Isabelle Adjani et Laure Calamy sur scène dès ce samedi dans La fin du courage.

Isabelle Adjani et Laure Calamy sur scène dès ce samedi dans La fin du courage.

Pour une série de dix représentations, toutes complètes, les comédiennes Isabelle Adjani et Laure Calamy sont sur scène au Théâtre de l’Atelier dès ce samedi 17 janvier.

La Fin du courage est une pièce de la philosophe et psychanalyste Cynthia Fleury présentée sous forme d’une lecture mise en scène (avec Jacques Vincey).

Jusqu'au 8 mars, plusieurs duos d’interprètes se relaieront pour incarner les deux personnages – une auteure et une journaliste – au plus près d’un dialogue vivant, stimulant, profond et empreint d’humour et d’autodérision, qui interroge avec acuité ce que signifie « tenir » dans un monde en tension, est-il annoncé.

Une diversité de voix et de regards, reflétant l’idée chère de cette philosophe et essayiste selon laquelle le courage s’élabore dans la pluralité.

Cynthia Fleury :

"Entre découragement du présent et reconquête de l’avenir, ce dialogue mis en scène montre en quoi il n’y a pas de courage politique sans courage moral et démontre comment un retour à l’exemplarité politique est non seulement possible et nécessaire, mais urgent. Chaque époque affronte, à un moment de son histoire, son seuil mélancolique. De même, chaque individu connaît cette phase d’épuisement et d’érosion de soi. Cette épreuve est celle de la fin du courage. Comment convertir le découragement en reconquête de l’avenir ? Notre époque est celle de l’instrumentalisation et de l’effacement du courage.

Mais ni les démocraties ni les individus ne peuvent en rester à ce constat d’impuissance. Nul ne résiste à cet avilissement moral et politique. Il s’agit de surmonter ce désarroi et de retrouver le ressort du courage, pour soi, pour nos dirigeants si souvent contre-exemplaires, pour nos sociétés livrées à une impitoyable guerre économique liée aux faillites démocratiques, et au-delà. Le plus sûr moyen de s’opposer à l’entropie démocratique reste l’éthique du courage et sa refondation comme vertu démocratique. Il n’y a pas de courage politique sans courage moral et la philosophie permet de fonder une théorie du courage qui articule l’individuel et le collectif.

Car si l’homme courageux est toujours solitaire, l’éthique collective du courage est seule durable. Au travers de la forme théâtrale, dans cette tradition des dialogues, j’ai voulu mettre en joute deux visions du courage, deux formes de négociation avec le monde, ses insuffisances, ses dérives et ses périls grandissants.

J’ai l’espoir que ce « moment » se prolonge ailleurs et autrement, pour aller au- devant de publics qui spontanément ne lisent pas de la philosophie. »"

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