Document à voir ce vendredi, avant les César : Souleymane, histoire d'un film.

Document à voir ce vendredi, avant les César : Souleymane, histoire d'un film.

À voir ce vendredi, juste après le journal de 20 heures sur France 2, Souleymane, histoire d'un film. Un document de Aurélien Chapalain, Steven Pailler et Eric Chevalier.

"Le Comte de Monte-Cristo, L’Amour ouf, et Emilia Pérez sont les grands favoris de la 50e cérémonie des César, mais un film réalisé avec des moyens beaucoup plus modestes pourrait créer la surprise. L’histoire de Souleymane de Boris Lojkine raconte 48h de la vie d’un sans-papiers guinéen, livreur à vélo dans Paris. Ce film bouleversant est nommé dans 8 catégories, dont celle du meilleur Film, meilleur Réalisateur, meilleur Scénario, et meilleur Révélation Masculine pour son acteur principal, Abou Sangaré. Ce dernier n’est pas un professionnel du cinéma. Sangaré est un jeune mécanicien guinéen, demandeur d’asile. L’histoire de Souleymane est donc un peu aussi celle de Sangaré, un pari fou pour son réalisateur Boris Lojkine. "

Remarqué à Cannes dans la catégorie Un certain regard - meilleur acteur et prix du jury - L'histoire de Souleymane a été un très beau succès dans les salles avec près de 600.000 entrées !

Le synopsis : Tandis qu’il pédale dans les rues de Paris pour livrer des repas, Souleymane (Abou Sangare) répète son histoire. Dans deux jours, il doit passer son entretien de demande d’asile, le sésame pour obtenir des papiers. Mais Souleymane n’est pas prêt.

Boris Lojkine : "Pour moi, faire des films a toujours voulu dire échapper aux assignations de ce que je devrais être et serais supposé raconter, me projeter dans d’autres vies que la mienne. Depuis quelques années, j’avais envie de réaliser un film sur ces livreurs à vélo qui sillonnent la ville avec leurs sacs bleu turquoise ou jaune vif, siglés de l’application pour laquelle ils travaillent, tellement visibles et pourtant totalement clandestins - la plupart sont sans papiers. Hope, mon premier film de fiction, racontait l’histoire de Léonard et de Hope, un Camerounais et une Nigériane qui se rencontrent sur leur chemin vers l’Europe. Dans les débats qui ont suivi la sortie du film, beaucoup de gens m’ont demandé si je ne voulais pas écrire la suite et raconter le sort qui leur serait réservé en France. J’ai beaucoup résisté à cette idée car le voyage fait depuis le début partie de mon désir de cinéma. J’ai tourné tous mes films dans des pays lointains : Maroc, Vietnam, République centrafricaine. Mais l’image de ces livreurs à vélo me travaillait, et je me suis demandé : et si je filmais Paris comme une ville étrangère dont on ne connaîtrait pas les codes, où chaque policier est une menace, où les habitants sont hostiles, pleins de morgue, difficiles d’accès ? Des HLM de grande banlieue aux immeubles haussmanniens du centre, des MacDo aux immeubles de bureau, des centres d’hébergement d’urgence aux wagons de RER, c’est bien ma ville que j’ai filmée, parfois au coin de chez moi, mais sous un angle radicalement différent. L’autre dans le film, c’est nous : le travailleur pressé qui commande son Burger, le passant bousculé qui peste contre les livreurs à vélo, la fonctionnaire qui se tient face à Souleymane."

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