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Cour d'Assises. La justice au grand jour sur France 3.

 



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Le documentaire "Cour d'Assises" sera programmé le lundi 22 octobre à 20h55 sur France 3. Un documentaire qui suit dans son intégralité le procès d’assises de la cour d’Amiens, jugeant un meurtre avec préméditation.  Selon la chaîne, "un film qui, au-delà du drame intime de deux familles, prend soin d’expliquer dans ses moindres détails le déroulement du procès, jusqu’à son dénouement. "





Une production" Tony Comiti productions".





La présentation de cette soirée par France 3 :


"Il y a trois ans, dans un petit village du Nord de la France, un père de famille sans histoire, est retrouvé carbonisé dans sa voiture. Sa mort tragique laisse derrière lui une veuve et trois orphelines. Trois mois plus tard, Jean-Léon Cazier, un petit garagiste, sans passé judiciaire est incarcéré pour ce meurtre. Fou de jalousie, il est accusé d'avoir brûlé vif celui qu'il croyait être l'amant de son épouse.
En juin 2007, après trois années passées en prison préventive, Jean-Léon Cazier comparaît devant la Cour d'Assises d'Amiens pour répondre du meurtre avec préméditation.

Exceptionnellement, la Justice a permis que soit intégralement filmé ce procès d'Assises. Dans les coulisses du tribunal, et pendant les trente heures d'audience, les caméras ont filmé le travail de tous ceux qui ont la lourde charge de rendre la Justice.
L'accusé a-t-il vraiment tué parce qu'il était un mari trompé ? Sa femme qui témoignera à la barre dira-t-elle toute la vérité ? Jean-Léon Cazier reconnaît être l'auteur du crime, mais il nie avoir prémédité le meurtre. Comment son avocat va-t-il défendre un homme que tout accuse ?
Pendant tout le procès, le jury populaire essaiera de comprendre ce qui a poussé Jean-Léon Cazier à commettre ce crime.

Avant le procès, les auteurs du film ont également filmé la famille de la victime et celle de l'accusé chez elles, afin de comprendre ce que chacune attendait de la Justice dans cette affaire, ce qu'elles redoutaient, ce qu'elles espéraient".









Jean-Charles Doria a réalisé ce documentaire. Il revient sur son travail :


"Nous avons voulu introduire nos caméras dans un lieu qui leur est rarement accessible. Si les cours de correctionnelle ont été beaucoup vues à la télévision et au cinéma, pour les assises, c’est beaucoup plus rare. Nous voulions aussi expliquer le fonctionnement d’une cour d’assises, avec son jury populaire issu des listes électorales, qui devient du jour au lendemain juge d’une affaire très grave, une affaire criminelle, où l’accusé, comme dans le cas qui nous occupe, encourt la perpétuité. 



Au départ, je n’avais aucune certitude sur le fait qu’une cour d’assises accepterait de nous ouvrir ses portes. J’ai donc contacté plusieurs cours d’appel, sachant que les cours d’assises en dépendent. Certaines, favorables à ma requête, m’ont fait part d’affaires qui pourraient être intéressantes pour le téléspectateur. Des affaires significatives, mais pas forcement les plus dramatiques ou les plus noires. C’est ainsi que j’ai choisi l’affaire Jean-Léon Cazier, accusé de meurtre avec préméditation, et jugé à la cour d’assises d’Amiens. Cette affaire nous paraissait aussi intéressante que représentative, car Jean-Léon Cazier, c’est véritablement « Monsieur Tout le monde » : voilà un garagiste de campagne qui n’a rien d’un délinquant et qui du jour au lendemain bascule dans un acte criminel… A travers le film de ce procès, nous avons eu envie de comprendre ce qui a pu lui arriver… 



Le premier pas a consisté à rencontrer le procureur et le président de la cour, pour voir ce qu’il était possible de faire — ou pas — avec cette affaire. J’ai rencontré ensuite l’accusé et son avocat, favorables à notre démarche. J’ai essayé de savoir quel intérêt l’accusé portait au fait que l’on vienne filmer son procès. Il y avait beaucoup réfléchi, et son obsession était que les gens comprennent qu’il avait commis ce crime par amour. Cazier voulait que cette idée-là ressorte du procès et du documentaire : il n’était ni malhonnête ni un monstre, juste un homme ordinaire qui avait fait « une bêtise » selon ses propres termes, et cette bêtise, il l’avait faite par amour. C’est le message qu’il voulait faire passer. 



