28 Septembre 2010
ARTE avait déprogrammé dans l'urgence il y a près d'un mois le documentaire La cité du mâle, après avoir pris connaissance une heure avant la diffusion des risques encourus par certaines personnes liées à ce film. La chaîne s'était donné le temps d’analyser les risques juridiques encourus.
Cette analyse faite, la chaîne a ensuite considéré que, sous réserve de quelques modifications permettant d'assurer de manière plus effective l'anonymat de certains protagonistes du film et d’éviter tout risque de diffamation, la diffusion était désormais possible, sauf à ce qu'une décision de justice s'y oppose.
Programmation ce 29 septembre à 21h30, mais le Parisien précise que la chaîne franco-allemande n’excluait pas, hier, que le 52 minutes soit à nouveau déprogrammé en raison d’une procédure judiciaire.
LA CITÉ DU MÂLE :
Retour à Vitry, où Sohane fut assassinée dans un local à poubelles, et coup de projecteur sur les agressions machistes dans les cités.
2004, à Marseille : Ghofrane, 23 ans, est lapidée. 2005, à Neuilly-sur-Marne : Chahrazad, brûlée à 60 % par son ex-petit ami, est maintenue plus de six semaines dans un coma artificiel. 2009, Oullins, dans la banlieue de Lyon : Fatima, 22 ans, est étranglée par son frère… La jeune femme s’était fiancée et avait trouvé un emploi.
Chaque jour, les services de police enregistrent plus d’une vingtaine de plaintes pour des actes de délinquance similaires… Cathy Sanchez s’est immergée plusieurs semaines à Vitry, là où, en 2002, Sohane, 17 ans, est morte brûlée vive dans un local à poubelles… La réalisatrice, qui s’était mobilisée à l’époque, veut comprendre comment les choses ont évolué. Pourquoi les violences faites aux femmes sontelles trop souvent ignorées ou minimisées ? À travers les scènes de la vie quotidienne, les dits et les nondits, se dégagent les valeurs autour desquelles se construit une certaine identité masculine et le constat d’une situation qui ne cesse de se dégrader. Documentaire de Cathy Sanchez (France, 2010, 50mn).
Bérangère Lepetit, journaliste au Parisien, souligne que des bips sonores et des floutages ont été ajoutés dans cette deuxième version pour rendre inaudibles les insultes et masquer certains visages.
Crédit photo de Chaharazade, brûlée vive par un amoureux éconduit © DR.
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