10 Décembre 2025
Dans les salles dès ce mercredi 10 décembre, La condition. Un drame de Jérôme Bonnell.
Bande-annonce ci-dessous.
Avec Swann Arlaud, Galatea Bellugi, Louise Chevillotte et Emmanuelle Devos.
C’est l’histoire de Céleste, jeune bonne employée chez Victoire et André, en 1908.
C’est l’histoire de Victoire, de l’épouse modèle qu’elle ne sait pas être.
Deux femmes que tout sépare mais qui vivent sous le même toit, défiant les conventions et les non-dits.
Le tout début du XXème siècle est une période où l’idée du « rang » pesait encore beaucoup dans la bourgeoisie, qui était devenue la nouvelle aristocratie, avec un retour brutal de la morale de la religion, balayant les belles idées des Lumières. Un monde conformiste, très hypocrite où, vu de loin, le vernis semble joli et harmonieux, mais dès que l’on s’approche et que l’on gratte, apparaît une violence sans nom. Cette bourgeoisie-là nous a formé. De génération en génération, elle nous a donné la mauvaise habitude de nous taire, de sauver les apparences. Et c’est loin d’être fini, nous n’en sommes toujours pas affranchis. Certes, la libération des mœurs s’en est mêlée entre-temps, mais elle nous a aussi tendu beaucoup de pièges. Et nous le payons aujourd’hui.
Scénario de Jérôme Bonnell, d’après Amours de Léonor de Récondo.
Jérôme Bonnell :"J’ai d’abord imaginé un décor. Et puis, au fil du travail et sans l’avoir préétabli, je me suis surpris à écrire un huis clos. Il me paraissait naturel d’étouffer avec mes personnages, de ne jamais quitter ces murs, sauf à quelques exceptions. Le décor que je me figurais, conforme aux habitations de l’époque, était déjà très narratif en lui-même, avec le personnel en bas dans la cuisine, ou alors tout en haut dans les chambres de bonnes, et les bourgeois entre les deux. Comme si ces lieux étaient originellement conçus par la circulation du non-dit et de l’ignorance. Mais pour être franc, j’avais peur des limites du cinéma avec ce genre de sujet. Peur de faire un film binaire qui distribue les bons et les mauvais points, ce qui est un risque dès qu’on parle d’impunité et d’injustice. J’ai très vite tenu à ce que l’on s’identifie à tous les personnages, quels qu’ils soient. Au sens tragique. Mettre en lumière les ténèbres de l’âme. Qu’on ne soit jamais dans une vision confortable de la violence, ni dans un genre de récit qui ne ferait que prêcher des convaincus, ou seulement nous indigner."
Crédit photo © Diaphana Films
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