Communiqué de la SDJ de France Télévisions, concernant notamment Eugénie Bastié (L'heure de vérité).

Communiqué de la SDJ de France Télévisions, concernant notamment le recrutement de Eugénie Bastié (pour l'émission L'heure de vérité).

Communiqué de la SDJ de France Télévisions, concernant notamment Eugénie Bastié (L'heure de vérité).
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V
Madame, Monsieur,<br /> <br /> Votre communiqué du 5 mai 2026, publié au nom de la SDJ de France Télévisions, appelle une réponse ferme.<br /> <br /> Vous affirmez que « l’information n’est pas une opinion ». Le principe est juste. Mais encore faut-il l’appliquer avec cohérence. La déontologie journalistique ne consiste pas à écarter certains profils du débat public parce qu’ils ne correspondent pas à la sensibilité dominante supposée d’une rédaction. Elle consiste à garantir au public des faits vérifiés, une présentation honnête des enjeux, une séparation claire entre information et commentaire, ainsi qu’un réel pluralisme des opinions.<br /> <br /> Or votre communiqué donne le sentiment inverse.<br /> <br /> En visant nommément Eugénie Bastié, non pour un manquement professionnel précisément établi, mais pour son positionnement éditorial supposé, vous ne défendez pas la neutralité du service public : vous donnez l’impression de vouloir contrôler idéologiquement le périmètre des voix autorisées à l’antenne.<br /> <br /> C’est profondément problématique.<br /> <br /> Le service public audiovisuel n’appartient ni à une rédaction, ni à une société de journalistes, ni à une sensibilité politique particulière. Il appartient aux Français. Sa mission n’est pas de protéger le public contre les opinions qui déplaisent à certains journalistes. Sa mission est d’exposer loyalement les citoyens à la diversité des courants de pensée qui traversent le pays.<br /> <br /> Le pluralisme ne consiste pas à inviter seulement les personnalités jugées acceptables par un entre-soi éditorial. Il consiste à organiser une confrontation honnête, argumentée et contradictoire entre des faits, des analyses et des opinions différentes.<br /> <br /> Votre communiqué aurait pu poser une exigence générale : transparence des rôles, distinction entre journaliste, éditorialiste et militant, absence de conflits d’intérêts, contradiction effective, vérification des faits. Cela aurait été légitime.<br /> <br /> Mais en ciblant une personne identifiée pour ses opinions conservatrices ou souverainistes, vous prenez le risque de transformer une exigence déontologique en réflexe d’exclusion idéologique.<br /> <br /> Après les travaux de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, France Télévisions devrait redoubler d’exemplarité. Le moment impose davantage de rigueur, de transparence et d’humilité. Il ne permet plus les ambiguïtés. Toute prise de position publique donnant l’impression que certains courants d’opinion seraient moins légitimes que d’autres sur le service public alimente la défiance des citoyens.<br /> <br /> Il est donc nécessaire que la SDJ clarifie sa position.<br /> <br /> Défendez-vous une règle déontologique applicable à tous les intervenants, quelles que soient leurs opinions ? Ou défendez-vous l’idée que certaines sensibilités politiques ou intellectuelles devraient être tenues à distance de l’antenne publique ?<br /> <br /> Dans le premier cas, votre démarche peut être entendue.<br /> <br /> Dans le second, elle est incompatible avec l’esprit même du pluralisme que France Télévisions a l’obligation d’incarner.<br /> <br /> La déontologie n’est pas un instrument de tri idéologique. Elle ne peut pas servir à disqualifier une journaliste au motif que ses analyses dérangent. Elle doit protéger le public contre la désinformation, mais aussi protéger le débat démocratique contre l’entre-soi, la censure implicite et les procès d’intention.<br /> <br /> Le service public doit se reprendre. Il doit cesser de donner le sentiment qu’une partie de ses rédactions confond neutralité journalistique et homogénéité idéologique.<br /> <br /> Les Français n’attendent pas de France Télévisions qu’elle leur dise quelles opinions sont fréquentables. Ils attendent qu’elle leur donne les moyens de comprendre, de comparer et de juger librement.<br /> <br /> C’est cela, le pluralisme.<br /> C’est cela, la déontologie.<br /> Et c’est cela que le service public doit garantir.<br /> <br /> "La déontologie journalistique ne doit pas devenir le nom respectable d’une police des opinions."<br /> <br /> Victor Vibius
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