Bande-annonce du film Du fioul dans les artères, avec Alexis Manenti.

Bande-annonce du film Du fioul dans les artères, avec Alexis Manenti.

Dans les salles dès le 2 décembre, le drame Du fioul dans les artères.

Un film de Pierre Le Gall, avec Alexis Manenti et Julian Swiezewski.

Étienne est routier. Accroché à la route, il réduit sa vie affective à des rencontres anonymes et éphémères sur des parkings. Quand il croise Bartosz, un camionneur polonais, sa solitude est bouleversée.

Alexis Manenti dit que cette histoire d’amour l’a touché, et il a aimé découvrir l’univers des routiers, qu'il ne connaissait pas. Il a rencontré le réalisateur peu après avoir lu son scénario. "Je l’ai trouvé doux, très à l’écoute et délicat dans sa manière de me parler de son film. Les séquences d’intimité m’intimidaient, car je suis très pudique et j’en avais peu tourné jusqu’alors. Mais Pierre a su me rassurer et m’inspirer confiance. J’ai aimé le regard qu’il posait sur moi en tant qu’acteur et en tant qu’homme. Je l’ai senti curieux, très documenté sur le milieu des routiers, désireux de travailler avec moi, et surtout, très animé par son projet."

Pierre le Gall : "Lors du premier confinement, j’ai été touché par les reportages qui mettaient en avant les métiers peu valorisés mais fondamentaux au bon fonctionnement de notre société. J’ai été marqué par ces femmes et ces hommes qui travaillaient dans des conditions inconfortables, voire dangereuses face au virus, et qui pourtant continuaient sans colère. Malgré le peu d’égards qu’on leur porte, les routiers semblaient animés par une conscience solidaire, fiers de transporter tout ce dont la population a besoin pour se nourrir et vivre. J’ai pris conscience que sans leurs camions, la France serait à court de ressources en 48 heures... et que tout ce qui nous entourait avait été un jour ou l’autre transporté par un camion, absolument tout ! Je me suis intéressé à leur mode de vie : beaucoup de routiers partent encore à la semaine et vivent leurs relations sentimentales et l’éducation de leurs enfants seulement le week-end ou à distance. Mais tous parlent de leur amour de la route. C’est aussi cela qui m’a touché : un milieu avec une vraie fierté professionnelle.

Étienne, j’y ai mis de moi-même et de Jean-Sébastien Lefort, le routier avec lequel j’ai découvert ce métier. Jean-Sébastien est fils de routier, c’est son père qui lui a transmis sa passion, comme cela arrive encore fréquemment dans cette profession. C’est un travailleur méticuleux, loyal, et surtout un homme sensible, curieux et généreux. Il a tout de suite accepté de m’embarquer avec lui. Je l’ai accompagné en Angleterre, où nous avons vécu en direct la réouverture des frontières post-Covid et la grève du personnel maritime. Nous avons sympathisé et sommes repartis ensemble en Italie et en Suisse. Jean-Sébastien est même devenu le conseiller technique pour les camions lors du tournage du film.

Bartosz, quant à lui, a été pensé comme un personnage libre dans sa tête, mais qui doit accepter d’être exploité pour acheter sa liberté. Mes premières recherches m’avaient fait prendre conscience de la réalité économique concurrentielle du milieu routier européen : les Français ne sont plus assez compétitifs en Europe et sont cantonnés à ne rouler plus qu’en France. Forcément, cela crée des tensions : les routiers de l’Ouest éprouvent énormément de ressentiment envers leurs confrères de l’Est. L’envie de recréer une fraternité entre travailleurs étrangers a fait naître ce personnage de routier polonais, qui déjouait les a priori xénophobes en étant libre, drôle et surprenant."

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