30 Novembre 2025
Diffusé ce dimanche 30 novembre à 21h05 sur France 5, le documentaire Les fantômes de l’Ukraine suit trois femmes à la recherche de leurs compagnons, soldats ou civils disparus dans l’enfer de l’occupation russe.
Nous vivons le douloureux combat de ces femmes, écartelées entre l’espoir d’un retour et l’angoisse d’un deuil impossible, filmées par la réalisatrice Anne Poiret, familière des zones de conflit. Le documentaire sera suivi d'un débat présenté par Aurélie Casse.
Les disparus sont un angle mort de la guerre en Ukraine, une douleur passée sous les radars médiatiques. Ces civils capturés par la Russie dans les territoires occupés, ces soldats engloutis dans l’enfer des combats, hantent pourtant, à l’arrière du front, toute la société ukrainienne et des femmes, par dizaines de milliers, cherchent un compagnon, un fils, une sœur.
Pendant deux ans, l'équipe de ce documentaire a suivi le combat de trois d’entre elles. Les maris de Ludmilla et de Ludeshka ont disparu sur le front en 2023, celui de Tetyana, un agriculteur de la région de Kherson, a été enlevé durant les premiers mois de l’occupation. Où sont-ils ? Écartelées entre l’espoir de les retrouver et l’angoisse d’un deuil impossible, elles assiègent les administrations, les morgues et les ONG, scrollent Internet à la recherche d’informations et attendent dans l’angoisse chaque nouvel échange de prisonniers, qui pourrait ramener leur homme.
Avec l’explosion de leur nombre — 73.000 au printemps 2025 —, l’Ukraine a fait le choix de ne pas attendre la fin de la guerre pour les localiser, faire revenir ses prisonniers et échanger les morts avec l’ennemi. Mais pour toutes ces femmes, comment continuer à vivre parmi tous ces fantômes ?
Si les disparus sont en majorité des hommes, soldats engloutis par les combats ou civils enlevés dans les territoires occupés par la Russie, la recherche est toujours menée par des femmes. S’intéresser à elles, c’est donc mettre en avant un autre point de vue sur la guerre, du côté des femmes — un female gaze en quelque sorte.
Comme Ludmila, Tetyana et Ludeshka, que j’ai commencé à filmer au cours de mes repérages il y a plus de deux ans, toutes s’accrochent, coûte que coûte, à l’idée d’un homme en vie quelque part. Parfois en dépit de tout sens commun. Elles leur parlent. Elles les cherchent, et cette quête dit finalement avant tout la puissance de l’amour qu’elles leur portent.
Crédit photo © Squawk
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