22 Mars 2017
Dans l’affaire "Kerviel", la Société Générale a toujours prétendu être la victime. En 2012, la Justice lui a d’abord donné raison et a condamné Jérôme Kerviel à 3 ans de prison ferme et 4 milliards 900 millions d’euros. Suite à cette perte, la banque a bénéficié d’un allègement fiscal de 2,2 milliards d’euros, l’équivalent de 130 euros par contribuable. Mais aujourd’hui de nouveaux éléments donnent un tout autre éclairage sur les responsabilités du trader et le rôle de la banque : un enregistrement clandestin et la disparition d’un rapport sensible.
Dès les premiers mois de l‘enquête en 2008, un rapport de Justice accablait la Société Générale : il concluait que la banque ne pouvait ignorer les agissements de son trader. Un rapport destiné au procureur en charge de l’affaire Kerviel, qui a mystérieusement fini à la broyeuse. Autre révélation : une magistrate proche du dossier affirme, dans un enregistrement clandestin, avoir été témoin de pressions.
En septembre 2016, la Cour d’appel de Versailles réduit le montant que Jérôme Kerviel est condamné à payer à la Société Générale : il passe de 4,9 milliards à 1 million d’euros. Pour la première fois un tribunal souligne les fautes multiples commises par la Banque.
Pourquoi la Justice a-t-elle mis 8 ans à pointer des défaillances dans le contrôle au sein de la Société Générale ? Les juges auraient-ils agi sous influence ? Quelle est la responsabilité de l’Etat dans cette affaire ?
Une enquête de 52 minutes, réalisée par Stenka Quillet, est diffusée ce mercredi à un horaire très tardif : 23h30 sur France 3.
Le reportage sera suivi d'un débat animé par Virna Sacchi qui recevra Jérôme Kerviel et le magistrat Jean de Maillard.
Crédit photo © Cat et cie
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