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Document à voir ce mardi : Izieu, des enfants dans la Shoah.

Document à voir ce mardi : Izieu, des enfants dans la Shoah.

Le 6 avril 1944, 44 enfants et leurs accompagnateurs sont raflés par les hommes de Klaus Barbie. Ils avaient pour seul tort d’être Juifs. Tous sont morts, tués par les nazis. Trois hommes, les plus proches témoins se souviennent, eux-mêmes étaient enfants à cette époque. Un document inédit réalisé par Romain Icard est proposé à 23h05 ce mardi sur France 2 (si La Grande battle, en direct, ne déborde pas). Ecrit par Pierre-Jérôme Biscarat et Sophie Charnavel. Commentaire dit par Karine Viard.

 

Aux premiers jours de la Seconde Guerre mondiale, des milliers de Juifs d’Europe de l’Est et d’Allemagne ont trouvé refuge dans la nation des Droits de l’Homme, la France, persuadés qu’ils seraient à l’abri de la folie meurtrière du nazisme. Rattrapés par l’avancée des troupes du IIIe Reich et par leurs lois raciales, les parents tentent alors de sauver par tous les moyens leurs enfants d’une mort qu’ils savent certaine. Des organisations et des personnes dévouées vont, durant toute la guerre, s’employer à arracher ces enfants aux camps de Vichy et tenter de les préserver de la déportation. Certains enfants trouvent alors refuge dans un petit village de la région lyonnaise. Ils se cachent dans ce qui deviendra la « colonie » d’Izieu.

Le 6 avril 1944, 44 enfants, âgés de 4 à 16 ans, y sont arrêtés par la Gestapo sur ordre de Klaus Barbie. Avec eux, sept éducateurs. Tous sont incarcérés à la prison du fort Montluc, à Lyon avant d’être envoyés, deux jours plus tard, vers le camp de Drancy. A quelques semaines près, le sort des enfants d’Izieu aurait été différent. A compter du 6 avril, les parents n’auront plus jamais de nouvelles des leurs. L’arrestation des enfants va sceller leur arrêt de mort. Le mardi 30 mai, le convoi n°75 déporte les premiers enfants vers Auschwitz où ils sont gazés dès leur arrivée. Charles Weltner, 9 ans, et Hans Ament, 10 ans ou encore Alice- Jacqueline Luzgart, 10 ans, sont dans ce convoi. Ils sont assassinés comme cent un autres enfants de ce convoi. Les plus jeunes avaient moins de cinq ans.

 

"Le 6 avril, nous commémorions les 70 ans de la tragédie d’Izieu. Certes, une tragédie parmi tant d’autres, dans cette Seconde Guerre Mondiale où l’horreur est quotidienne. Mais une tragédie qui touche 44 enfants de 4 à 16 ans, un tâche indélébile qu’il m’est apparu important de ne pas laisser sous silence. J’ai, dans un passé récent, réalisé trois documentaires avec les enfants ayant vécu cette guerre (Shoah par balles, Les enfants du Goulag, Lebensborn : les pouponnières du IIIe Reich). A chaque fois, je fus saisi par la douleur des survivants, de ceux qui ont échappé à la mort. Coincés entre leurs souvenirs personnels et le devoir de mémoire collective, leurs parcours relèvent souvent de l’indicible. L’histoire a pourtant façonné leur vie et meurtri jusqu’à aujourd’hui leur mémoire. C’est cette parole que j‘ai voulu capter afin de retracer leur trajectoire et à travers elle, celle des enfants d’Izieu. Car cette histoire illustre toute la complexité de cette guerre pour les Juifs installés en France. Elle révèle par ailleurs comment des hommes et des femmes, épris d’humanité ont tout fait pour soustraire des enfants à la barbarie nazie. Une histoire importante aussi car cette rafle, jouera un rôle capital dans la condamnation en 1987 de Klaus Barbie par la justice française. En évoquant la traque du « boucher de Lyon », je tenais à rendre une forme d’hommage aux époux Klarsfeld qui se sont tant battus pour que cette histoire ne sombre pas dans l’oubli. Enfin, en ces temps troublés, où certains osent mettre en doute la vérité des faits historiques, il était important pour moi de rappeler que la barbarie à l’égard de ces enfants juifs est un crime contre l’humanité". Romain ICARD.

 

Crédit photo © Mémorial des enfants d'Izieu.

Légende : Eté 1943. Debout à gauche : Jacques Benguigui (déguisé) ; à droite : Max-Marcel Balsam (tenant un chapeau au bout d’un bâton) ; à l’arrière-plan, à gauche : Arnold Hirsch ; devant lui : Théo Reis ; au centre, les adultes, de gauche à droite : Philippe Dehan, Marcelle Ajzenberg, Berthe Mering, Miron Zlatin (directeur et économe de la colonie) ; au premier plan, de gauche à droite, à partir de Jacques Benguigui debout (déguisé) : Paula Mermelstein, Georgy Halpern, Sigmund Springer (la tête tournée), Esther Benassayag, Nina Aronowicz, Claude Levan-Reifman (dont on voit seulement les yeux, derrière l’enfant accroupi au premier plan, non identifié).

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