Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Pascal 15/11 16h42

Agressions sexuelles sur mineurs : des témoignages forts ce mercredi soir sur France 5.

En 2016, Flavie Flament racontait, dans un livre, son agression sexuelle à l’âge de 13 ans par le célèbre photographe David Hamilton.

Dans un documentaire diffusé ce 15 novembre en première partie de soirée sur France 5, qui donne largement la parole à d’autres victimes, l’animatrice revient sur son combat pour rallonger le délai de prescription en matière de viol sur mineurs. Extraits ci-dessous.

La diffusion du doc sera suivie d’un débat de 40 minutes animé par Marina Carrère d’Encausse.

Extraits des témoignages :

Alice, 46 ans, agressée par David Hamilton : « Je me suis sentie piégée, je faisais partie des élues, donc il fallait que je m’estime heureuse. La nuit où il y a eu le viol avec pénétration, je me suis dit, ça y est, j’ai plus rien, et au matin il m’a dit : “T’es plus vierge, champagne !” […] C’était la pire honte de ma vie et j’aurais pas pu le dire à mes parents. »

Élodie, 28 ans, agressée par David Hamilton : « Pour lui, il nous faisait vivre quelque chose d’exceptionnel, il nous sortait du caniveau. Moi, il me l’a clairement dit comme ça. Il avait plus de 70 ans, j’en avais 15. Il a fait paraître normal le fait de regarder des enfants […]. C’est quand même atroce d’avoir donné un nom artistique à un violeur multirécidiviste. »

Philippe, 60 ans, chef entreprise, violé à 12 ans par un inconnu : « Tu te retrouves avec un doigt dans le derrière, une b… dans la bouche ; je me souviens, très clairement, d’avoir mangé de l’herbe pour enlever le goût du sperme. J’utilise des mots crus, mais je ne supporte plus d’en entendre parler autrement. Le viol, c’est ça ! Dès le moment où il y a crime sur enfant, le mot prescription n’a pas de sens. »

Christophe, 52 ans, journaliste, violé pendant cinq ans par un ami de ses parents : « J’avais 9 ans. En fait, j’aurais dû le dire la première fois, après c’était très difficile […] parce que j’étais un enfant et que les enfants se sentent toujours coupables. […] Je trouve ça dingue que personne n’ait jamais rien vu. »

Alexandre, 43 ans, analyste financier, agressé dès 8 ans par un prêtre : « J’avais entre 8 et 12 ans et il pesait déjà 100 kg, c’était un grand bonhomme de 1,90 mètre, là pour le coup c’était une contrainte assez forte, c’est-à-dire que quand il vous serrait dans ses bras, vous ne pouviez vraiment plus bouger… »

Anthony, 36 ans, agressé dès 7 ans par un prêtre : « Les souvenirs me sont revenus il y a un an… La souffrance que j’ai endurée, avec mes crises qui sont très violentes, m’a beaucoup gêné dans ma vie scolaire, sociale, relationnelle, surtout avec les femmes et dans ma vie professionnelle aussi. »

Andy, 43 ans, footballeur professionnel, violé dès 11 ans par son entraîneur : « Encore aujourd’hui je peux visualiser la position dans laquelle j’étais, l’endroit où ça se passait. Quand je vais me coucher, je m’endors le dos contre le mur. Il n’existe pas de bon âge pour parler de tels traumatismes. »

Chaque année : environ 120 000 enfants sont agressés sexuellement ; 15 000 agressions dénoncées à la police ; 8 000 pédophiles interpellés et 800 condamnés.

"Quand David Hamilton, photographe mondialement connu, m'a violée, j'avais 13 ans. Ce jour là, des heures entières de ma vie d’adolescente ont disparu de ma mémoire.
30 ans plus tard, en acceptant la co-présidence d'une mission ministérielle sur les délais de prescription, je replonge au coeur de ma mémoire traumatique.
Les violences sexuelles sur mineurs sont une arme de destruction massive. Elles ont détruit une partie de mon cerveau, elles auraient pu détruire ma vie entière.
Comme celle de Philippe, d'Elodie, d'Alexandre, d'Anthony, d'Alice, de Christophe et de Jean-Baptiste que j'ai rencontrés et avec lesquels j'ai partagé les douleurs et l'indignation. Pourquoi notre société et notre justice laissent-elles chaque jour des enfants et des adultes comme moi se noyer en silence et dans l’indifférence de tous ?
Aujourd’hui, mon combat, qui rejoint celui des autres victimes et des associations, passe par une nouvelle loi sur les délais de prescription.
Une loi contre l’oubli. Pour protéger nos enfants et le monde de demain".

Flavie Flament

Credit photo : © Chrysalide Productions / Eléphant doc

Commenter cet article

Partout 14/02/2018 08:46

J'ai beaucoup appris sur le vol puisque je suis juriste de formation. Maintenant je pense que les dispositions juridiques relatives au viol constituent l'une sinon la plus grande supercherie de l'Etat. Femmes et hommes sont égaux pour tous les échanges financiers y compris l'impôt mais ne le sont pas en matière de protection du corps humain. Je me dis que seul le capital compte pour l'État et qu'il ne défend le corps que si les enjeux sont importants en matière de capital, par exemple quand un groupe de cent femmes porte plainte. Autrement dit l'Etat exige la plainte car il veut tout savoir sur tout le monde mais il utilise la plainte seulement pour bloquer un homme politique qui le gêne. L'Etat se moque des citoyens. Ceci dit, j'admets que je n'ai pas lu l'article.