Samedi 18 août 2007
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Comme l'été dernier, passage en revue des pilotes des nouvelles séries US...Après Pushing daisies, et The Sarah Connor Chronicles, Cavemen , Cane, voici Californication qui vient de démarrer cette semaine sur Show time
Cast. Réalisé par Stephen Hopkins (24). Ecrit par Tom Kapinos (Dawson). Avec David Duchovny (X Files), Natasha McElhone, Madeline Zima (Une Nounou d’Enfer) et Evan
Hadler (Studio 60).
Horaire. Pour innover un peu, j’ai décidé de vous parler également de quelques séries du cable qui arriveront certainement en France en même temps que les
nouveautés de la rentrée. Parmi les 3 ou 4 shows que j’ai choisi, démarrons aujourd’hui par Californation, diffusé le mardi soir sur ShowTime en combinaison avec Weeds.
Le Pitch. David Duchovny campe le rôle déjanté d’un écrivain en panne d’inspiration qui tente, tant bien que mal, de relancer sa carrière tout en assumant son rôle
de père guère modèle...et en gérant son addiction inépuisable dans la gente féminine.
Premier Avis. Stop ! Arrêtez tout ! Coupez les lumières ! Mesdames, messieurs, je dois vous annoncer que la télévision américaine est cette
fois-ci allée trop loin. Orwell avait imaginé la société ‘Big Brother’, Stephen King laissait présager d’une Amérique qui se délecterait d’une exécution en direct, mais d’aucuns n’avaient imaginé
le spectacle auquel je viens d’assister.
Une scène absolument insoutenable dont je m’insurge que la censure américaine ne l’est pas tout bonnement interdite. Cette scène, qui fera sans aucun doute cauchemarder toute une génération de
fans de la série ‘Une nounou d’enfer’, nous montre en effet une partie de jambe en l’air entre notre ami David Duchovny et la petite Gracie Sheffield de la série Une nounou d'enfer avec
l’inénarrable Fran Drescher!
La petite Gracie est ainsi devenu une pouf sans vergogne qui donne des coups de poings au lit pendant qu’elle fait l’amour. Et non, vous ne rêvez pas, la petite Gracie a bien grandi. Elle est à
mi-chemin entre Mischa Barton et Christina Ricci dans la famille Addams. Mais à ce rythme, que nous réserve l’avenir ? Il ne manquerait plus que la petite Kimberly d’Arnold et Willy
meure d’une overdose, que les sœurs Olsen deviennent des catins ou que Laura Ingalls joue les zoophiles dans Nip/Tuck ! Fort heureusement, le monde n’est pas si fou …
Mais mis à part cette scène fâcheuse, j’ai adoré ce pilote. Un vrai plaisir coupable comme seul le cable américaine sait en faire. Une écriture judicieuse, des dialogues
irrésistibles et une interprétation parfaite d’un David Duchovny aux antipodes de l’agent Mulder. Que demander de plus ? Californication s’inscrit dans la veine des séries cablées à la Weeds ou
Nip/Tuck, à la différence prés que l’action est effacée ici au profit de scènes d’interactions entre les personnages, et plus précisément autour du personnage de Duchovny, un écrivain atypique,
mégalo, mélomane et plein d’amertume, aux mêmes aspirations que le docteur Christian Troy dans Nip/Tuck.
Dès les premières minutes, le décor est planté. Duchovny débarque dans une église pour se confesser à Dieu et tenter de comprendre pourquoi il ne parvient plus à écrire. Une
nonne vient alors à son aide et lui propose une méthode de relaxation particulièrement efficace, il faut le reconnaitre : une fellation. Evidemment, ce n’est qu’un rêve mais la scène a le
mérite de nous faire rentrer dans l’action en quelques secondes. Rappelons tout de même que nous sommes sur FX, on se doute donc bien qu’une paire de seins ne devrait pas tarder à faire son
apparition.
