Dès le 9 septembre sur arte.tv : Vacances en propagande, quand la Russie invite des enfants européens en colonie.

Dès le 9 septembre sur arte.tv : Vacances en propagande, quand la Russie invite des enfants européens en colonie.

Document à voir dès le mercredi 9 septembre 2026 sur arte.tv et le compte YouTube Sources de ARTE : Vacances en propagande, quand la Russie invite des enfants européens en colonie.

Un sujet réalisé par Tetiana Pryimachuk, co-produit par ARTE France et CAPA Presse.

Chants patriotiques, fabrication de filets de camouflage, entraînements encadrés par des membres de la milice Wagner. Voilà le programme des enfants russes envoyés en colonie de vacances à Artek, au bord de la mer noire. Enquête sur un lieu de villégiature transformé en outil de propagande du Kremlin.

"C'est un centre de vacances renommé, au bord de la mer Noire baignée de soleil. D'une taille équivalente à la surface de Monaco, le camp Artek, au sud de la Crimée envahie et annexée par la Russie en 2014, accueille par sessions successives des enfants de 8 à 17 ans, pour des séjours de trois semaines, tous frais payés par le gouvernement russe. Au programme : entraînements sportifs, écriture de lettres envoyées aux soldats russes sur le front, confection de filets de camouflages destinés aux mêmes forces, initiation au maniement des armes avec des membres de la milice Wagner, et endoctrinement quotidien. S'y amusent des jeunes venus de toute la Russie, aux côtés d'enfants ukrainiens des territoires occupés, mais également d'enfants européens, français, allemands, finlandais, autrichiens, grecs, belges, italiens…

En juin 2024, l'Union européenne a placé le centre de vacances, faux-nez d'une opération d'influence russe à grande échelle, sur la liste de ses "sanctionnés". Pourquoi alors, deux ans plus tard, des enfants européens continuent-ils à y être envoyés ? Quels sont les réseaux de recruteurs en France, qui déclarent vouloir former une "jeunesse française loyale à la Russie" ? Et que dit notre gouvernement, questionné sur l'absence de sanctions concernant ces agents qui œuvrent sur le sol national ?

Grâce au principe d'enquête en "sources ouvertes" propre au magazine Sources, la journaliste Tetiana Pryimachuk scanne Internet et les réseaux sociaux à la recherche des protagonistes de cette opération d'influence, dont Emmanuel Leroy, président du comité de sélection pour la France chez Artek, ancien membre du Front national, un temps proche de Marine Le Pen, ou la directrice de la Maison russe à Paris, Svetlana Zhilina."

Ce passionnant travail d'enquête éclaire une section particulièrement performante du soft power russe, énième avatar de la guerre hybride que Vladimir Poutine mène sur tous les territoires européens, est-il annoncé.

Malgré des sanctions européennes, en vigueur depuis 2024, les enfants ukrainiens et européens continuent d'y aller. La plupart des familles qui y envoient leur progéniture sont des ressortissants russes installés en Europe depuis longtemps et dont les enfants sont nés en France, en Belgique, en Autriche ou en Allemagne. Certains ont la double nationalité, mais pas tous, le participant interrogé dans l'enquête était "franco-français", par exemple. Nous avons découvert un comité de sélection pour la France et avons contacté l'organisatrice franco-russe Tatiana Bokova, en nous faisant passer pour une mère intéressée. Par téléphone, elle a affirmé que soixante enfants français y étaient inscrits pour la session d'été.

Tetiana Pryimachuk

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