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Publié par François 02/02 11h45

 

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Selon la fondation Emmaüs, la France compte cent mille sans domicile fixe et trois millions et demi de mal logés. Des chiffres accablants, mais qui ne disent rien de la souffrance vécue par ceux qui vivent cette précarité. Le réalisateur Stephan Moskowicz a partagé le quotidien de cinq d’entre eux. Il en est revenu avec un film poignant diffusé ce soir sur France 3 à un horaire tardif : 23h15.

 

Par Julien Chavanes

 

C’est l’histoire de Gérard, Dominique, Isabelle, Fabienne et Keyra. Cinq hommes et femmes qui valent bien peu de choses aux yeux de la société, mais qui réalisent chaque jour un authentique exploit : vivre sans un toit décent. Pour Gérard, Dominique et Fabienne, c'est la rue, crue, brute, dure. Pour Isabelle, c’est un local sans douche, sans eau chaude, sans chauffage, prêté par un ami. Le reste de ses affaires l’attend dans un parking. Pour Keyra, c’est un studio insalubre de quelques mètres carrés où elle s’entasse avec son mari sans papiers et leurs trois enfants.

 

Stephan Moskowicz a passé six mois aux côtés de ces héros de la survie et les a accompagnés dans une quête qui semble impossible : trouver enfin un vrai logement. Pour Gérard et Fabienne, l’aventure commence au plus bas : au niveau du bitume. Gérard sort d’une énième noyade dans l’alcool. Au-dessus de l’œil droit, des ecchymoses témoignent de la violence de son quotidien. Pourtant, il est beau, Gérard. Le regard bleu, le visage fin, de l’intelligence dans les traits, mêmes troublés. Dans une autre existence, il était architecte. Il bâtissait des maisons. Mais, d’un coup, elles se sont effondrées, sa vie et son mariage avec. Fabienne, elle, assise sur une bouche d’aération, laisse passer les minutes, une canette à la main. On lui donne 50 ans. Elle en a 35. On la sent happée par le vide. Mais, pour Gérard et Fabienne, au fond du gouffre, il y a encore une main qui se tend. C’est celle de Muriel. Travailleuse sociale, elle bat le bitume sans relâche pour trouver un logement aux plus démunis. Elle ne juge jamais, il n’en est pas question : « Tout le monde a le droit d’avoir un toit. C’est un droit fondamental. » Elle le répète comme un mantra, le martèle à ceux qu’elle aide et qui ont parfois tant de mal à la croire.

 

Ne pas lâcher. Un effort qui semble surhumain. Lorsque Dominique arrive dans le centre d’hébergement de La Rochelle, il regarde avec tristesse ses camarades de chambre. Puis glisse cette phrase terrible : « Je sais qu’ils sont comme moi : parfois, ils pensent à mourir. À disparaître. » Mais non, Dominique ne va pas disparaître. Il se bat pied à pied avec sa réalité, multiplie les démarches, sollicite les aides de toutes parts. Jusqu’à la délivrance : la location de son premier appartement à son nom. Keyra aussi bataille. Elle trouve un emploi de femme de ménage. Auprès de Lorie, une jolie Roumaine, elle apprend vite. « Elle travaille du fond du cœur », dit-elle avec admiration. Muriel fait un travail remarquable avec Gérard et Fabienne. Elle trouve un studio au premier, mais il a du mal à assumer ce changement brutal. Les deux premières semaines, l’alcool refait son apparition. Mais, petit à petit, Gérard refait surface. Pour Fabienne, c’est le miracle. Après avoir passé plusieurs mois dans l’appartement d’un ancien SDF attentionné, elle se sent enfin capable de vivre seule. Chez elle, Fabienne revit. Elle ne boit plus, son visage s’est affinée, elle a trouvé un emploi et nourrit l'espoir de récupérer un jour la garde de son fils. Isabelle, elle aussi, a retrouvé un chez-elle. Entre ses murs, qu’elle décore avec soin, elle revit. Son visage s’illumine.

 

Mais l’histoire n’est pas un conte de fées. Dominique, lui, va perdre son logement après une grosse dépression. Et Keyra ne parvient pas à garder son emploi. Il faut tout recommencer, encore et encore, dans une lutte harassante et destructrice. Pourtant, comme le répète Muriel : « Un toit, c’est un droit. » Un droit qui n’est malheureusement toujours pas respecté.

 

Crédit photo Fabienne © ZADIG PRODUCTIONS.

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isabelle 18/02/2011 19:52



la diffusion du documentaire "Mon combat pour un toit" était beaucoup trop tardive, ce qui prouve que ce sujet dérange. Dans un des pays les plus riches du monde, il est inadmissible de galérer
autant pour trouver un logement. J'espère que ce documentaire sera rediffusé à une heure de grande écoute prochainement.



Dominique 18/02/2011 09:56



Bonjour, dans la nuit de Jeudi à Vendredi 3 Février dernier à 3 heures du matin à la télé sur France3 j'ai regardé une émission qui m'a beaucoup émue "Mon combat pour un toit".J'ai regardé
avec énormément d'émotion.J'habite à côté de La Rochelle et quand je vais quelque fois (enfin l'été) sur le port ou bien dans les rue de La Rochelle je vois toujours des personnes de
tous âges avec leur chien-des sans abri et j'ai toujours de la peine pour eux.Le tournage de l'émission "Mon combat pour un toit" a été filmé à La Rochelle et je me dis que si je
rencontre l'une des personnes que j'ai vue à l'émission je lui demanderai comment il va! Je connai quelqu'un qui est dans un très Grand besoin de logement comment pourrai-je contacter Muriel qui
est travailleuse sociale que l'on voit dans l'émission qui aide si gentiment toutes ces personnes qui sont dans le besoin Urgent? Est-ce que quelqu'un peut m'aider s'il vous plait? Je vous en
remercie de tout mon coeur. Je vous envoie mes Amitiés très sincères, Dominique