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Publié par Pascal 02/06 6h18 - édité

Ce mardi soir sur France 2 : Documentaire inédit suivi d'un débat consacré aux féminicides.

France 2 propose ce mardi 2 juin 2020 une soirée spéciale autour du documentaire Féminicides, coréalisé par Lorraine de Foucher et Jérémy Frey et porté par la voix de Laetitia Casta.

Pour accompagner et prolonger ce documentaire inédit, coproduit par Bangumi et Le Monde, un débat, préparé par les équipes de la direction de l’information de France Télévisions et présenté par Julian Bugier, sera proposé en deuxième partie de soirée.

Concernant le documentaire " Féminicides " : En 2019, 150 femmes ont été tuées par leur conjoint ou leur ex-compagnon. Face à ce fléau, les journalistes du Monde ont créé une cellule d’investigation au sein de leur rédaction pour décrypter ces féminicides. Avec méthodologie, ils ont mis en évidence un schéma criminel récurrent. Ils ont caractérisé les signaux faibles et forts qui conduisent à ces meurtres de femmes. Ce documentaire analyse cinq cas emblématiques de féminicides. A travers les témoignages de l’entourage des victimes, mais aussi des institutions, il retrace l’évolution de la relation amoureuse de la rencontre jusqu’au meurtre. Ce film pointe ce qui aurait dû être vu. Il alerte sur l’aveuglement collectif de notre société. Cinq histoires tragiques pour faire émerger une mécanique, dans l’espoir de l'enrayer. Et à travers ce film, une volonté : provoquer une prise de conscience globale. Car les féminicides, c’est l’affaire de tous.

Ce documentaire livre les données statistiques du Monde, du Ministère de l’intérieur, et de l’Inspection générale de la justice:

  • 3 féminicides sur 4 sont commis pendant ou après la séparation (Le Monde)
  • 40 % des auteurs se suicident ou tentent de le faire après le meurtre (Ministère de l’Interieur)
  • 41 % des victimes avaient signalé des violences aux forces de l’ordre (Inspection générale de la justice)

Lorraine de Foucher, auteure et co-réalisatrice :

"Un homme ne tue pas sa femme dirigé par un coup de folie qu’il aurait eu un matin, sans aucun signe avant-coureur. Ce meurtre est en réalité le fruit d’une radicalisation : il y a une sédimentation pendant des années, issue de sa construction familiale, de sa vision de l’amour et de sa vision de l’égalité homme-femme. Car l’amour est politique : à deux, on fait déjà société, et un homme qui tue sa femme n’est pas mû par des valeurs humanistes. C’est une personne qui pense qu’on peut en posséder une autre, et que sa perte doit entraîner la mort. Ce projet m’a permis enfin de comprendre que la violence conjugale n’était pas bien définie, puisque les statistiques françaises des meurtres sont stables depuis des années, voire en augmentation. Cette violence se compte à la mesure des bleus laissés sur le visage, des blessures sur les membres, des marques physiques. En réalité, une définition plus précise, plus efficace en termes de prévention existe : c’est celle du “contrôle coercitif” proposée par le chercheur américain Evan Stark. Les relations abusives ne doivent pas être traitées à la lumière d’incidents ponctuels, mais comme une privation de liberté de la femme. “Un nombre important d’études montrent que la présence de contrôle ouvre la voie aux violences et aux blessures. Le niveau de contrôle est même le meilleur facteur de prédictibilité du meurtre, alors que la fréquence ou la gravité des violences physiques ne l’est pas. La vulnérabilité des femmes aux agressions physiques est produit par un schéma préétabli de domination qui l’empêche de mobiliser des ressources personnelles, matérielles ou sociales pour résister ou s’enfuir.”" 

À propos du débat présenté par Julian Bugier à 22h40, les invités seront :

  • Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat à l'égalité entre les femmes et les hommes
  • Lorraine de Foucher, journaliste au Monde, réalisatrice du film documentaire "Féminicides"
  • Luc Fremiot, ancien magistrat
  • Hélène de Ponsay, soeur d'une victime de féminicide, cofondatrice (et vice Pdte) de l'Union nationale des familles de féminicides
  • Antoine Mouilliere, fils d'une victime de féminicide

Crédit photo © Bangumi

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