Publication ce mercredi d'un roman de la comédienne et cinéaste Josiane Balasko, Le dernier sanctuaire.

Publication ce mercredi d'un roman de la comédienne et cinéaste Josiane Balasko, Le dernier sanctuaire.

Publication ce mercredi 3 juin d'un roman de la comédienne et cinéaste Josiane Balasko, Le dernier sanctuaire.

Un pur roman de résistance et d'espoir, une grande bouffée d’optimisme, annonce l'éditeur Calmann-Levy à propos de ce livre de 400 pages vendu près de 21 euros.

On les appelle les Protecteurs.

Ils sont onze, sept hommes, trois femmes et un adolescent, les seuls à résister encore contre un monde qui a fait de la nature un terrain de chasse pour milliardaires en quête de trophées.

Cachés dans une ancienne mine au milieu des montagnes, traqués de toutes parts, ils se battent pour sauver les derniers animaux sauvages.

Jusqu’à ce jour d’hiver où deux femmes surgissent dans leur refuge.

Tomassa, une vieille Indienne aveugle, mais d’une lucidité troublante.

Lucie, une jeune héritière fantasque… pas si écervelée qu’elle en a l’air.

Leur arrivée va bouleverser l’équilibre fragile des Protecteurs.

Car sans le savoir, Lucie et Tomassa portent en elles à la fois le danger… et l’espoir.

Publication ce mercredi d'un roman de la comédienne et cinéaste Josiane Balasko, Le dernier sanctuaire.

Le début :

Pacôme était de garde cette nuit-là. Malgré son jeune âge, dix-huit ans à peine, le froid intense et les bourrasques glaciales ne l’engourdiraient pas, le manque de nourriture n’altérerait pas ses sens. Il veillerait toute la nuit, installé sur une haute branche, attentif au moindre craquement, à la moindre lueur sur les flancs de la montagne.

Pacôme et les dix Protecteurs de la Terre continueraient à protéger coûte que coûte le dernier Sanctuaire.

Depuis trois semaines, les mauvaises conditions météo avaient interrompu les safaris et Pacôme, comme les siens, profitait d’un répit. Le jeune homme avait même aperçu une meute de loups quelques jours plus tôt, tous d’une extrême maigreur. L’un d’eux était blessé et semblait en bout de course.

Demain les hommes partiraient chasser, les réserves de nourriture s’amenuisant. Ils chassaient à l’arbalète, leur seule arme avec la fronde, qu’ils utilisaient et maniaient avec dextérité, ciblant les plus vieux sujets de la harde. La viande serait fumée et consommée avec parcimonie, la peau finirait en couverture ou en vêtements rudimentaires.

Pacôme avait faim. Et très froid. Il resserra sa pelisse contre lui en pensant à la fourrure de cette vieille ourse que les Prédateurs avaient abattue l’automne précédent. Elle lui aurait tenu bien chaud, mais il répugnait toujours à l’idée de s’envelopper dans la dépouille de l’animal.

Les Prédateurs étaient équipés de fusils à lunette dernier modèle, à détecteur infrarouge et vision nocturne. Ils débarquaient à motoneige, escortés par les Forestiers. Global Safari faisait payer ces chasses organisées des sommes considérables, qui doublaient pendant la période d’hibernation. Une fois l’animal abattu, l’usage était qu’ils se prennent en photo devant sa dépouille, souriants et bravaches, et publient les clichés sur les réseaux sociaux.

Un jour, tapi derrière un talus, Pacôme avait pu les observer, le cœur rempli de haine et d’impuissance. Au retour, il s’était fait copieusement engueuler par sa mère. Il avait mis non seulement sa vie en péril, mais aussi l’existence du Sanctuaire. Les Forestiers ne plaisantaient pas. Soit ils tiraient à vue, soit ils capturaient les « Parasites », comme ils appelaient les Protecteurs, et recouraient à des méthodes perfectionnées pour les faire parler.

C’est ce qui s’était passé au Sanctuaire de Kotumbé. Qu’il aille demander à Marva, la seule survivante d’une équipe de trente personnes qui protégeaient les derniers rhinocéros du Kenya.

« La haine est mauvaise conseillère, avait dit Hélène.

— Harold a bien descendu un Forestier, l’hiver dernier !

— Il n’a pas eu le choix. Sinon on y passait tous. Si on avait pu l’éviter… »

Les hommes avaient transporté le corps par moins trente degrés sur des dizaines de kilomètres, de nuit et sous une tempête de neige implacable, pour l’abandonner loin du Sanctuaire. Deux d’entre eux y avaient laissé des orteils. Or, le refuge possédait très peu de médicaments : quelques produits à usage vétérinaire et les remèdes à base de plantes concoctés par Hélène.

Peu de temps après, des drones avaient survolé le site et une escouade de Forestiers avait procédé à plusieurs patrouilles. Terré avec les autres au plus profond d’une galerie, Pacôme avait été submergé par une peur panique, au point qu’il s’était blotti contre sa mère.

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