14 Novembre 2025
Ce vendredi à 22h50 et sur arte.tv jusqu'en juillet prochain, documentaire inédit : Jimmy Sommerville - Rebelle queer de la pop anglaise. Un 53 minutes d'Olivier Simonnet.
1984, "Smalltown Boy", premier single d'un tout nouveau groupe britannique, Bronski Beat, provoque un raz-de-marée international. Une voix de contre-ténor hypnotique, sur fond de claviers électroniques insolents, mélancoliques et dansants, chante l'histoire d'un jeune homme gay, isolé dans une ville moyenne, harcelé et violenté, qui prépare son sac et prend la fuite.
Les paroles font écho à la trajectoire de leur interprète, Jimmy Somerville, qui a abandonné les quartiers pauvres de son Glasgow natal, à une époque où la loi réprimait encore l'homosexualité, pour Londres et ses possibles. D'abord sans domicile fixe, le jeune homme rejoint une association gay et conçoit la bande-son d'un documentaire visant à sensibiliser la population à la cause queer. Son premier album, "The Age of Consent", est une référence directe à l'interdiction des rapports homosexuels en dessous de 21 ans, quand l'âge du consentement hétérosexuel est fixé à 16 ans.
Après le succès mondial de Bronski Beat, Jimmy Somerville fonde les Communards, continue à dominer les charts britanniques et entreprend une tournée triomphale, avant de disparaître progressivement des radars, à partir des années 1990, pour un anonymat qu'il a toujours refusé de quitter depuis.
Entre archives des débuts et témoignages de proches, Olivier Simonnet rend hommage à un artiste dont l'activisme et le lyrisme ont contribué à faire avancer la cause queer, communique ARTE. Aujourd’hui, les premiers concernés rapportent : "Quand j'étais sur le dance floor, je savais qu'il chantait pour moi." Parmi eux, Didier Lestrade, le cofondateur d’Act Up-Paris, a bénéficié du soutien du Britannique, qui a payé durant trois ans son appartement parisien, épicentre des réunions de l'association de lutte contre l’épidémie de sida.
Le portrait d'une icône queer prolétaire, dont la musique consolatrice a fait danser une génération entière rongée par la solitude, en manque désespéré de représentations.
Photo, Jimmy Somerville arrété lors de la " Gay Rights March" de Londres, le 6 février 1992 devant le parlement © Andre Camara / Reuters / Brid.
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