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Publié par Pascal 18/10 19h50

Le rugbyman Aristide Barraud, victime des attentats du 13 novembre, raconte sa reconstruction.

Jeudi, Aristide Barraud se confie dans le journal L’Équipe à l’occasion de la sortie de son livre, Mais ne sombre pas, aux éditions du Seuil.

Le rugbyman durement touché dans les attentats du 13 novembre 2015, raconte comment son combat pour retrouver le terrain, en vain, lui a permis d’accepter et de se reconstruire.

A propos de sa volonté de rejouer au rugby, début 2016 :  « À l’époque, j’étais en plein dans le combat pour reprendre le rugby. Il y avait beaucoup d’autopersuasion. J’ai bien vu que les gens avaient de moi l’image d’une sorte de super-héros. Mais non ! »

Son état de santé, deux ans après les attentats : « Ma tête est partie en couilles, j’ai fait des pas dans la folie. Je suis retourné dans des zones difficiles que j’avais atteintes en réanimation, des moments où tu n’es plus toi-même. Tout ça m’a fait peur. » … « Tous les jours, j’ai mal. À la tête à cause de tout le sang perdu et des produits qu’on a mis dans mon corps, à la cheville, aux côtes où je ressens parfois un courant électrique refaisant le chemin de la balle. Sur le terrain, je me ferais fracasser. »

Ses projets : « J’ai décidé de rester à l’écart du rugby pendant trois ans, malgré les offres de contrat comme manager ou entraîneur. Je veux prendre du recul, voir d’autres choses. Et je ne me sens pas soigné. Or, si des joueurs dépendent d’un entraîneur qui n’est pas sain, ils vont en pâtir […]. Là, j’ai encore en moi beaucoup de frustration, de colère, de tristesse. »

Concernant son livre : « J’aurais pu écrire un livre sur l’idée du « si tu veux, tu peux ». Mais c’est des trucs de mytho ça. Je voulais raconter l’envers du décor. »

Le bouquin sort ce jeudi et est présenté ainsi :

Joueur de rugby professionnel, ancien du Stade français, alors dans le championnat d'Italie, Aristide Barraud et sa sœur Alice, acrobate de métier, étaient au Petit Cambodge, le 13 novembre 2015.

Dès qu'il a entendu les premiers tirs, Aristide a eu un réflexe inouï : il a attrapé sa sœur pour la protéger. Blessé aux jambes et au poumon, il se vide de son sang. A son tour, Alice lui sauve la vie en se blottissant contre lui, la chaleur de son corps évite à son frère de sombrer avant l'arrivée des secours.

Dans son livre, Aristide Barraud, âgé de 27 ans, raconte sa lente renaissance, chaotique et lumineuse aussi. Il y a les opérations à répétition, un corps à la peine ; mais plutôt que de s'apitoyer – ce n'est pas vraiment dans le caractère d'un grand sportif, Aristide, quand il revient sur ses journées d'hôpital à Bichat, décrit comment la vie revient peu à peu dans l'observation méticuleuse d'un immeuble dont il suit les étapes de l'édification ou le flux incessant et presque organique des voitures sur le périphérique qui borde sa chambre.

Dans une langue déliée très influencée par le rap, il y a de très belles pages également sur le brouillard vénitien, sur les chiens errant dans les ruines d'Aquila, autant d'échappées vers l'Italie, son pays d'adoption qu'il doit finalement quitter le jour où il fait le choix de ne plus jamais rejouer au rugby. Il y a aussi Paris, les courses folles dans la ville tant aimée à la recherche des sensations retrouvées.

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