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36, Quai des orfèvres : incursion dans les brigades de répression du proxénétisme et de protection des mineurs.


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Documentaire à découvrir ce lundi 12 novembre sur France 3, à 20h55 ,"36 quai des Orfèvres : au cœur de la Brigade de répression du proxénétisme ". Puis seconde partie moins d'une heure plus tard, "Au coeur de la brigade de protection des mineurs".




Un film de Myriam Aklil.




Concernant la première partie,exceptionnellement, la direction de la police judiciaire et le Parquet de Paris ont autorisé à installer une caméra au cœur de la Brigade de répression du proxénétisme pendant plusieurs mois.




De la filature à la garde à vue, en passant par les interpellations de proxénètes, le spectateur est placé au cœur des différentes étapes du lent travail d’investigation des policiers. Enquêtes de voisinage, écoutes téléphoniques, filatures… tous les moyens sont bons pour faire la chasse aux différentes formes de proxénétisme. En France, la rémunération d’une prestation sexuelle n’est pas interdite. 15.000 à 18.000 femmes se prostituent dans notre pays. Seule la personne qui tire profit des « filles » est sanctionnée. La loi française prévoit jusqu’à 10 ans de prison pour proxénétisme aggravé. En immersion au cœur d’un milieu rarement accessible, la caméra se fait discrète afin de capter au plus près les interrogations, les doutes, les victoires ou les échecs de ces policiers chargés d’éradiquer le proxénétisme sous toutes ses formes.




La réalisatrice a pu capter le quotidien de cette brigade centrale composée de 55 policiers spécialisés. Leur lieu de travail ? Une capitale qu’ils auscultent en permanence. Observateurs privilégiés de la nuit parisienne, ils en connaissent le rythme, les tensions et les mouvements.






La réalisatrice Myriam Aklil explique à Noëlle Corbefin le contenu de ce documentaire :



Dès le départ, j’ai essayé d’éviter les clichés, mais la nature même du sujet de cette prostitution discrète m’a aidée. Depuis la loi de 2003, notamment sur le racolage passif, la prostitution a déserté les trottoirs pour monter dans les étages. Tout se fait de façon plus discrète, par le biais d’Internet ou dans de prétendus salons de massage. Le cliché de la prostituée arpentant son bout de trottoir n’est plus d’actualité.



Comme pour tous les sujets, la clé de la réussite réside dans le climat qui s’instaure avec les personnes que l’on filme. Pendant trois mois, je n’ai pas tourné une seule image, et les quelques bouts d’histoires ébauchées ont fini à la poubelle ! Tout simplement parce qu’il a fallu tout ce temps pour que les policiers que je suivais aient confiance en moi. Pour eux, j’étais un témoin extérieur gênant dans leurs affaires, les filatures, bref leur quotidien. Le film a été tourné dans les trois ou quatre dernières semaines, alors que je venais de passer plusieurs mois en immersion totale avec eux, dans leurs « sous-marins », souvent sans caméra…



Il a fallu aussi expliquer que c’était également par le biais de ces affaires sans gloire et sans tapage médiatique que l’on parviendrait à faire comprendre cette réalité du proxénétisme. C’est vrai qu’on est loin des hôtels de luxe et des « passes » à 10 000 euros. C’est un autre versant de la prostitution, plus banale et quotidienne, mais elle représente 80 % du quotidien de la Brigade du proxénétisme.



Nous avons eu la chance de tomber sur un flagrant délit de gang-bang. A l’origine, le gang-bang définit une pratique des milieux échangistes où une femme se prostitue avec plusieurs hommes à la fois. Ce couple belge de notre histoire dit pratiquer le gang-bang par plaisir, sauf que monsieur est pris en flagrant délit d’encaissement d’argent, et qu’il ne se cache même pas, installé sous les caméras de surveillance de son hôtel… Un gang-bang sans échange d’argent est tout à fait toléré, mais dès lors que l’argent circule, il y a exploitation d’une personne par une autre personne. Il existe de nombreux sites d’annonces de gang-bang sur Internet. Le tout est de tomber sur une affaire qui se monnaye. 



C’est la première fois que la Brigade arrivait à coincer un gang-bang avec des preuves aussi flagrantes. Mais ce qui est formidable, c’est que tout au long du film on ne prend pas ce couple très au sérieux, juste des amateurs imprudents, en tout cas, c’est ce qu’ils veulent nous faire croire… sauf qu’à la fin la fille « se lâche » au terme de la garde à vue et « mange » le morceau tout à fait involontairement ! C’est le bonheur de ce métier ! On n’est pas dans la fiction, mais dans le réel, et ce qui était inimaginable après les auditions de ce couple arrive en quelques secondes… fatigue, inattention, frustration… si la fille « se lâche » devant ma caméra, c’est que j’ai passé près de quinze heures à ses côtés et qu’un réalisateur n’est pas là seulement pour filmer et poser des questions… il doit aussi savoir écouter !



Ce film repose sur les épaules des sept policiers qui m’ont finalement fait confiance et embarqué dans leur quotidien. Or, la brigade en compte 55. Cela signifie que les 48 autres ont refusé d’être filmés. Jusqu’à la fin du montage, le non-floutage des visages n’était pas acquis. Au début, aucun des policiers ne devait apparaître. Une fois le montage terminé, je leur ai proposé de visionner le sujet, et il n’y a pas eu une seule demande de changement de leur part. Mieux, tous ont accepté d’apparaître à visage découvert. Là, j’ai su que j’avais vraiment gagné leur confiance !




Photo copyright Fotoware - Olivier Boitet - Le Parisien.




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B
Quelques éléments sur le "suicide" du policier de la BRP le 05/01/08 qui pourraient aider l'enquête par ici :

bruleparlesillumines.skyrock.com/3227915805-Resume-chronologique-detaille.html
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