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Publié par François 23/09/2011

 

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Les mystères de Pyongyang contés par Gilles de Maistre, ou l'épopée insolite de six touristes français en Corée du Nord. Tourné clandestinement dans le pays le plus fermé du monde, "Voir le pays du maitn calme" est diffusé ce vendredi à 20h40 sur Arte.

 

A vos enregistrements pour ce programme mi documentaire mi fiction.

 

L'histoire : Six touristes français sont réunis le temps d’un voyage de dix jours en Corée du Nord. Archéo-communistes, collectionneurs de bouts du monde ou écrivains en quête d’inspiration, tous doivent se supporter et supporter la réalité que l’on veut bien leur montrer dans ce pays où la propagande est omniprésente. Enchaînant les visites de monuments à la gloire du Père de la Nation, Kim Il-Sung, ils se vantent, se draguent, râlent immanquablement sur la nourriture et pourtant, derrière leur apparente futilité, se dessine un grave projet : une évasion en Corée du Sud...

 

Avec : Patrick Azam (Patrick), Audrey Dewilder (Audrey), Laurent Gernigon (Laurent), Aurélie Gourvès (Aurélie), Simy Myara (Simone), Maka Sidibé (Mahman).

 

Gilles de Maistre interrogé par Céline Ripoll :

 

 Pourquoi aller tourner une fiction en Corée du Nord ?

Gilles de Maistre : Les fictions permettent de raconter le réel d’une autre manière. L’intérêt est de mettre en scène des choses que l’on ne pourrait pas forcément montrer avec le documentaire ou le reportage. On crée des séquences, une histoire, et on dépeint une situation réelle avec de vrais décors, les vrais habitants du pays, etc. Je préfère cette forme plutôt que le recours au seul commentaire journalistique. Quant au choix de la Corée du Nord, c’est une des grandes dictatures qui persistent aujourd’hui et je trouvais intéressant de me pencher sur cet État qui “marche sur la tête”. On n’arrive pas encore très bien à en parler car c’est un pays extrêmement inaccessible. Avec cette fiction, j’aborde le régime, son absurdité. Cela permet aussi aux spectateurs de découvrir la Corée du Nord d’une autre façon.

 

Comment êtes-vous parvenu à y entrer ?

La seule solution pour y aller est de se présenter en tant que touriste. Environ deux mille Occidentaux s’y rendent de cette manière chaque année, par le biais de trois ou quatre agences seulement dans le monde. Nous sommes donc partis, les six comédiens et moi-même, sans dire que l’on était réalisateur ou acteurs. Nous étions dans un groupe de cinquante personnes, en voyage organisé. Autant dire que nous avons été très entourés durant toute la durée du séjour…

 

Comment avez-vous réussi à filmer sans que personne ne s’en aperçoive ?

On a filmé à l’insu de tous avec une petite caméra, semblable à celles qu’utilisent des millions de particuliers pendant leurs vacances. Le guide et quelques habitants ont donc joué dans une fiction sans le savoir. Le tournage sur place s’est déroulé en deux temps : après la Corée du Nord, nous avons rejoint la Corée du Sud – une étape prévue pour tourner d’éventuelles séquences additionnelles, car nous ne savions pas exactement ce qui allait ressortir des images clandestines. Finalement, on a réussi à obtenir tout ce dont on avait besoin. Ce qui est sûr, c’est qu’ils nous ont pris pour des dingues ! On criait, on mettait le ton, on riait beaucoup et on chantait tout le temps. Ils n’avaient jamais vu ça. Mais ils ne se sont doutés de rien et c’est pour cela que ça a marché ! Puis, une fois revenus à Paris, on a synchronisé le son, les dialogues des comédiens et du guide.

 

Comment avez-vous dirigé les acteurs ?

Durant le casting, qui s’est déroulé en amont, on a prévenu les acteurs qu’ils allaient tourner dans un pays dangereux, sans préciser que c’était la Corée du Nord. Ils étaient tous très enthousiastes à l’idée d’aller faire une “opération commando”. Un travail minutieux de préparation a été nécessaire car sur place, il fallait être très discret, tant lors du tournage des séquences que pour le projet en lui-même, dont on ne pouvait pas parler entre nous. Nous avons donc simulé le parcours et répété les scènes à Paris pour les enregistrer le plus rapidement possible en Corée du Nord, où nous avons déployé nombre de stratégies. Les acteurs qui ne jouaient pas, par exemple, avaient pour mission de distraire le guide. La plupart des dialogues étaient déjà écrits, mais il y a eu beaucoup d’improvisations et d’inventions sur le moment dans la mesure où l’on ne savait jamais ce qui allait nous arriver : on a profité des événements qui nous tombaient dessus, de ce que disaient les guides et les personnes rencontrées pour réagir de manière différente.

 

Peut-on voir dans votre film une dénonciation du régime nord-coréen ?

C’est évidemment l’un des objets de cette fiction, mais la dénonciation va de soi. Ce n’est pas un film accusatoire. Il répond à la volonté de montrer des choses. La désinformation, la manipulation des enfants, les camps de travail en font forcément partie. Il n’y a pas besoin de préciser que c’est une dictature sanglante pour qu’on le comprenne : le film, d’une façon implicite, le démontre..

 

Crédit photo © Mai-Juin Production.

 

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