12 Juillet 2026
En Normandie, le littoral fascine autant qu’il inquiète. Falaises majestueuses, plages de galets, terres agricoles… Ici, la nature est partout. Mais sous l’effet du dérèglement climatique, ce paysage en apparence immuable vacille.
Document inédit de Morad Aït-Habbouche, Normandie, là où la terre recule sera diffusé le lundi 27 juillet à 21h05 sur France 5.
À bord de l’ULM de Sylvain, le film s’ouvre sur la Côte d’Albâtre. Vue du ciel, la beauté est saisissante. Mais très vite, un autre regard s’impose : celui de l’érosion. Les falaises reculent, les blocs s’effondrent, et le trait de côte disparaît lentement. Ce décor spectaculaire est aussi un territoire fragile. À Quiberville-sur-Mer, la mer a déjà frappé. À plusieurs reprises, les tempêtes ont submergé un camping pourtant éloigné du rivage. Face à ces assauts répétés, la commune a fait un choix radical : déplacer entièrement le site à l’intérieur des terres. Une décision emblématique d’un nouveau rapport au risque.
Plus loin, à la Pointe du Siège, les élus font un pari audacieux : laisser la nature reprendre ses droits. Restaurer les zones humides plutôt que construire des digues, redonner de l’espace à la mer pour mieux en atténuer la violence.
À Caen, c’est toute une vision de la ville qui est remise en question. Sur la presqu’île, les projections climatiques ont bouleversé les projets d’aménagement. Les élus imaginent désormais un urbanisme temporaire, pensé pour évoluer, voire disparaître d’ici quelques décennies. Mais ailleurs, la situation est encore plus critique. À Étretat, les digues s’affaiblissent. À Dieppe, les infrastructures reculent. À Criel-sur-Mer, des dizaines de maisons sont menacées, plongeant habitants et élus dans une impasse.
Face à ces bouleversements, une question demeure : qui doit payer le prix de l’adaptation ? Dans les terres, des réponses émergent. Le bocage normand, longtemps délaissé, retrouve toute son utilité pour retenir l’eau, protéger les sols et préserver la biodiversité. Agriculteurs et producteurs s’adaptent, entre sécheresses, pluies extrêmes et nouvelles maladies. Même les symboles vacillent : le camembert au lait cru et les vergers normands sont à leur tour fragilisés. Face à ces transformations, habitants, scientifiques et élus expérimentent et inventent. En Normandie, il ne s’agit plus seulement de préserver un territoire, mais d’apprendre à vivre avec un monde qui change.
Crédit photos © Elle Est Pas Belle La Vie
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