Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Pascal 30/03 6h21

Parution de "Ma mère, cette inconnue", essai de Philippe Labro.

Parution ce 30 mars du livre Ma mère, cette inconnue (Gallimard), écrit par le journaliste et cinéaste Philippe Labro.

« Elle s’appelle Netka — que son père, qu’elle n’a jamais vu, avait ainsi prénommée. Au début, on disait sans doute Netouchka, et puis Netka. Son mari, mon père, l’appelait Netka. Nous disions maman, et les petits-enfants ont dit Mamika. Netka, Netouchka, Mamika, il y a du slave dans ces noms qui sonnent clair, et pour cause. Elle a cinquante pour cent de sang polonais dans ses veines. Il me faudra beaucoup de temps pour mieux identifier la Pologne, chercher la trace du père inconnu, reconstituer la traversée de l’Europe, imaginer l’enfant-valise, la définir comme celle que l’on a abandonnée. Elle est, elle était ma mère. » Philippe Labro.

Ce dernier juge que sa mère est multiple dans son incognito, qu’elle cultive : elle ne dit pas qui elle est, elle ne dit pas d’où elle vient. "Elle le sait, mais elle le tait. Sans doute, comme le livre l’explique, par honte, par humiliation, par orgueil aussi, et parce qu’elle considère que ça ne concerne pas ses enfants. Elle est d’autant plus multiple qu’elle apparaît, jusqu’à l’âge de vingt ans, comme un personnage plein de gaieté, de fantaisie, avec un brin de folie parfois, flirteuse, ironique, et même rebelle, et par ailleurs poétesse, sentimentale, souriante, aimable. Plus tard, je la découvrirai d’une immense résistance et d’une immense résilience. Elle était à la fois d’une très grande force et habitée par la mélancolie, le romantisme, le romanesque de ce que j’appelle la slavitude".

L'auteur dit  avoir dû mener une forme d’enquête journalistique. "Depuis très longtemps, comme je suis « l’écrivain de la famille », tous m’avaient assigné la mission d’écrire l’histoire de ma mère. Tant qu’elle vivait, il m’était impossible d’écrire ce livre, mais il me fallait l’interroger, ce qu’elle n’aimait pas beaucoup. Elle était réticente, faisait de la rétention… Par exemple elle ne m’a jamais confié le nom de son père alors que je suis convaincu qu’elle le connaissait parfaitement".

Commenter cet article