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Prostitution de mineurs en France : document inédit puis débat ce soir (Extrait vidéo).

Prostitution de mineurs en France : document inédit puis débat ce soir (Extrait vidéo).

Issus de tous milieux sociaux, de plus en plus de mineurs, surtout des filles, se prostituent en France. Combien ? Et pour quelles raisons ?

Diffusé ce mercredi 18 avril en première partie de soirée sur la chaîne publique France 5, un film documentaire inédit - suivi d'un débat avec Marina Carrère d'Encausse - raconte l’histoire douloureuse de plusieurs de ces adolescentes et le combat de leurs parents, démunis face à l’incompréhensible.

Extraits :

Léa, 15 ans : « J’étais une petite fille joyeuse, pas timide, bonne élève. C’est une ancienne amie qui m’a beaucoup influencée ; je l’ai connue j’avais 13 ans. Elle me disait : “Tu vas avoir la belle vie, tu vas avoir de l’argent, on partagera tout.” » « Combien de clients ? Des fois cinq, des fois dix, ça dépendait des jours. C’est beaucoup, mais je ne me rendais pas compte. C’était mécanique. Ils faisaient ce qu’ils avaient à faire, donnaient l’argent et partaient : 100 € la demi-heure et 200 l’heure. À côté de l’hôtel, il y avait un centre commercial très bien : après l’effort, le réconfort. »

Gérard, papa d’Océane, 15 ans : « J’étais à mille lieues de l’imaginer, même on me l’aurait expliqué je ne l’aurais pas compris. Elle se savait mignonne, donc elle s’habillait, pas de façon provocante, mais à la mode… Ça ne m’a absolument pas alerté. » « On sait qu’elle a commencé à se prostituer fin 2015… je trace son compte Facebook et on tombe sur une conversation avec un certain Y, sans ambiguïté ; on a les sommes : c’était 1 000 € par jour et il retenait 250 € pour ses frais. »

Valérie, maman de Louisa, 18 ans : « Lorsque j’allais faire une déclaration pour fugue ou disparition inquiétante au commissariat, on me disait : “Elle y va volontairement, donc on peut rien faire.” J’ai donc décidé de mettre un mouchard dans son portable pour la localiser et savoir ce qu’elle faisait. J’ai montré les textos aux policiers et la réponse a été : “Écoutez, madame, votre fille, c’est une pute, faut vous y faire.” Je suis repartie en pleurant… Maintenant, elle vient d’atteindre sa majorité, je ne peux plus rien faire… »

Sonia, maman d’Inès, 16 ans : « Je me suis fait passer pour un client, j’ai eu l’adresse par SMS et j’ai appelé le 17 pour dire qu’il y avait une bagarre, pas de la prostitution, pour que les policiers se déplacent et fassent une perquisition ; ils l’ont fait et ont trouvé ma fille… » « Je veux qu’elle récupère une vie normale, d’une enfant avec sa famille, scolarisée… Je l’ai perdue depuis un an et demi, je ne vis plus. 16 ans, c’est la plus belle période, on vit des petites histoires d’amour, on va au ciné. Ma fille, elle ne pense qu’à l’argent, elle ne regarde que la télé-réalité, les hôtels de luxe… c’est un monde imaginaire. »

C’est un phénomène nouveau et tabou, qui échappe totalement aux adultes : de plus en plus de mineurs se prostituent en France. Ils ne viennent pas d'Afrique ou d'Europe de l'Est : ce sont nos enfants. Ces ados, surtout des filles, viennent de tous les milieux. Leur dérive est facilitée par les réseaux sociaux et la banalisation du porno.

Océane n’a que 15 ans. Elle est en fugue depuis plus de 6 mois. Depuis leur pavillon de la banlieue parisienne, ses parents la pistent sur les sites d’annonces, refuges à peine déguisés de cette prostitution 2.0. Léa a fait sa première passe à 14 ans, entrainée par sa meilleure amie. Au début, elle n’était pas consciente de la transgression. Attirée par cet argent rapide, elle s’est retrouvée sous la coupe d’un proxénète à peine plus âgé qu’elle.

Dans cette épreuve, les parents sont seuls. Leurs enfants leur échappent, et les services sociaux n’ont pas de solution-miracle. Sortir de la prostitution prend du temps, et il y a souvent des rechutes, comme avec une addiction.

Le film suit les parcours heurtés d’Océane, Léa et Inès. À peine entrées dans l’adolescence, elles font de constants aller-et-retours entre leurs chambres d’enfants… et leurs chambres d’hôtel.

Ces nouveaux réseaux de prostitution sont plus difficiles à identifier qu'hier. Ils apparaissent et disparaissent d’une semaine à l’autre, dans une forme d’improvisation qui déconcerte la police. À la brigade des mineurs de Paris, les enquêteurs voient se multiplier les dossiers sans pouvoir agir efficacement.

Comment expliquer ces passages à l’acte ? Policiers, éducateurs, psys : tous les acteurs de terrain pointent l’invasion des codes du porno, et la vitesse de propagation du numérique.

Comment protéger ces adolescents ? L’ACPE, seule association française spécialisée dans la prostitution des mineurs, pointe le déni des pouvoirs publics. Pour combattre une réalité dérangeante, il faut d’abord la voir en face : il existe aujourd’hui en France une « jeunesse à vendre ».

Document écrit par Claude Ardid et Nadège Hubert, réalisé par Alexis Marant;  produit par Capa presse avec la participation de France Télévisions.

Crédit photo © CAPA

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T
A 18 ans ce sont des adultes et des femmes. Pourquoi avez-vous fais réfereréf a une femme qui se prostitue ?
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