à ses débuts, Glee finit ainsi par mettre en place une insupportable mécanique mal huilée et redondante à chaque épisode. Murphy a en effet trouvé la méthode idéale pour High School Musicaliser ses personnages loufoques : allier intrigues de base et leçons de tolérance. Les pucelles adorent, la ménagère adhèrent : jackpot. Les épisodes commencent ainsi toujours par l’annonce de l’artiste du jour qui s’est aperçu qu’un passage dans Glee allait faire augmenter ses ventes de disques. Dans ses récentes interviews, on a d’ailleurs l’impression que Ryan Murphy est devenu le Don Corléone du pauvre de l’industrie musicale. Enfin passons. Et donc, à partir de cet artiste, Will, le prof de chorale, décide d’un thème qui va signer le déroulé de l’épisode. Des thèmes qui, je me marre encore, se veulent précurseurs.

 

Je vous rassure tout de suite, ces thèmes sont tellement avant-gardistes que même le Cosby Show n’osait pas les traiter en 1984… car c’était déjà has been. C’est du genre « accepte toi comme tu es », « le racisme c’est pas beau », « les homo, ils sont comme toi et moi, d’abord !» et mon préféré : « les handicapés, ils ont des émotions aussi, merde ! ». Bref c’est éculé, épuisé, ressassé. Puis on cherche tellement à nous faire passer le message de manière grossière, avec des intrigues piteuses et ras les pâquerettes, que l’objectif recherché est raté.

 

Et quand enfin, les scénaristes, euh les équipes de com’, se décident à lancer une intrigue, on retourne sempiternellement au même pseudo-suspens ridicule : le Glee Club est menacé. Badabam. Ben oui, la série a été renouvelée pour deux saisons supplémentaires et on va fermer la chorale. C’est pitoyable. Malgré tout, je dois avouer que la série est quelque peu remontée dans mon estime lors des deux derniers épisodes, beaucoup plus rythmées, réjouissants, riches en intrigues et surtout prometteurs pour la saison 2. On peut espérer que la série parvienne, tant bien que mal, à prendre son envol. Mais entre les multiples nouveaux guest, un épisode Britney, Madonna le retour et tout le tutti-cuenti, il va falloir en bruler des cierges.

 

Reste un élément dont je n’ai pas parlé et qui constitue pourtant le cœur du show : les prestations musicales. Je suis en effet très partagé sur la question. La plupart sont de très bonnes factures voire carrément excellentes pour certaines. Je retiendrais entre autres les reprises de Run Joey Run, Beautiful, Don’t Rain in My Parade, Bad Romance, Vogue… Et ma préférée : l’hallucinante Maybe This Time (Cabaret) avec l’exceptionnelle Kristin Chenoweth dont je suis infiniment fan. Je dois abdiquer : musicalement parlant, on est bien au-dessus de High School Musical, que ce soit d’un point de vue technique, de choix musical ou de mise en scène. Il est donc un peu regrettable que le playback, parfois très grossier, donne à certains numéros une désagréable impression de bâclé. On passera également sur les moyens de production effarants de certaines scènes, notamment un numéro tonitruant de Kiss avec feux d’artifice alors qu’ils sont censés être en répétition et n’avoir pas d’argent ! Ben voyons.

 

Glee_S1_-1-.jpg

 

Meilleur épisode de la saison: 1.13 - Sectionals

Pire épisode de la saison : 1.16 - Home

 

Conclusion : Nous voilà typiquement en présence d’une série ayant cédé aux sirènes de l’audimat. Souhaitant créer un phénomène de toute pièce, la FOX s’est emparée de la pauvre série de Ryan Murphy en la marketant à n’en plus finir afin de créer le buzz à l’infini. Résultat des courses : les développements d’intrigues entamés au début de la série sont rapidement mis au placard pour laisser place à des épisodes indépendants tout juste prétexte à aligner un maximum de chansons pouvant générer du cash sur ITunes. Glee est finalement devenue la série qu’elle voulait parodier ! Dommage tant la série était fraiche, drôle, second degré et surtout emmenée par la magistrale Jane Lynch. Les derniers épisodes nous redonnent une lueur d’espoir quant à l’ambition de la série. Quid de la saison 2 ? 

 

COLE. Twitter : http://twitter.com/Cole4616

(Crédit photos © FOX /DR. )

 

Prochaines chroniques jeudi et vendredi midi. Précédentes chroniques : http://www.leblogtvnews.com/categorie-11513584.html .

 

Participations également cette saison de :

Tao (Critik en Séries)

Lulla (Des News en Séries)

Alain Carrazé (8 Art City)

Pierre Langlais (Tête de séries)

Pierre Serisier (Le Monde des Séries)

Btv27 (Series Live)

Dylanesque (Dylanesque TV)

Et Boodream.

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Par COLE. Publié le 28/07/2010. - Publié dans : Classement des séries 2010
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