Une fois obtenu l’assentiment de l’accusé, j’ai contacté sa famille. Il leur avait écrit qu’il était favorable à ce que l’on filme son procès. Malgré tout, quand j’ai eu l’épouse de Cazier puis sa mère au téléphone, il n’a pas été si facile de les convaincre. Un mois avant le procès, elles étaient très anxieuses et très tendues, pleines de questionnement, avec la peur de la comparution à venir, puisqu’elles allaient toutes les deux avoir à témoigner, et la peur du verdict évidemment. Pour ces personnes très simples et très rurales, l’idée même des caméras était très perturbante. Je suis allé les rencontrer dans leur petit village de la Somme et nous avons beaucoup parlé. Il leur importait beaucoup que leur fils et époux ne fasse pas figure de monstre sanguinaire qui aurait tout calculé de sang-froid. Elles avaient très envie que l’on comprenne bien qu’avant ce drame Jean-Léon était un gars sans histoire, un bon père de famille, un bon fils, un bon garagiste, apprécié de tous dans le village… C’est cette volonté-là qui leur a fait accepter notre présence et m’a permis d’obtenir leur confiance. 



Quant à la famille de la victime, elle n’avait aucun intérêt à raconter son histoire, l’histoire de ce père et mari mort dans des conditions dramatiques. Elle n’avait aucune bonne raison pour accepter d’être filmée dans cette intimité et cette souffrance.
J’ai le sentiment que les membres de cette famille ont senti que la caméra était peut-être pour eux un moyen de traverser cette étape, de se sentir un peu épaulés. J’ai veillé à ce que ce soient toujours les mêmes personnes de l’équipe qui les suivent, ainsi, ils ont pu commencer à poser quelques mots, parler de leur souffrance et formuler ce qu’ils avaient envie de dire à l’accusé sans avoir à le faire directement. Nous les avons filmés cinq jours avant le procès, chez eux dans leur village, chez leur avocat, respectant leurs émotions ou leurs blocages, quitte à ne pas faire tourner la caméra et à reporter les séquences que l’on avait prévues… C’était difficile de poser les bonnes limites, de savoir doser entre le besoin qu’on avait de recueillir leur parole et leur désir d’intimité… 



Nous avions quatre caméras en permanence dans la cour d’assises, dont une qui a filmé du début à la fin, afin d’être sûrs d’avoir tous les éléments. A la fin, nous avions plus de cent heures de bande, soit trente heures de procès multiplié par quatre caméras. Nous nous sommes efforcés d'être le plus pédagogiques possible, parce que ce n’est pas évident de comprendre tout ce qui se passe, le tirage au sort des jurés, qui prend la parole et à quel moment, le rôle de chaque avocat, de l’avocat général, le rôle du président, le rôle exact des jurés… par exemple, avant d’assister à ce procès, j’ignorais que le président et ses deux assesseurs participaient au vote du verdict. Trois magistrats assistent donc les jurés, au moment du délibéré, pour le vote de la peine et de la peine de sûreté. Nous avons expliqué ce qu’est une peine de sûreté, et ce que juge une cour d’assises, c’est-à-dire les crimes les plus graves. Et nous avions avec l’affaire Cazier le crime le plus grave qui soit, juridiquement parlant, soit un meurtre avec préméditation. "


(propos recueillis par Noelle Corbefin).




Photos copyright  François Besson / Tony Comiti Productions.

 


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