Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

À nos corps excisés, avec Halimata Fofana : documentaire inédit à voir ce mercredi soir.

Documentaire inédit d'Anne Richard ce mercredi 27 juillet à 22h30 sur ARTE (visible ci-dessous) : À nos corps excisés.

Halimata Fofana, 38 ans, est une femme libre, énergique, au regard assuré. Elle travaille comme éducatrice à la Protection judiciaire de la jeunesse d’Evry, où elle prépare la comparution de mineurs devant la justice. En 2015, elle a publié, aux éditions Karthala, Mariama, l’écorchée vive, un roman dans lequel elle brise le tabou de l’excision, dont elle a été victime à 5 ans lors d’un voyage familial au Sénégal.

Si ce livre lui a permis de franchir un cap dans l’appréhension de ce traumatisme, elle ressent toujours le besoin d’en parler, notamment avec ses parents qui lui opposent le silence depuis les faits. Si l’excision est aujourd’hui sévèrement punie et globalement en recul au Sénégal, le pays d’origine de la famille de Halimata, sa pratique est loin d’avoir disparu.

À travers des conversations enregistrées, la jeune femme tente d’arracher à sa mère des mots sur ce qui s’est passé au prix d’une terrible violence à son encontre : cette tradition qui lui a causé un sentiment indélébile de dépossession. Après avoir rompu le silence avec un livre, c’est à travers le dialogue qu’elle cherche désormais à se reconstruire.

De la région parisienne au Québec, où elle a vécu quelques années, en passant par le Sénégal, où elle n’était pas retournée depuis longtemps, Halimata débat avec ses proches, frère, cousines et amis. “J’avance entre deux mondes au prix d’une solitude que j’ai apprivoisée”, résume cette battante qui, derrière ses dehors de femme forte et indépendante, cherche encore douloureusement réparation.

Au-delà du scandale de l’excision qu’elle dénonce, son combat touche à la question de l’éducation, à laquelle elle est chaque jour confrontée dans le cadre du tribunal où elle travaille. Femme en mouvement, passionnée de littérature, admiratrice de Léopold Sédar Senghor, Halimata se raconte, entre coups de gueule et espoirs, dans un autoportrait introspectif formidablement vivant, annonce ARTE.

Halimata Fofana : "Après la sortie de Mariama, l’écorchée vive, j’ai participé à de nombreux reportages sur ce thème. J’avais malheureusement le sentiment qu’ils passaient toujours à côté du cœur du sujet, c’est-à-dire les raisons pour lesquelles les mères, elles-mêmes victimes de cette mutila- tion et de cette douleur atroce, repro- duisaient ce qu’elles avaient subi. Dans ces sujets, on ne les montre jamais, comme si elles étaient des monstres. Dans un contexte donné, elles ont pourtant cru bien faire. À leur arrivée en France, nos parents ne maîtrisaient ni la langue ni l’écriture. Leur culture était leur seul repère, d’où leur très fort attachement aux traditions. Tout cela, j’ai essayé de le comprendre".

Crédit photo © Compagnie des Phares & Balises.

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
À propos
leblogtvnews.com

Actu des médias par 2 passionnés, amateurs. Et tweets perso.
Voir le profil de leblogtvnews.com sur le portail Overblog

Commenter cet article