En effet, on n’est pas déçu puisque Duchovny se réveille donc au côté d’une blonde somptueuse qui lui relève que son mari n’arrive pas à trouver son clitoris. S’en suit alors une
scène hilarante où le mari débarque et où Duchovny lui explique, tout en s’enfuyant en calbut, comment faire un cunnilingus à sa femme. Les scènes de sexe régulières ne m’ont d’ailleurs pas du
tout gêné. Pas que je sois obsédé bien sur, mais elles apportent un certain rythme indispensable à la série et sont, qui plus est, très courtes.
Par certains côtés, Californication m’a d’ailleurs rapellé le film ‘American Beauty’, pour le côté père de famille paumé et blasé qui pète les plombs face à l’Amérique moderne. Les
dialogues sont excellents, scènes après scènes. Le passage où Duchovny va au cinéma et pique le portable à un racailleux qui parle pendant le film est tout simplement génial. Il est certain que
l’humour de la série, même s’il ne verse pas dans le potache, ne plaira pas à tout le monde. Personnellement, j’ai beaucoup ri durant tout l’épisode. Notamment quand on apprend que l’un des
bouquins de Duchovny a fait l’objet d’une adaption cinématographique minable appelé ‘A crazy little thing called Love’ avec Tom Cruise et Katie Holmes !
Un autre très bon passage est celui où deux amis à Duchovny lui organisent un rendez-vous arrangé. On se doute que ça va mal finir et en effet l’heureuse élue a la mauvaise idée de
demander à Duchovny d’imaginer sa propre présentation. Il lui fait alors un portrait au vitriol absolument tordant mais particulièrement terrible, si bien qu’elle finit par se lever sans dire un
mot, ce qui n’empêchera pas notre ami David de passer la nuit avec une autre fille ! Mais à l’opposé de certains épisodes de Nip/Tuck, la série n’en fait jamais trop et se pose en simple
dramédie sans prétention. Une vrai contrebalance est apporté par l’ex femme de Duchovny, dont il est resté très amoureux, mais avec laquelle il ne cesse de se disputer. Cela donne evidemment une
succession de cassages avec l’ex-femme qui accuse Duchovny de ‘Google-er son propre nom’. Ce dernier lui réplique lors d’une convocation hilarante chez la principale de leur fille dans laquelle
il se lance dans un trip sans fin en imaginant leur fille lesbienne et son ex-femme homophobe ! Une vrai double facette lui est donc apportée puisqu’il finit même par la demander en mariage
à la fin de l’épisode. Un peu convenu, certes, mais pas ridicule pour autant.
Car même les scènes les plus conventionnelles sonnent justes dans ce pilote. Pour revenir au début de la chronique, la petite Gracie, avec qui Duchovny s’est envoyé en l’air, est
en fait la meilleure amie de sa fille. Oui, le twist est maigre mais qu’importe ! Il retombe donc sur elle à la fin de l’épisode, face à son ex-femme qui leur demande s’ils se connaissent.
Il est bien sur tout gêné, d’autant qu’il apprend qu’elle n’a que 16 ans (evidemment, en réalité elle en a 22), et la petite Gracie a cette réplique formidable de lui demander qui l’a frappé
alors qu’ils savent tous les deux que c’est elle ! Cela promet de belles scènes de quiproquos explosives à l’avenir pour une série sans prétention mais qui reste un divertissement très
honnête pour nos amis américains après Weeds ! D’autant que le format 30 minutes est particulièrement adapté et permet au pilote d’apporter la touche finale au moment adéquat. Une
réussite.
En deux mots : Un guilty pleasure à la fois sexe et intello emmené par un David Duchovny au sommet de son art. Si l’action se met doucement en place, le
potentiel est énorme. Tout à fait le genre de pilote déjanté que, soit on adore, soit on déteste. Personnellement, je suis déjà fan !
Note : 7/10
Trailer de Californication...
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