Comme l'été dernier, passage en revue des pilotes des nouvelles séries US...Après Pushing daisies, The Sarah Connor Chronicles, Cavemen , Cane, Californication , place à Bionic
woman
Cast. Produit par Bruno Heller (Rome). Ecrit par David Eick (BattleStar Galactica). Avec Michelle Ryan (EastEnders), Molly Price (New York 911), Miguel Ferrer (Preuve à
l’appui).
Horaire. Mercredi à 21h sur NBC face à Private Practice (ABC), Gossip Girl (CW), Esprits Criminels (CBS) et Bones (FOX).
Le Pitch. Jaime Sommers est une jeune femme presque comme les autres. Sportive à ses heures, elle travaille dur pour subvenir aux besoins de sa petite sœur
qu’elle élève seule. Mais un accident tragique viendra perturber cette difficile existance. A mi-chemin entre la vie et la mort, Jaime est alors contrainte de subir un nouveau traitement bionique
aux conséquences inconnus. Sauvé du coma, elle va alors développer de nouveaux pouvoirs et va devoir apprendre à s’en servir pour le bien de tous. Adapté de la célèbre série des années 70 ‘Super
Jaime’.
Premier Avis. Chaque année, dans le secret le plus absolu, une sombre réunion a lieu dans les plus hautes sphères du paysage audiovisuel américain. Réunion est un
bien grand mot puisqu’il s’agit en réalité d’un strip poker, réalisé dans les plus grandes règles de l’art, réunissant les 5 patrons des plus grandes chaines télés américaines.
Le principe est simple : le premier qui finit à poil repart avec le pilote le plus pourri de l’année. Tout le monde garde encore un souvenir ému de la grande débâcle du patron de CBS en
1993, un modèle en la matière, qui, après avoir vendu sa femme et ses enfants, avait dut repartir avec le pilote de Walker Texas Rangers. CBS, qui n’a décidément pas de chance, puisqu’elle après
une nouvelle défaite, elle a du hériter de Jericho l’année dernière. Et cette année, je dois vous révéler que la déculottée revient à notre ami Kevin Reilly, cher patron de NBC, qui s’est
retrouvé avec le pilote de Bionic Woman sur les bras. Evidemment, les règles du jeu sont telles que la chaine doit obligatoirement diffuser la série par la suite. Oui, je sais, c’est très cruel,
mais que voulez-vous, c’est l’Amérique !
Et le moins que l’on puisse dire est qu’ils n’y sont pas allés de main morte avec ce pilote qui est tout bonnement pitoyable. En regardant Bionic Woman, je m’attendais au début à
une série dans la veine des séries des 70’s à la Drôle de Dames, avec des personnages haut en couleur, du glamour, du suspens, de l’action. Autant vous dire que c’est tout le contraire. Les
personnages sont froids et inexistants, l’ambiance est glaciale, aucune émotion ne transparait et il ne se passe pour ainsi dire rien. Pour vous la faire courte, Super Jaime, si j’ose
l’appeler ainsi, est une New-Yorkaise qui mène une vie inintéressante. Soit. Un beau jour, elle a un accident avec son petit-ami, elle est transportée dans un centre secret où elle subit, à son
insu, tout plein de transplantations bioniques. Oui, ça a l’air nul comme ça et je vous rassure, en vrai c’est encore pire.
En effet, la suite ne s’améliore pas. Evidement, le petit-ami de Jaime se révèle sans surprise être dans le coup mais, pris d’un dernier remord (alors qu’il planifiait tout cela depuis des mois
mais enfin passons), il laisse finalement échapper sa dulcinée. C’est d’ailleurs là qu’elle découvre qu’elle a de nouveaux pouvoirs. Il y a notamment une scène faussement majestueuse,
maladroitement pompée sur Heroes, où elle apprend à sauter d’un immeuble à l’autre. On a evidemment qu’une envie, c’est qu’elle se crashe une bonne fois pour toutes et qu’on en finisse.
Malheureusement pour nous, elle y parvient et le calvaire continue …
Arrivé à ce point-là, on pense que le summum du ridicule est derrière nous mais non, il reste à venir ! Car au final, cette conne de Jaime qui n’a décidément rien de super,
accepte de revoir le type qui l’a tout de même amenée à se faire charcuter et modifier génétiquement sans son accord !
Le dialogue donne à peu prés ça :
Jaime : ‘Mais qu’est ce que vous m’avez fait, qu’avez-vous mis dans ma tête?’
Le gars : ‘Oh, rien de grave, on t’a juste implanté une micro-puce dans ton cortex cérébral, c’est un programme de l’armée pour contrôler les soldats. Mais
t’inquiètes pas, c’est pour bien, je me faisais du souci pour toi !’
Jaime : ‘Ah, bon, d’accord’
Puis elle accepte ses excuses et ils passent même la nuit ensemble. Imaginez la gueule de votre petit(e)-ami(e) si vous lui annoncez que vous avez implanté une puce électronique
dans sa tête pour ‘son bien’. Mais Jaime, pensez-vous, elle est contente. Et attendez, ce n’est pas fini ! Accrochez-vous bien ! Elle finit même par accepter de travailler pour les gars
qui lui ont pourri sa vie, parce que vous comprenez, ils sont gentils quand même. Ah si toutes les femmes pouvaient être conciliantes … Pathétique ! Et là, l’épisode se finit sur un petit
cliffangher bien propret qui donne envie de tout sauf de revenir la semaine d’après. On serait même prêt à zapper sur Private Practice sur ABC, imaginez la souffrance !
Le problème est donc que la série s’inscrit dans la lignée des séries de science-fiction réalistes et déchus d’une Amérique post-11 septembre. Aucune place n’est laissée à
l’humour, tout est très sérieux, c’est inutilement bavard et du coup on reste totalement hermétique. Et je ne vous parle même pas des dialogues qui sont d’une platitude intersidérale. Même les
effets spéciaux sont ratés. Il y a une scène surréaliste où Jaime court aussi vite qu’une voiture et même la gamine dans la voiture se fout de sa gueule ! C’est limite si on n’attend
pas les caméras cachés à la fin de l’épisode avec Molly Price qui saute d’un gâteau géant et qui nous lancerait en ricanant ‘Ah ! Ah ! On vous a bien eu !’.
Le casting justement, parlons-en. Il est inattachant au possible. On aurait pu difficilement faire pire. Je ne m’attarderais pas sur Miguel Ferrer, le Dr Macy de Preuve à l’appui
qui est à mon sens l’acteur le plus antipathique de l’histoire de la télévision américaine. Non, ma véritable déception, c’est bien Molly Price. Elle était absolument parfaite dans New York 911
mais ici on dirait une chef lesbienne de l’armée russe tellement elle est coincée. Physiquement, ils ne l’ont pas ratée non plus puisqu’elle m’a rappelée Kimberly sans sa perruque dans Melrose
Place. C’est vous dire. Bref, il n’y a absolument rien à tirer de cet infâme pilote qui ne passera de toute façon pas l’hiver. Au suivant !
En deux mots : Nul, Nul, Nul !
Note : 1/10
COLE