3 Décembre 2007
Au lendemain des législatives en Russie et de la victoire du parti de Poutine (pour la liberté d'expression de tous pendant la campagne, on repassera...), France 2 propose ce soir un numéro
spécial d' Un oeil sur la planète. Dès 23h15. Présenté par Thierry Thuilier.
Selon Patrick Boite, rédacteur en chef de l'émission, "Pour nous, Occidentaux, Poutine incarne avant tout une figure dictatoriale, une menace idéologique. Mais il faut comprendre que, pour la
population russe, il a accomplit des choses positives : il a redoré le blason de l’armée en remportant la seconde guerre de Tchétchénie, il est parvenu à faire respecter le pouvoir du Kremlin, à
restructurer l’identité nationale russe et à accroître le pouvoir d’achat… Aujourd’hui, et au terme de sept années de pouvoir, force est de constater que le niveau de vie en Russie – productrice
de pétrole et de gaz – a considérablement augmenté et que le chaos et l’anarchie – provoqués par l’éclatement de l’URSS – ont laissé place à un semblant d’ordre. Il ne s’agit pas de le dédouaner,
mais d’étudier toutes les facettes du personnage et les raisons objectives de sa popularité."
Il ajoute que les nouvelles règles électorales du scrutin législatif contribuent à éliminer les partis d’opposition. "De ce fait, seuls le parti du président et les
communistes sont réellement représentés. Les opposants n’ont pas leur place en Russie : ils sont privés d’antenne, interdit de médias et malmenés – psychologiquement et physiquement. La lutte
pour éradiquer les détracteurs du chef du Kremlin n’a jamais été aussi forte. Depuis que Vladimir Poutine est au pouvoir, dix-neuf journalistes ont été assassinés. A l’heure actuelle, il faut un
courage considérable pour s’ériger contre les sbires du régime".
Le sommaire :
Fiers d’être russe ?
Un reportage de Ioulia Kapoustina et Thierry Breton.
La popularité du président russe tient à la fierté retrouvée de la population qui gratifie Poutine d’avoir rendu son prestige à la Russie. Symboles, hymne, religion, armée, tout est prétexte à
exalter la grande histoire russe, quitte parfois à la re-écrire. Des organisations de jeunes nationalistes n’hésitent à montrer leur force quand "l’honneur russe est bafoué". Dans une fédération
russe multiple et multiconfessionnelle, les dérapages sont inévitables…
De l’or sous les pieds
Un reportage de Tania Rakhmanova et Andreï Erastov.
Khanty-Mansiysk est la vitrine d’une Russie qui se découvre immensément riche, avec de l’or sous les pieds. 60 % du pétrole russe sont extraits de ce sous-sol en Sibérie occidentale. Dans ce
petit Koweit russe, l’argent coule à flots. L’aéroport est moderne, la ville très bien entretenue, l’hôpital dernier cri. Et la classe moyenne se développe et consomme comme dans les capitales
occidentales. Mais ce tableau n’est-il pas trop beau ? Il suffit de gratter un peu pour découvrir l’envers du décor…
Un Tsar sous influence ?
Un reportage de Anne Ponsinet et Volodia Poliansky.
Vladimir Poutine a fait sa carrière au KGB avant de rejoindre la mairie de Saint-Pétersbourg, puis l’administration présidentielle au Kremlin. A chaque fois, il s’est constitué des réseaux.
Aujourd’hui, ses hommes de confiance sont aux postes-clé de la finance, de l’administration, des médias et de l’industrie russe. Mais les clans s’affrontent dans un système opaque. Vladimir
Poutine a-t-il vraiment tous les leviers du pouvoir ? est-il l’arbitre ou l’otage de ses clans ?
La flamme de la résistance
Un reportage de Manon Loizeau et Didier Dahan.
Il faut être courageux pour s’opposer aujourd’hui au Kremlin. Malheur à celui qui ose déranger l’hégémonie de Vladimir Poutine. Au mieux, on l’ignore - les médias boycottent les
rassemblements de l’opposition - au pire, on lui nuit. Menaces, sanctions, intimidations, violences, la gamme des coups portés aux récalcitrants est variée. 21 professionnels de la presse ont
déjà payé de leur vie des enquêtes dérangeantes pour le pouvoir. Mais dans un pays qui a déjà connu le goulag, des hommes, comme l’ancien champion du monde d’échecs, Garry Kasparov, se battent
encore pour des idéaux de liberté et de démocratie.
Vivre à 101 kilomètres de Moscou
Un reportage de Laurent Boussié et Didier Dahan.
Tout le monde ne bénéficie pas des retombées du boom économique. Si la frénésie de consommation gagne les villes, les campagnes restent les grandes oubliées. Les Russes disent que la
civilisation s’arrête à 100 kilomètres de Moscou. Une de nos équipes est allée voir ce qui se passait au-delà. Edifiant. La Russie profonde, c’est encore un autre monde…
Photo Thierry Thuillier, copyright DR - France 2.
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