1 Février 2026
« Le JDD se tient aux côtés des victimes, qui assurent être profondément blessées par le maintien de Morandini à l’antenne ».
Voilà une phrase que l’on ne s’attendait pas à retrouver dans l’hebdomadaire Le Journal du Dimanche, de la Galaxie Bolloré. Elle figure en conclusion d’une brève dans la rubrique Bonne semaine / Mauvaise semaine.
Le court article rappelle que Morandini a présenté ses « excuses les plus sincères » et regrette des paroles et des échanges écrits, et précise que celui qui est toujours animateur sur CNEWS est définitivement condamné à deux ans de prison avec sursis et 20.000 euros d’amende pour corruption de mineurs. Il est aussi définitivement condamné, dans une autre affaire, pour harcèlement sexuel, puisqu’il s’est désisté de son pourvoi en cassation.
Le 28 janvier, la F3C-CFDT et le SNME CFDT ont dénoncé avec la plus grande fermeté, dans un communiqué, la décision de la Direction du Groupe Canal+ de maintenir à l’antenne de CNEWS Jean-Marc Morandini, alors même que sa condamnation pour corruption de mineurs est désormais définitive.
"En 2016, la Direction de Canal+ s’était engagée publiquement à ce que Jean-Marc Morandini quitte le groupe et ce, sans indemnité, en cas de confirmation de sa condamnation. Le 15 janvier 2026, la Cour de cassation a rendu cette condamnation irrévocable : deux ans de prison avec sursis, 20 000 euros d’amende, une interdiction définitive d’exercer toute profession en contact avec des mineurs, une inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles. Ces faits sont établis. La justice a tranché. Et pourtant, la Direction du Groupe Canal+ affirme « assumer complètement » son maintien à l’antenne.
La F3C-CFDT et le SNME CFDT le disent clairement : cette décision est une faute morale et sociale. Comment un groupe audiovisuel d'envergure mondial peut-il prétendre défendre des valeurs éthiques tout en exposant à l’antenne une personne condamnée pour corruption de mineurs ? Comment oser parler de prévention, de protection, de « Safe Place », quand les actes contredisent aussi violemment les discours ?"
En maintenant Jean-Marc Morandini à l’antenne, Canal+ envoie un message méprisant, pouvait-on lire dans le communiqué :
"Aux victimes : votre parole ne pèse pas lourd, aux salariés : les engagements affichés ne valent rien face aux intérêts éditoriaux, à la société : la condamnation pour des faits impliquant des mineurs n’est pas un obstacle à l’exposition médiatique. Ce choix met à mal la crédibilité de tous les dispositifs internes de signalement des violences, du harcèlement moral ou sexuel et des agissements sexistes. Il dissuade les victimes et les témoins de parler et banalise l’inacceptable. Dans sa charte éthique de décembre 2024, le Groupe Canal+ affirme pourtant : « Une tolérance zéro face aux discriminations, au harcèlement moral ou sexuel et aux agissements sexistes » et un engagement à « respecter et promouvoir les droits humains et les libertés fondamentales ». Nous demandons solennellement à la Direction du Groupe Canal+ de respecter les victimes, de respecter ses engagements de 2016 et de mettre ses actes en conformité avec ses principes affichés."
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