Documentaire inédit en 3 parties, ce soir : Le procès de Maurice Papon.

Documentaire inédit en 3 parties, ce soir : Le  procès de Maurice Papon.

Poursuite de la diffusion de la collection Crimes contre l'humanité, ce mercredi 16 avril sur France 3. Les trois parties du document Le procès de Maurice Papon sont programmées dès 21h05. Disponibles également sur france.tv.

Maurice Papon, haut fonctionnaire sous le régime de Vichy, supervise en 1942 la déportation de centaines de juifs depuis la préfecture de la Gironde. Après-guerre, il mène une carrière prestigieuse comme préfet, député et ministre sans jamais être inquiété.

En 1981, le journal Le Canard enchaîné révèle son rôle durant l’Occupation, documents à l’appui, entraînant une plainte pour crime contre l’humanité. Après 16 ans de procédures, son procès s’ouvre en 1997. Accusé de complicité dans la déportation de 1.600 juifs, il invoque l’obéissance aux ordres du gouvernement et la contrainte des occupants nazis, tandis que l’accusation souligne sa responsabilité consciente.

Condamné à 10 ans de réclusion en 1998 au terme d’un procès de plus de 6 mois, il est libéré en 2002 pour raisons de santé. Ce procès, symbole tardif de la responsabilité de la fonction publique continue de nourrir la réflexion sur la responsabilité individuelle.

Documentaire inédit en 3 parties, ce soir : Le  procès de Maurice Papon.

Auteurs de ce programme, Gabriel Le Bomin et Valérie Ranson Enguiale rappellent que que Maurice Papon ne s’est pas engagé dans la fonction publique pour servir une idéologie criminelle. "C’est un fonctionnaire qui se met au service de l’État comme il sera sous la IVeme et la Veme République. Les circonstances, c’est-à-dire l’occupation allemande, la Collaboration et le régime de Vichy le placent devant un choix crucial : obéir aux ordres iniques ou démissionner. Il fait le choix de rester à son poste et d’appliquer les ordres, comme il le fera plus tard en tant que préfet de police de Paris durant la guerre d’Algérie. C’est un fonctionnaire appliqué et ambitieux, toujours au service du pouvoir. C’est aussi un procès qui permet à la France de regarder frontalement la période de la Collaboration à travers le rôle de sa haute-administration. Ce moment de mémoire et de justice est fortement encouragé par le discours du président de la République Jacques Chirac lors de la commémoration de la rafle du Vel d’Hiv en 1995, reconnaissant la responsabilité de l’État français dans la déportation des juifs de France et sa complicité criminelle avec l’occupant. Enfin, à la différence de Barbie qui est en grande partie absent de son procès ou de Touvier qui demeure atone, Maurice Papon se bat bec et ongle et assure avec vigueur sa défense."

Gabriel Le Bomin et Valérie Ranson Enguiale, pour restituer fidèlement les enjeux historiques et judiciaires de ce procès, ont plongé dans l’importante littérature produite durant et après le procès et surtout dans les 360 heures filmées des audiences. "Grâce à la volonté de Robert Badinter, qui a autorisé la captation audiovisuelle de ces audiences, un matériau exceptionnel était à notre disposition. Il a fallu explorer cette matière première faite de témoignages puissants, de coups de théâtre, de moments d’émotions intenses… Cela nous permet de voir la justice en action en étant en totale immersion dans le procès. Laurent Joly, historien et Denis Salas, magistrat, ont également veillé durant les différentes étapes de l’écriture et de la fabrication à la justesse du contenu. Nous avons également interrogé toutes les personnes possibles ayant eu à faire avec ce procès (avocats, magistrats, journalistes, dessinateurs, intellectuels…)."

Crédit photos © Dana Productions - Mediawan.

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