17 Septembre 2026
Dans les salles dès le 21 octobre prochain, La Gravida. La bande-annonce vient d'être dévoilée.
Un groupe de lycéens français part en voyage scolaire à Naples pour découvrir les ruines de Pompéi et ses corps pétrifiés par le Vésuve. C’est là que le vertige les saisit brutalement. L’un après l’autre, ils se laissent submerger par le désir et la colère jusqu’à s’y abandonner complètement.
Un film de Marine Atlan, remarqué à Cannes, interprété par Colas Quignard, Antonia Buresi, Mitia Capellier Audat, Suzanne Gerin.
Le titre, explique la réalisatrice, vient d’une nouvelle de Wilhelm Jensen qui raconte l’obsession d’un archéologue pour un bas-relief représentant une femme qui marche (Gradiva en latin). "Il l’imagine Pompéienne et poursuit ce fantasme jusqu’aux ruines ensevelies sous l’éruption du Vésuve. Je l’ai découverte par Freud, qui a étudié cette nouvelle pour travailler l’interprétation des rêves. Pompéi devient pour lui un territoire propice à figurer l’inconscient. Cette figure mythologique convoquait donc le fantasme, le mouvement, et avec ce mouvement comme une allégorie du destin. J’aimais cette sonorité latine, mystérieuse, j’aimais qu’elle soit en contrepoint du registre réaliste du film."
Marine Atlan, concernant le casting de débutants :
"J’ai proposé assez vite Julie Sokolowski. À l’époque, elle n’avait jamais été directrice de casting à proprement parler, mais elle avait été coach d’acteurs et elle est elle-même actrice — elle est très juste dans son rapport au jeu. Elle a été une collaboratrice essentielle. Le casting a duré deux ans : on est allés devant des lycées, dans des écoles de théâtre. J’avais envie de visages qu’on n’a pas forcément l’habitude de voir dans le cinéma français. Il m’a paru finalement déséquilibré d’envisager des comédiens professionnels. J’avais aussi en tête l’image d’un lycée de banlieue comme le mien, avec de la mixité sociale. Tous les comédiens ont une cinégénie très singulière, j’avais envie de cette diversité de physiques.
J’ai eu plus de difficultés que prévu à trouver Toni : pas mal de jeunes garçons ne voulaient pas jouer un personnage gay. Pour Suzanne, il fallait quelqu’un capable de dire des choses violentes sur elle-même. Il fallait trouver des jeunes gens qui pouvaient habiter leur rôle sans s’abîmer.
On a mis du temps à trouver les rôles trois principaux. Avec Julie, on savait aussi que des rencontres viendraient affirmer les rôles. Il y a eu une part de réécriture en fonction des acteurs et actrices, notamment sur les scènes d’intimité. Je ne voulais pas faire le film à leur insu.
Colas Quignard (Toni) ne voulait pas du tout être comédien, mais il avait fait de la danse et avait un rapport au corps assez technique. Au moment où il a rejoint le film, il s’est déployé dans un amour du cinéma qui venait de sa famille et de sa culture. Il a été tout de suite très à l’aise, aussi bien dans l’improvisation que dans les choses plus précises. Colas, c’est le Nouvel Hollywood.
Mitia Capellier-Audat, qui joue James, on l’a rencontré en manif. C’est quelqu’un de très politisé, qui a un rapport à son genre très libre. Avec lui, on a travaillé une expression très forte en allant vers le faux : dans la démarche, dans son cri final qui me déchire le cœur. C’est un personnage qui se fabrique et se représente. Mitia a quelque chose de pasolinien, il a d’ailleurs regardé Théorème. Toute la complexité pour ce rôle était de trouver un visage incarnant à la fois fascination, sensualité et intelligence.
Suzanne Gerin n’est pas comédienne, mais elle veut faire du cinéma, réaliser des films. On a fait un vrai travail de composition avec elle, et en même temps il existe des échos entre elle et son personnage. Elle a un phrasé très rohmérien, clair, blanc, musical, et un visage, une démarche qui incarnent beaucoup de contradictions."
Crédit photo © Films du poisson - Bibi film TV - ARTE Cinéma.
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