12 Juin 2026
Le Conseil Consultatif des Programmes de France Télévisions a réuni une trentaine de membres représentatifs de la diversité de la société française et du public audiovisuel. Tout au long de l'année, ils ont été invités à interroger sur ce qu'un audiovisuel de service public devrait apporter aujourd'hui et demain, non seulement dans ses programmes, mais dans sa manière d'habiter le quotidien dans un paysage médiatique profondément recomposé.
Ce vendredi 12 juin, les conseillers se sont rendus au siège de France Télévisions pour remettre leurs conclusions à la direction et aux équipes du groupe public.
Cette année d'échanges fait apparaître un service public dont la légitimité est solidement reconnue, mais dont la mise en œuvre est interrogée avec une exigence croissante, communique le groupe audiovisuel public.
Rapport complet :
"Les membres du Conseil ne remettent pas en cause le principe d'un service public audiovisuel. Ils lui reconnaissent une place singulière dans le paysage médiatique, fondée sur des valeurs distinctives : fiabilité, accessibilité, pluralisme, souci de l'intérêt général. France Télévisions n'est pas perçu comme un diffuseur parmi d'autres, mais comme un acteur investi d'une responsabilité particulière, celle de garantir un accès commun à l'information, aux savoirs, à la culture, là où la seule logique marchande ne suffirait pas. Cette légitimité forte a pour contrepartie une exigence élevée. Le public pardonne moins ses ambiguïtés au service public qu'aux autres acteurs. Ce qui ressort des débats, c'est moins un déficit d'offre qu'un déficit de repères : des contenus jugés utiles et qualitatifs, mais découverts tard ou par hasard, une identité éditoriale parfois difficile à saisir.
L'information est le territoire sur lequel France Télévisions bénéficie du socle de légitimité le plus solide. Dans un environnement médiatique saturé et souvent anxiogène, le service public est perçu comme un repère de vérification, de hiérarchisation et de mise en perspective. Cette confiance s'accompagne d'exigences claires. Les membres du Conseil ne demandent pas une information plus neutre, terme qu'ils jugent flou ou trompeur, mais plus impartiale, plus transparente sur sa méthode. Ils souhaitent comprendre comment les sujets sont choisis, comment les sources sont recoupées, comment l'éditorial se construit. La confiance ne peut rester un héritage symbolique : elle doit, selon le Conseil, être activement entretenue. Face à des pratiques d'information de plus en plus hybrides et morcelées, le Conseil formule une attente forte : que France Télévisions devienne un véritable « média-guide », capable de proposer plusieurs niveaux de lecture d'un même sujet selon les besoins du moment.
Le divertissement n'est pas perçu par les membres du Conseil comme un registre secondaire ou une concession à la logique d'audience. C'est au contraire l'un des moyens par lesquels un média public peut rassembler, créer du lien, proposer des expériences partagées entre publics différents. France Télévisions est reconnu pour ses réussites dans la fiction. Des séries comme Sambre ou L'Affaire Laura Stern sont citées comme des démonstrations de ce que peut produire une fiction de service public engagée. Le Conseil exprime une réserve récurrente sur l'équilibre d'ensemble de l'offre : perçue comme trop dominée par les polars et les récits sombres, elle est insuffisamment identifiée à des programmes plus fédérateurs et plus intergénérationnels. Les membres souhaitent également des formats de divertissement plus joueurs, moins retenus dans leur rapport au plaisir télévisuel."
Actu des médias par 2 passionnés, amateurs. Et tweets perso.
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